Les exploits héroïques du preux chevalier Roland : partie 31
31) Chant 4 : un chevalier en mal d'exploits : partie 5: les nouvelles missions d'un chevalier
(Roland est le narrateur)
Après ma conversation avec le lieutenant, je me rendis au palais pour solliciter un entretien avec mon roi. Celui-ci me fit répondre qu'il consentait à me recevoir le surlendemain matin. J'en informai Guillaume, qui m'y accompagna le jour venu. Lorsque je rencontrai enfin mon souverain, je me plaignis du sort injuste qui m'avait été réservé. Certes, mon métier d'assistant instructeur ne me déplaisait pas, d'autant que je m'entendais fort bien avec le lieutenant Guillaume, mais je ne pouvais accepter que ce travail puisse servir de prétexte pour me garder enfermé, car une telle indignité ne peut être réservée qu'à un criminel, et non à un fidèle serviteur du royaume tel que moi. De plus, j'exprimai mon souhait de pouvoir protéger les sujets de mon suzerain plus directement, avec des missions qui me permettraient de sortir de la caserne. Le lieutenant me soutint, en soulignant auprès de mon roi sa satisfaction du travail que j'avais accompli à ses côtés et en affirmant le caractère fort raisonnable de ma requête. De plus, il assura qu'il s'adapterait aux contraintes que m'imposeraient des missions à l'extérieur dans le cadre de son enseignement. Mon suzerain nous écouta attentivement, et, paraissant touché par nos arguments, et il nous répondit qu'il ferait tout son possible afin de répondre à ma demande. Apaisé par cette promesse, je pris alors congé et retournai avec le lieutenant à la caserne pour continuer à assurer nos formations.
(Harold est le narrateur)
Pourquoi faut il que ce fou bénéficie ainsi de la faveur royale? Voilà que mon souverain exige de moi que je déniche des affectations sur le terrain des opérations à ce Roland, alors que je me félicitai de le garder sous contrôle dans la caserne. Me voilà bien embarrassé à présent. Mais malheureusement, je n'ai pas le choix, il me faut obéir aux ordres du roi. Néanmoins, je vais m'assurer de trouver des missions dans le cadre desquelles il risquerait le moins de causer des dégâts.
(Roland est le narrateur)
Deux jours à peine après avoir exprimé mes doléances auprès de mon roi, le seigneur Harold vint m'annoncer qu'il m'offrait ma première affectation à l'extérieur depuis mon intégration à la garde royale. A cet instant, je me félicitai de constater que mes plaintes avaient été écoutées. Hélas, je déchantai assez rapidement, car je réalisai que j'avais été simplement affecté comme sentinelle au palais. Je passai ainsi des heures à monter la garde devant une porte, ce qui se révéla incroyablement ennuyeux. Heureusement, je n'y étais pas affecté à plein temps, car Guillaume tenait absolument à me garder comme assistant. De plus, le lieutenant me réconfortait, en m'affirmant l'importance de ce travail de surveillance, malgré son évidente monotonie. Néanmoins, au bout de quinze jours, je protestai auprès du seigneur Harold, car je ne pouvais me contenter d'une tâche aussi fastidieuse. L'officier paraissait fort embarrassé, et je sentis bien sa mauvaise grâce lorsqu'il me promit qu'il me trouverait d'autres missions. Ainsi, une semaine plus tard, je participai à l'escorte d'un criminel qui devait être extrait de son cachot pour être conduit vers ses juges. Ce travail se révéla à peine moins ennuyeux que celui de sentinelle, d'autant que le prisonnier ne causa aucun incident, mais au moins, je ne restais pas toute ma journée immobile. Une autre fois, je dus assurer l'escorte d'une noble dame qui devait se rendre dans une ville voisine de la cité royale, ce qui se révéla fort pénible car je devais supporter sa personnalité plutôt déplaisante. Sans compter que Harold n'avait pas renoncé à m'affecter occasionnellement comme sentinelle. Je soupçonnai qu'il agissait ainsi par dépit, comme s'il voulait se venger de moi en me donnant les affectations les plus ennuyeuses qu'il pouvait trouver. D'ailleurs, je réalisai que je prenais bien plus de plaisir dans mon travail d'assistant formateur que dans toutes les missions qu'Harold me confiait. Sans compter que Guillaume continuait à m'apporter son soutien, en m'affirmant que ces travaux, si pénibles fussent ils, constituaient le quotidien des gardes royaux. Ma princesse m'offrit aussi un très beau cadeau en me demandant d'assurer son escorte lorsqu'elle se rendit dans la résidence royale proche des montagnes au sud du pays. Même si le voyage se révéla fort monotone, je n'en souffris pas un instant, car j'avais le plaisir d'accompagner celle qui resterait à jamais ma maîtresse, et j'avais bien conscience de l'honneur que je recevais de sa part. Néanmoins, je rêvais de recevoir enfin une mission qui me permettrait de pouvoir prouver ma valeur en temps que chevalier
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