L'école des princesses : chapitre 39
39) Jour de fête : rencontre avec les enfants du village
Enfin, le grand jour arriva. Dès le lever du jour, Marie et la Francine se rendirent au village avec les gâteaux qu'elles avaient préparés. L'ambiance était festive : les rues, la grande place, les maisons étaient couvertes de décorations représentant des thèmes estivaux : soleil, fruits, épis de blé, dans des couleurs jaunes et écarlates. Elles arrivèrent à l'auberge où les victuailles destinées au banquet seraient entreposées. Là, bien d'autres villageois se pressaient pour déposer leur contribution au festin. Dans l'auberge régnait une grande effervescence, car les animaux destinés au festin étaient abattus, vidés et la viande préparée sur place, et tout devait être prêt pour le banquet qui commencerait en soirée. Enfin, les deux femmes déposèrent leur fardeau, puis s'en retournèrent à la ferme. Pour l'occasion, tous se vêtirent avec leurs plus beaux vêtements ; la Francine prêta à Marie une robe de sa belle-fille décédée. Enfin, après avoir éteint le foyer, apporté la nourriture aux animaux pour la journée et clos l'étable et le jardin, toute la maisonnée se rendit au village, y compris l'Antoine, qui marchait avec des béquilles.
En ce premier jour d'été, le soleil brillait et pas un nuage dans le ciel. Les rues s'emplissaient peu à peu de monde. Dans la grande place, plusieurs villageois avaient installés des attractions, jeux de palets et de quilles et, en particulier, un grand mât de cocagne où des jeunes gens se pressaient pour tenter d'attraper les quelques saucisses qui étaient accrochées au sommet. Ailleurs, des paysans jouaient de la flûte, de la lyre et du luth et proposaient aux couples de danser sur leurs airs. Les habitants étaient tous venus en famille, et tous profitaient de l'occasion pour, au hasard des rencontres, discuter avec des connaissances, prendre des nouvelles et bien sûr, échanger des plaisanteries. Dans un pré en bordure du village, des jeunes gens s'adonnaient à des jeux nécessitant un plus grand espace. Sur la plus grande partie du pré, deux équipes s'affrontaient dans une partie de soule endiablée, sous les regards d'un public enthousiaste. Plus loin, d'autres s'opposaient dans des courses ou des combats de lutte, et même en un tournoi improvisé, où chaque joueur était perché sur les épaules d'un autre, et le but était de faire tomber l'adversaire de sa monture.
Marie observait toutes ces festivités avec émerveillement, admirant combien, malgré leur peu de richesses, les habitants parvenaient à s'amuser avec tant de facilité. Mais il était temps pour elle de rejoindre la grange où elle devait accueillir les enfants et leur raconter ses histoires. Elle y serait assistée de deux autres adultes : l'Antoine et un jeune homme, nommé Arsène, qui s'était porté volontaire lors du Conseil. A son arrivée à la grange, plusieurs familles l'attendaient pour y déposer leurs enfants, ainsi que son jeune assistant. Marie fit installer l'Antoine sur une chaise à l'entrée de la grange, avec un tabouret pour poser sa jambe immobilisée, afin qu'il puisse surveiller l'ensemble de l'enceinte. Puis, avec l'aide de son assistant, elle fit asseoir les enfants, y compris Jeanne, Martin et Pierre, sur le sol, et lorsque tous furent installés, Marie s'adressa à son jeune public :
"Bonjour les enfants.
- B'jour Mamoiselle
- Je m'appelle Marie, et j'espère que nous allons passer un bon moment ensemble. Pour aujourd'hui, je souhaite vous raconter des légendes et des contes. Mais pour que vous en profitiez le mieux possible, je voudrais que ce soit vous qui choisissiez ce que vous avez envie d'entendre comme histoire. En plus, si vous voulez, vous pourrez même venir m'aider et jouer les personnages. Alors, par quoi allons nous commencer?"
Aussitôt, un brouhaha s'installa dans l'enceinte, car chaque enfant voulait donner son avis, et tous se disputaient pour que leur suggestion soit celle qui soit adoptée, et, en conséquence, chacun devenait inaudible.
