Les exploits héroïques du preux chevalier Roland : partie 37
37) Chant 5 : un chevalier en détresse : partie 4 : une prise d'otages?
(Roland est le narrateur)
Cinq jours s'étaient écoulés depuis la visite de la merveilleuse princesse. J'avais été profondément touché par sa gentillesse et sa sollicitude. De plus, elle persistait à croire en moi même après que je lui ai avoué à quel point je ne méritais pas son estime. Je savais que ma mort lui causerait beaucoup de chagrin, aussi je décidai à me forcer à prendre la nourriture et la boisson qui m'étaient servies. Pendant mon séjour à l'infirmerie, je reçus régulièrement la visite du lieutenant Guillaume, qui me traita avec beaucoup de bonté, et cela malgré mon incapacité à assurer mes responsabilités à ses côtés. J'éprouvais aussi une profonde reconnaissance pour les infirmières qui s'occupent de moi. J'admirais la bienveillance, la patience et le dévouement qu'elles témoignaient à mon égard. Je réalisai bien que, même si elles ne portaient ni épée, ni bouclier, elles se révélaient néanmoins d'authentiques héroïnes qui travaillaient sans relâche au service de leurs malades. Ces femmes méritaient bien plus que moi de voir leur vertu reconnue.
Ce jour là, Guillaume vint me rendre visite, mais cette fois-ci, je remarquai bien qu'il était préoccupé par bien autre chose que mon état de santé. Son visage exprimait une profonde crainte, et à ma grande surprise, il avait exigé de rester seul avec moi. Lorsqu'il s'assura que personne ne pouvait nous entendre, il il murmura dans mon oreille:
-Seigneur Roland, pardonnez toutes ces précautions, mais un évènement terrible vient de se produire. Mais avant de vous l'annoncer, vous devez me jurer de garder le secret sur cette affaire, car personne d'autre que nous doit en être informé, car la vie d'une innocente est en jeu.
J'étais abasourdi par les propos de mon ami. Je lui répondis à voix tout aussi basse:
-Que se passe-t-il donc, Guillaume?
- Voilà : alors que je discutais de votre état de santé avec la princesse Lisa dans ses appartements, la sorcière Viviane s'est introduite dans le palais et l'a prise en otage. Elle exige que vous la rejoigniez seul afin de se confronter à vous. Et personne au palais ne doit être au courant de sa présence, sinon elle exécutera la princesse. C'est pourquoi j'ai demandé à vous parler en tête à tête, car nous nous pouvons prendre aucun risque.
- Ah la misérable!, m'exclamai-je. Je me doutais bien que cette soi-disant trêve masquait un projet diabolique. Heureusement que les soins que j'ai reçus m'ont permis de reprendre quelques forces. Guillaume, il me faut absolument sortir de cette infirmerie. Prétextez que vous m'emmenez me promener pour me dégourdir les jambes et nous rejoindrons ensemble le palais. Mais il me faudra aussi récupérer mes armes.
- Ne vous inquiétez pas, seigneur Roland. J'ai demandé à une servante de les emporter dans un lieu sûr où vous pourrez vous préparer à votre affrontement avec la sorcière."
Je me levai, m'habillai rapidement et quittai l'infirmerie avec Guillaume. Nous rejoignîmes ensemble le palais royal, et le lieutenant me conduisit dans un réduit proche des appartements de la princesse, où je retrouvai mon épée Duranlibur, mon bouclier et mes talismans anti-magie noire. Je m'armai puis me dirigeai vers la porte de la chambre de la douce Lisa. Je frappai à la porte, et j'entendis la voix de la dame de mes pensées prononcer d'une voix peu assurée :
"Est ce vous, seigneur Roland?
- Oui, c'est moi, répondis-je
- Pouvez vous me jurer que vous êtes seul?
- Oui, je suis seul
- Dans ce cas, entrez, déclara une voix féminine que je reconnus comme celle de l'immonde sorcière Viviane"
Commentaires
Enregistrer un commentaire