Articles

Affichage des articles du septembre, 2017

L'école des princesses : chapitre 48

48) Le plan de Marie  Marie et Drake traversèrent le village, puis leur route les mena rapidement dans une grande forêt. Pendant plusieurs heures, les deux compagnons marchèrent en silence à travers les bois. Marie était alors envahie par de nombreuses émotions. Elle ressentait une certaine tristesse, car elle venait de quitter une famille qu'elle avait beaucoup aimée et elle constatait avec nostalgie que ce départ correspondait à la conclusion d'une période marquante de sa vie et de son apprentissage. Mais, simultanément, elle se réjouissait de parcourir à nouveau le pays avec Drake comme unique compagnon, car cela ranimait dans son coeur le souvenir de leurs aventures passées et des bons moments qui y étaient associés. Et surtout, elle ne s'était jamais sentie aussi libre depuis de nombreuses années,  car, enfin déchargée de toute obligation, elle redevenait maîtresse de son destin. Drake devinait que la jeune fille ressentait le besoin de disposer de temps pour elle mê...

L'école des princesses : chapitre 47

47) Dernières semaines à la ferme Le lendemain à l'aube, la Francine et Drake partirent ensemble pour rejoindre les champs. Là bas, la paysanne présenta son compagnon au contremaître du seigneur , qui s'occupait du recrutement des journaliers qui travaillaient dans les terres louées aux paysans. Drake fut immédiatement engagé, en l'échange d'une rémunération en argent, et fut affecté aux tenures de grande surface qui nécessitaient une main d'oeuvre importante. La saison de la fenaison avait déjà commencé, et se poursuivit durant les deux semaines qui suivirent. Drake se lia rapidement d'amitié avec un paysan veuf qui vivait seul, et qui accepta de l'héberger pendant la période des récoltes, afin de bénéficier d'un peu de compagnie. Cependant, cela ne l'empêchait pas de régulièrement rendre visite à Marie et ses hôtes, chez qui il soupait deux fois par semaine. Après la fenaison, la moisson des céréales commença, et se poursuivit pendant un mois et ...

L'école des princesses : chapitre 46

46) Drake invité à souper Le soir même, Drake arriva à la ferme pour le souper. Il n'était pas venu les mains vides, mais avait apporté un morceau de jambon fumé qu'il avait acheté afin de remercier ses hôtes et apporter sa contribution au repas, ce qui ravit toute la maisonnée, en particulier les enfants. Peu après, la Francine rentra à son tour : "B'soir tout le monde. Je vois qu'on a un invité c'soir. L'Antoine, Marie, vous m'présentez? - Bonne mère, répondit Marie, je te présente Jean Drake, mon tuteur. Il est arrivé au village aujourd'hui, et l'Antoine a proposé de l'inviter à souper. Drake, voici la Francine. - Enchanté de faire votre connaissance, madame ; Marie m'a dit tant de bien de vous. - Vraiment? Eh ben, ça fait plaisir. C't'une bonne fille vous savez, travailleuse, toujours prête à apprendre. Quand elle est v'nue, je m'demandais si c't'actrice pourrait supporter la vie d'paysanne, et au d...

L'école des princesses : chapitre 45

45) Le retour de Drake Cependant, les jours qui suivirent se révélèrent difficiles pour Marie. Bien qu'elle mobilisât toute son courage et sa volonté, la jeune fille restait profondément marquée par l'épreuve qu'elle avait subi. Les souvenirs de son agression resurgissaient régulièrement, et la tourmentaient, en particulier la nuit. Plus d'une fois, elle se réveilla en sursaut, car elle revivait son viol pendant ses rêves. Afin de lutter contre ces pensées indésirables, elle se jetait à corps perdu dans le travail, cherchant toujours une tâche à effectuer afin d'y consacrer son esprit. L'Antoine et la Francine s'inquiétaient de voir Marie travailler encore plus qu'à l'habitude, évitant autant que possible le repos, et craignait qu'elle ne se rende malade en s'épuisant ainsi. Ils avaient aussi constaté que la jeune fille avait perdu son insouciance et sa gaieté : bien qu'elle veillât toujours à faire bonne figure, en particulier pour les...