" Allons les enfants, laissez chacun parler à son tour, sinon, on ne s'entend plus. Je vous promets que vous aurez tous le temps de donner votre idée et que tout le monde pourra entendre une histoire qui lui plaira"
S'adressant à un petit garçon qui paraissait avoir entre six et sept ans, il lui demanda :
"Comment t'appelles tu?
- Jacques, mamoiselle
- Quel joli prénom. Petit Jacques, quelle histoire voudrais tu entendre?
- Une histoire avec des chasseurs
- Les enfants, est ce que cela vous intéresse aussi?"
Si certains enfants, en particulier les petites filles, semblaient peu enthousiastes, dans l'ensemble la proposition fut bien acceptée. Marie décida alors de raconter l'histoire de la chasse au sanglier de Thessadoine, mais transposa l'action dans son royaume, et remplaça les héros traditionnels par des chasseurs accomplis locaux. Elle proposa aussi aux enfants de jouer la scène de la chasse. Beaucoup se portèrent volontaires ; Martin fut chargé d'interpréter le rôle du sanglier, pendant que quatre autres garçons, ainsi que Jeanne, jouèrent les chasseurs. Bien entendu, ce jeu improvisé ne suivait pas exactement la trame de l'histoire, car les enfants tentaient tous d'attraper Martin qui courait à quatre pattes et tentait de se dégager de ses adversaires, alors que dans le mythe, le sanglier était attaqué par des lances et des flèches. Mais Marie ne s'en préoccupait guère, sa priorité étant d'apporter du plaisir à son jeune public. Cependant, elle craignait que certains de ses petits comédiens improvisés ne se blessent pendant le jeu, et Arsène lui fut fort utile pour séparer les enfants lorsque cela était nécessaire et éviter tout accident.
Une fois le récit terminé, Marie demanda à son auditoire
"Et maintenant, qu'avez vous envie d'entendre? Je vais laisser à présent les petites filles s'exprimer, et leur laisser choisir une histoire qui leur plaise à leur tour.
- Une histoire avec des amoureux, dit une petite fille
Marie raconta alors la fameuse légende de la Jeune Fille et la Bête. Un marchand s'étant égaré dans un château avait été capturé par une bête monstrueuse et ne pouvait obtenir son salut que si une de ses filles acceptait de prendre sa place. La plus belle accepta de se sacrifier, mais au lieu d'être dévorée, elle fut accueillie comme une invitée d'honneur, et fit peu à peu connaissance de la Bête. Peu à peu, leur amitié se transforma en amour, et à la fin, la Bête se transforma en un noble seigneur, délivré de sa malédiction par l'amour de la jeune fille. Là encore, elle fit jouer certaines scènes de son récit par les enfants.
Pendant plusieurs heures, Marie continua à raconter ses histoires. De temps à autre, certains parents venaient récupérer leurs enfants, et d'autres venaient en déposer. La jeune fille veillait à choisir des thèmes fort variés, afin que tous puissent profiter à un moment de récits conformes à leurs goûts. Mais elle découvrit bien vite que le conte favori de son jeune public, qu'elle dut répéter à plusieurs reprises, était celui qui était inspiré de sa propre aventure. En effet, tous, filles comme garçons souhaitaient à nouveau écouter l'histoire du chevalier qui venait délivrer la princesse d'un terrible dragon, à qui le roi et la reine avait dû livrer leur fille faute de quoi tout leur royaume aurait été détruit. Les petits garçons voulaient tous jouer le rôle du chevalier, et les petites filles celui de la princesse ; Arsène interprétait le dragon, du fait de sa taille. Marie se prêta bien volontiers au jeu, allant même jusqu'à de temps en temps proposer de jouer elle-même le rôle de la princesse, même si l'ironie de la situation ne lui échappât aucunement.
La journée se révéla fatigante, mais très agréable pour Marie, qui se réjouit de partager ces moments avec les enfants du village. Ces derniers aussi semblaient beaucoup s'amuser, en particulier lorsqu'ils jouaient eux-mêmes les histoires. Lorsqu'ils venaient récupérer leurs enfants, les parents observaient avec plaisir leur expression réjouie et remerciaient Marie pour ce qu'elle leur avait apporté.
Mais, en fin d'après midi, la Francine arriva pour prévenir que le banquet allait bientôt commencer, et bientôt, tous quittèrent la grange pour rejoindre la grande place où des grandes tables avaient été dressées pour le festin.
