Le terrible destin d'Emilie : partie 2

 2) Le terrible destin d'Emilie : partie 2 : l'arrivée de l'ennemi

Tandis que je rejoignais ma famille pour le déjeuner, j'observai les domestiques installer les décorations pour ma fête d'anniversaire. En arrivant à la salle à manger, je retrouvai mes parents, ainsi que plusieurs de mes oncles, tantes et cousins qui avaient été invités au palais pour l'occasion. Je m'attablai auprès d'eux et nous commençâmes à manger dans une ambiance joyeuse. Mais à peine dix minutes après mon arrivée, nous vîmes un serviteur entrer dans la pièce et je fus frappée par son expression. Il paraissait complètement hagard, ce qui me surprit fort lors de ce jour de fête. Il s'adressa alors à mon père d'une ton qui exprimait une profonde détresse : 

"Votre Majesté, je vous prie de m'excuser de vous interrompre lors de votre repas, mais un messager venant du nord du royaume vient d'arriver au palais, et il a insisté pour vous rencontrer. Il affirme avoir le devoir de vous annoncer de terribles nouvelles, mais il n'a pas souhaité m'en apprendre plus. Néanmoins, si vous aviez vu l'expression de son visage, vous auriez cru qu'il avait vu la mort elle-même en face."

Nous étions tous abasourdis par les propos de cet homme. Qu'est ce que cela signifiait? Mon père quitta immédiatement la salle à manger pour aller à la rencontre de ce messager et nous lui enboîtâmes tous le pas. Nous rejoignimes ainsi la salle du trône, dans laquelle nous vîmes un homme en tenue de cavalier qui semblait attendre avec fébrilité. Notre serviteur ne nous avait pas menti : son visage exprimait un immense effroi. Le pauvre homme paraissait complètement épuisé, et il était tellement essoufflé qu'il lui fallut plusieurs minutes avant de pouvoir prendre la parole. Enfin, il finit par s'exprimer, non sans difficulté : 

"Votre Majesté  ....  notre royaume ... notre royaume est attaqué.

- Attaqué? déclara mon père avec surprise. Impossible. Nos relations avec les royaumes voisins sont excellentes. J'ai toujours veillé à éviter autant que possible les conflits avec les autres souverains. Je n'imagine pas que l'un d'entre eux me déclare la guerre avant même d'avoir tenté de résoudre un éventuel contentieux par la voie diplomatique. De plus, ils m'auraient averti si un ennemi plus lointain avait eu l'intention de s'en prendre à mon royaume. 

- Votre Majesté, notre ennemi n'est pas une armée ordinaire. J'ai de la peine à le croire moi-même mais notre ennemi... notre ennemi... n'est pas humain. 

- Pas humain! s'exclama le roi. Vous perdez la raison, mon ami. Croyez vous que les animaux de la forêt vont constituer une armée pour nous attaquer? 

- Je ne parle pas d'animaux ordinaires, votre Majesté. Je vous parle d'un monstre abominable qui dévaste nos champs, tue notre bétail, épouvante la population et détruit les villages. D'une créature dont je croyais qu'elle n'existait que dans les légendes. Mais qui hélas, est bien réelle et sème la terreur partout où elle passe."

C'est à cet instant que nous entendîmes une grande clameur venant de l'extérieur du palais. Nous nous rendîmes vers une des fenêtres du palais et nous observâmes une foule immense qui se précipitait vers le palais en poussant des cris de frayeur. Mais surtout nous vîmes enfin le motif de leur terreur, et nous nous figeâmes à notre tour, incapables d'en croire nos yeux. Un monstre immense, à la peau écailleuse d'un bleu sombre, au corps massif terminant par une longue queue se dirigeait vers le palais, volant dans les airs en battant de ses grandes ailes membraneuses. Sa gueule immense, ornée de crocs pointus, crachait à intervalle réguliers des flammes. Je reconnus immédiatement que cette créature n'était autre qu'un dragon tel qu'il était décrit dans nos légendes. Mais comment croire qu'un tel monstre pouvait réellement exister? Et pourtant à présent je le voyais se rapprocher peu à peu du palais. La créature semblait parfaitement connaître sa destination, car bientôt, elle se positionna devant la fenêtre où nous étions tous réunie. Le monstre nous observa alors, et je pus lire dans son regard une haine et une colère qui me glacèrent le sang. De toute évidence, nous n'avions pas face à nous un animal ordinaire, mais une créature d'une intelligence semblable à la nôtre. Soudain, nous entendîmes une voix qui paraissait sortir de la gueule du dragon, et qui à notre grande surprise, s'exprima dans notre langue : 

"Souverain du royaume de H... , sache que par tes actions, tu as suscité chez moi une profonde colère. Pour cette raisons 'ai l'intention de détruire votre pays et d'en massacrer ses habitants. Si tu veux éviter qu'un tel malheur survienne, il te faudra me livrer ta fille. Je te laisse un mois pour prendre ta décision. Si tu ne remplis pas cette condition, je réduirai ton royaume en cendres."

Un instant plus tard, nous vîmes deux corbeaux noirs, se poser près de nous. 

"La veille du jour au cours duquel tu me livrera ta fille, tu m'enverra un message que l'un de ces corbeaux me transmettra. L'autre guidera la princesse vers moi. N'oublie pas : tu as un mois pas un jour de plus. Et sache que si au cours de ce délai, l'un de ces oiseaux est tué, je mettrai ma menace à exécution sur le champ."

Et sur ces terribles propos, l'horrible dragon se retourna et s'éloigna du palais. Un quart d'heure plus tard, il avait déjà disparu dans l'horizon.

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