L'école des princesses : chapitre 44

44) Le jour d'après Le lendemain, Marie et la Francine partirent ensemble de la ferme. Chaque jour, la paysanne devait marcher près d'une heure afin de rejoindre les champs, et elle souhaita profiter de ce temps pour permettre à la jeune fille de lui parler de son expérience et de ses souffrances : "Marie, si tu veux causer avec moi de c'qui s'est passé, c'est l'moment : les enfants sont pas là, et on est ent' femmes. - Merci, bonne mère. L'Antoine a dû vous raconter comment les soldats du seigneur m'ont forcée à les suivre. Ils m'ont conduite au château du seigneur. Il y avait une autre jeune fille avec moi. Cet homme horrible nous regardait comme si on était des bêtes, et puis... et puis, on nous a conduites dans cette chambre, sans habits... et après, le seigneur a saisi ma compagne ... ces cris dans la chambre, je m'en souviens encore, son absence totale de pitié... et puis, j'ai dû entrer à mon tour, et là... là... je n'...

L'école des princesses : chapitre 43

43) Marie violée Après quelques minutes, les deux jeunes filles virent la porte de la chambre s'ouvrir, et le seigneur en sortir, vêtu uniquement d'un haut de chausses. Il demanda à la jeune paysanne qui accompagnait Marie de le rejoindre sur-le-champ. La jeune fille, paralysée par la peur, n'osait faire un mouvement. Furieux de n'être point obéi, Gaston de Viersoul se rapprocha de la malheureuse, la saisit par le bras, et l'entraîna avec lui dans sa chambre, qu'il ferma ensuite de l'intérieur. Seule dans l'antichambre, Marie gardait le silence et tentait de percevoir tous les bruits et paroles parvenant de la chambre. Elle put distinguer la voix suppliante de la pauvre paysanne qui semblait demander grâce, mais lorsqu'elle percevait la voix du seigneur, celle-ci ne semblait exprimer que la colère et la cruauté. Peu après, Marie entendit des cris aigus : -"NON, NON, PITIE, NOOON " hurlait la malheureuse  - "SILENCE, SALE PUTAIN...

L'école des princesses : chapitre 42

42) Au château du seigneur Après leur entrée dans le château, Marie, sa compagne et leur sinistre escorte traversèrent la cour et s'arrêtèrent devant le donjon, où deux hommes attendaient. Le premier, de grande taille, encore jeune, aux cheveux châtain foncé, au visage allongé et anguleux, vêtu de riches vêtements de couleurs vives, était le seigneur local. A ses côtés, vêtus d'habits plus modestes de serviteur, Marie reconnut avec horreur le jeune homme spirituel avec qui elle avait fait connaissance pendant la fête. "Messire, annonça le chef des gardes, comme vous nous l'avez ordonné, nous amenons les deux manantes dont vous désiriez la présence. Maraudes, on se baisse devant le seigneur Gaston de Viersoul. " Marie et sa malheureuse compagne furent forcées de se mettre à genoux. "Merci, capitaine", répondit le sire de Viersoul "Alors, Maître, commença d'une voix obséquieuse le jeune serviteur ; n'est il pas vrai que ces donzelles son...

L'école des princesses : chapitre 41

41) Marie emmenée par les gardes Le matin du troisième jour qui suivit la fête, alors que Francine était déjà partie aux champs, Marie entendit frapper la porte de coups répétés et insistants ainsi qu'une voix masculine grave crier d'un ton menaçant : "Ouvrez cette porte, au nom du seigneur" Marie ouvrit promptement la porte, et se retrouva face à un homme de grande taille, fort imposant, vêtu d'une armure et lourdement armé et dont le visage couvert d'une abondante barbe noire révélait un caractère dur et sans pitié. Il était accompagné de trois autres hommes en armes à cheval, qui étaient postés devant la ferme. La jeune fille comprit rapidement que ces visiteurs inattendus appartenaient à la garde du seigneur local, et que dans ces circonstances, une attitude conciliante s'imposait. Aussi, Marie leur demanda d'une voix calme : "Bonjour messeigneurs, quel est l'objet de votre visite? - Femme, suis nous sur le champ, au nom de notre se...

L'école des princesses : chapitre 40

40) Jour de fête : banquet et bal populaire Bientôt tous s'installèrent pour commencer le banquet. Marie s'assit sur un banc, avec, à ses côtés, la Francine et la petite Jeanne. Bientôt, de grands pains furent distribués sur les tables, et chacun s'en servit une part. Le repas commença par un grand plateau de charcuteries, avec saucisses, saucissons pâtés, et jambons. Ensuite suivit le plat de résistance, des viandes rôties, poulets et moutons. Les viandes furent servis sur des tranches de pain, et accompagnés par de la bière. D'immenses tonneaux avaient été mobilisés pour l'occasion, et chaque convive reçut une coupe pleine ; pour se resservir, chacun pouvait prendre sa coupe, et se rendre à un tonneau pour la remplir. Le festin se poursuivit par des fromages de brebis, puis, pour le dessert, des pâtisseries. Lors du banquet, Marie veilla à goûter de chaque mets, en veillant à n'en prendre que de petites quantités, et ne but qu'une coupe de bière. Elle ...