Enfin, le grand jour arriva. Dès le lever du jour, Marie et la Francine se rendirent au village avec les gâteaux qu'elles avaient préparés. L'ambiance était festive : les rues, la grande place, les maisons étaient couvertes de décorations représentant des thèmes estivaux : soleil, fruits, épis de blé, dans des couleurs jaunes et écarlates. Elles arrivèrent à l'auberge où les victuailles destinées au banquet seraient entreposées. Là, bien d'autres villageois se pressaient pour déposer leur contribution au festin. Dans l'auberge régnait une grande effervescence, car les animaux destinés au festin étaient abattus, vidés et la viande préparée sur place, et tout devait être prêt pour le banquet qui commencerait en soirée. Enfin, les deux femmes déposèrent leur fardeau, puis s'en retournèrent à la ferme. Pour l'occasion, tous se vêtirent avec leurs plus beaux vêtements ; la Francine prêta à Marie une robe de sa belle-fille décédée. Enfin, après avoir éteint le foyer, apporté la nourriture aux animaux pour la journée et clos l'étable et le jardin, toute la maisonnée se rendit au village, y compris l'Antoine, qui marchait avec des béquilles.
En ce premier jour d'été, le soleil brillait et pas un nuage dans le ciel. Les rues s'emplissaient peu à peu de monde. Dans la grande place, plusieurs villageois avaient installés des attractions, jeux de palets et de quilles et, en particulier, un grand mât de cocagne où des jeunes gens se pressaient pour tenter d'attraper les quelques saucisses qui étaient accrochées au sommet. Ailleurs, des paysans jouaient de la flûte, de la lyre et du luth et proposaient aux couples de danser sur leurs airs. Les habitants étaient tous venus en famille, et tous profitaient de l'occasion pour, au hasard des rencontres, discuter avec des connaissances, prendre des nouvelles et bien sûr, échanger des plaisanteries. Dans un pré en bordure du village, des jeunes gens s'adonnaient à des jeux nécessitant un plus grand espace. Sur la plus grande partie du pré, deux équipes s'affrontaient dans une partie de soule endiablée, sous les regards d'un public enthousiaste. Plus loin, d'autres s'opposaient dans des courses ou des combats de lutte, et même en un tournoi improvisé, où chaque joueur était perché sur les épaules d'un autre, et le but était de faire tomber l'adversaire de sa monture.
Marie observait toutes ces festivités avec émerveillement, admirant combien, malgré leur peu de richesses, les habitants parvenaient à s'amuser avec tant de facilité. Mais il était temps pour elle de rejoindre la grange où elle devait accueillir les enfants et leur raconter ses histoires. Elle y serait assistée de deux autres adultes : l'Antoine et un jeune homme, nommé Arsène, qui s'était porté volontaire lors du Conseil. A son arrivée à la grange, plusieurs familles l'attendaient pour y déposer leurs enfants, ainsi que son jeune assistant. Marie fit installer l'Antoine sur une chaise à l'entrée de la grange, avec un tabouret pour poser sa jambe immobilisée, afin qu'il puisse surveiller l'ensemble de l'enceinte. Puis, avec l'aide de son assistant, elle fit asseoir les enfants, y compris Jeanne, Martin et Pierre, sur le sol, et lorsque tous furent installés, Marie s'adressa à son jeune public :
"Bonjour les enfants.
- B'jour Mamoiselle
- Je m'appelle Marie, et j'espère que nous allons passer un bon moment ensemble. Pour aujourd'hui, je souhaite vous raconter des légendes et des contes. Mais pour que vous en profitiez le mieux possible, je voudrais que ce soit vous qui choisissiez ce que vous avez envie d'entendre comme histoire. En plus, si vous voulez, vous pourrez même venir m'aider et jouer les personnages. Alors, par quoi allons nous commencer?"
Aussitôt, un brouhaha s'installa dans l'enceinte, car chaque enfant voulait donner son avis, et tous se disputaient pour que leur suggestion soit celle qui soit adoptée, et, en conséquence, chacun devenait inaudible.
" Allons les enfants, laissez chacun parler à son tour, sinon, on ne s'entend plus. Je vous promets que vous aurez tous le temps de donner votre idée et que tout le monde pourra entendre une histoire qui lui plaira"
S'adressant à un petit garçon qui paraissait avoir entre six et sept ans, il lui demanda :
"Comment t'appelles tu?
- Jacques, mamoiselle
- Quel joli prénom. Petit Jacques, quelle histoire voudrais tu entendre?
- Une histoire avec des chasseurs
- Les enfants, est ce que cela vous intéresse aussi?"
Si certains enfants, en particulier les petites filles, semblaient peu enthousiastes, dans l'ensemble la proposition fut bien acceptée. Marie décida alors de raconter l'histoire de la chasse au sanglier de Thessadoine, mais transposa l'action dans son royaume, et remplaça les héros traditionnels par des chasseurs accomplis locaux. Elle proposa aussi aux enfants de jouer la scène de la chasse. Beaucoup se portèrent volontaires ; Martin fut chargé d'interpréter le rôle du sanglier, pendant que quatre autres garçons, ainsi que Jeanne, jouèrent les chasseurs. Bien entendu, ce jeu improvisé ne suivait pas exactement la trame de l'histoire, car les enfants tentaient tous d'attraper Martin qui courait à quatre pattes et tentait de se dégager de ses adversaires, alors que dans le mythe, le sanglier était attaqué par des lances et des flèches. Mais Marie ne s'en préoccupait guère, sa priorité étant d'apporter du plaisir à son jeune public. Cependant, elle craignait que certains de ses petits comédiens improvisés ne se blessent pendant le jeu, et Arsène lui fut fort utile pour séparer les enfants lorsque cela était nécessaire et éviter tout accident.
Une fois le récit terminé, Marie demanda à son auditoire
"Et maintenant, qu'avez vous envie d'entendre? Je vais laisser à présent les petites filles s'exprimer, et leur laisser choisir une histoire qui leur plaise à leur tour.
- Une histoire avec des amoureux, dit une petite fille
Marie raconta alors la fameuse légende de la Jeune Fille et la Bête. Un marchand s'étant égaré dans un château avait été capturé par une bête monstrueuse et ne pouvait obtenir son salut que si une de ses filles acceptait de prendre sa place. La plus belle accepta de se sacrifier, mais au lieu d'être dévorée, elle fut accueillie comme une invitée d'honneur, et fit peu à peu connaissance de la Bête. Peu à peu, leur amitié se transforma en amour, et à la fin, la Bête se transforma en un noble seigneur, délivré de sa malédiction par l'amour de la jeune fille. Là encore, elle fit jouer certaines scènes de son récit par les enfants.
Pendant plusieurs heures, Marie continua à raconter ses histoires. De temps à autre, certains parents venaient récupérer leurs enfants, et d'autres venaient en déposer. La jeune fille veillait à choisir des thèmes fort variés, afin que tous puissent profiter à un moment de récits conformes à leurs goûts. Mais elle découvrit bien vite que le conte favori de son jeune public, qu'elle dut répéter à plusieurs reprises, était celui qui était inspiré de sa propre aventure. En effet, tous, filles comme garçons souhaitaient à nouveau écouter l'histoire du chevalier qui venait délivrer la princesse d'un terrible dragon, à qui le roi et la reine avait dû livrer leur fille faute de quoi tout leur royaume aurait été détruit. Les petits garçons voulaient tous jouer le rôle du chevalier, et les petites filles celui de la princesse ; Arsène interprétait le dragon, du fait de sa taille. Marie se prêta bien volontiers au jeu, allant même jusqu'à de temps en temps proposer de jouer elle-même le rôle de la princesse, même si l'ironie de la situation ne lui échappât aucunement.
La journée se révéla fatigante, mais très agréable pour Marie, qui se réjouit de partager ces moments avec les enfants du village. Ces derniers aussi semblaient beaucoup s'amuser, en particulier lorsqu'ils jouaient eux-mêmes les histoires. Lorsqu'ils venaient récupérer leurs enfants, les parents observaient avec plaisir leur expression réjouie et remerciaient Marie pour ce qu'elle leur avait apporté.
Mais, en fin d'après midi, la Francine arriva pour prévenir que le banquet allait bientôt commencer, et bientôt, tous quittèrent la grange pour rejoindre la grande place où des grandes tables avaient été dressées pour le festin.
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