L'école des princesses : chapitre 39

39) Jour de fête : rencontre avec les enfants du village Enfin, le grand jour arriva. Dès le lever du jour, Marie et la Francine se rendirent au village avec les gâteaux qu'elles avaient préparés. L'ambiance était festive : les rues, la grande place, les maisons étaient couvertes de décorations représentant des thèmes estivaux : soleil, fruits, épis de blé, dans des couleurs jaunes et écarlates. Elles arrivèrent à l'auberge où les victuailles destinées au banquet seraient entreposées. Là, bien d'autres villageois se pressaient pour déposer leur contribution au festin. Dans l'auberge régnait une grande effervescence, car les animaux destinés au festin étaient abattus, vidés et la viande préparée sur place, et tout devait être prêt pour le banquet qui commencerait en soirée. Enfin, les deux femmes déposèrent leur fardeau, puis s'en retournèrent à la ferme. Pour l'occasion, tous se vêtirent avec leurs plus beaux vêtements ; la Francine prêta à Marie une robe ...

L'école des princesses : chapitre 38

38) Les préparatifs de la fête Lors de la journée suivante, outre ses tâches habituelles, Marie se prépara à faire la démonstration de ses talents de narratrice devant ses hôtes. Elle avait choisi de leur raconter la légende d'Horace et Calircé. Afin d'apporter un peu de vie à son récit, elle décida d'ajouter une petite mise en scène qu'elle répéta pendant la journée avec Martin. Le petit garçon devait s'approcher d'elle au moment où elle commencerait à chanter pendant son récit, comme les compagnons d'Horace envoûtés par la mélodie de l'enchanteresse. Ensuite, au moment où elle le toucherait avec une petite baguette, Martin devrait imiter un cochon, pour mimer la métamorphose. Marie n'avait eu aucune peine à persuader l'enfant, qui était ravi de participer à un nouveau jeu, et qui, pendant toute la journée trépigna d'impatience en attendant la fin du souper. Enfin , à l'heure dite, Marie commença son histoire. Personne dans cette fam...

L'école des princesses : chapitre 37

37) La fête du village Les jours, puis les semaines passèrent. Marie commençait à s'habituer au rythme de travail de la ferme, et cela d'autant plus que l'Antoine, avec le temps et la progression de sa guérison, lui apportait de plus en plus d'aide. Ainsi, grâce à leur travail d'équipe, la laine fut prête pour l'étape de filage à peine deux semaines après la tonte des brebis. Marie y consacra tout le temps que ses tâches d'entretien de la ferme lui permettait. Tous les soirs, la Francine surveillait le travail de la jeune fille, lui apportant des conseils afin qu'elle améliore la qualité de son ouvrage. Mais dans l'ensemble, la paysanne montrait sa satisfaction dans la progression du travail, et estimait que la laine serait prête dans les délais pour le grand marché de l'été, au cours duquel elle serait vendue. Un soir, la Francine annonça à Marie qu'au cours des prochains jours, elle devrait consacrer du temps pour les préparatifs de la ...

L'école des princesses : chapitre 36

36) Où sont les enfants? Marie, stupéfaite, demanda à Jeanne: "Que se passe--t-il? Où sont les garçons? - J'en sais rien, Mamoiselle Marie. J'avais été dans l'poulailler, pour donner à boire aux poules, et quand j'suis r'venu, j'voyais plus Martin et Pierre. J'ai demandé à pépé Antoine, et y savait pas non plus. On a cherché dans la ferme, et mes frères étaient plus là" Marie s'approcha rapidement d'Antoine et l'interrogea à son tour "Bon père, que se passe-il? Où sont les enfants - Ma pauvre Marie, j'en sais rien. J'pense qu'ils sont sortis en profitant d'un moment d'inattention alors que j'triais la laine. Y ont dû ouvrir la porte sans bruit pendant que Jeanne avait le dos tourné, car j'ai rien entendu. Y ont dû préparer leur coup, car Jeanne et moi, on fait tout pour jamais les perdre de vue. J'ai si honte, et en plus, avec ma patte folle, j'peux même pas aller les chercher. Et pourtan...