Les exploits heroïques du preux chevalier Roland : partie 29

 29) Chant 4 : un chevalier en mal d'exploits : partie 3 : un nouveau travail

(Roland est le narrateur)

Après le départ du seigneur Harold, j'eus un entretien avec le lieutenant Guillaume qui m'expliqua ce qu'il attendait de moi. En tant que formateur des nouvelles recrues, il était entre autres chargé de leur apprendre le maniement des armes et les tactiques de combat. Pour un tel travail, il avait besoin d'un combattant expérimenté qui puisse effectuer des démonstrations et servir d'adversaire à ses élèves afin de les aider à mettre en pratique son enseignement. Certes, il aurait pu lui-même jouer ce rôle, mais il jugeait que cela ne lui permettait pas de surveiller de manière optimale le travail de ses élèves puisqu'il devait aussi se concentrer sur sa propre pratique. Aussi, il préférait déléguer cette tâche à un assistant, et, connaissant ma grande expérience des combats, il avait décidé de me confier cette responsabilité. 

J'avoue que je me sentis quelque peu flatté par la confiance que m'accordait le lieutenant Guillaume. Je me réjouissais de constater qu'il éprouvait de l'admiration pour mes exploits puisqu'il m'avait choisi afin de servir d'exemple pour les futurs protecteurs de notre royaume. Aussi, je lui assurai que je ferai de mon mieux pour lui donner satisfaction. Le lieutenant m'informa que je devais commencer mon travail dès le lendemain. Aussi, il consacra le reste de notre entretien à la préparation de ma première session d'enseignement. Après m'avoir décrit précisément les techniques qu'il allait présenter à ses élèves à cette occasion, il me demanda de faire une démonstration de chacune d'entre elles devant lui. Cette première épreuve ne me posa aucune difficulté, car les positions et les actions que je devais lui montrer correspondaient aux bases du combat, et bien évidemment, je les maîtrisais parfaitement. Guillaume m'expliqua néanmoins que je risquai d'être intimidé par la présence de ses élèves, mais qu'il m'assurerait de son soutien afin que tout se déroule dans les meilleures conditions. 

Le lendemain, dès l'aube, je rejoignis le lieutenant dans la cour de la caserne où il m'attendait en compagnie d'une vingtaine de jeunes gens paraissant à peine sortis de l'adolescence. Lorsqu'il me présenta à ses élèves, je constatai que certains m'avaient déjà reconnu comme le héros qui avait sauvé maintes fois le royaume et paraissaient impressionnés de m'avoir comme enseignant. Je dois admettre que mon coeur fut quelque peu touché par leur émerveillement. Néanmoins, Guillaume ne voulait pas que ma présence représente une distraction pour ses élèves. Aussi, dès les présentations achevées, il imposa le silence et commença son enseignement. J'étais fort impressionné par sa capacité à expliquer de manière claire les bases du combat. A plusieurs reprises, il me demanda de prendre les positions qu'il décrivait à ses élèves afin d'illustrer son propos, et je compris alors mieux l'importance de mon rôle. De plus, lorsque les jeunes recrues durent à leur tour effectuer les actions qu'il leur avait exposées, j'aidai le lieutenant à vérifier qu'elles les faisaient convenablement, et, en cas d'erreur, les amener à se corriger. Enfin, pour conclure sa session d'enseignement, Guillaume montra à ses disciples un simulacre de combat au cours duquel je lui servis d'adversaire. 

La matinée s'achevait lorsque nous quittâmes nos élèves. Pendant le repas, le lieutenant m'assura que je m'en étais fort bien sorti pour ce premier cours. J'avoue que je fus fort touché par ce compliment qui ne manqua pas de m'encourager pour un travail dont je réalisai bien l'immense difficulté. Et j'en avais bien besoin, car, au cours de l'après midi, nous répétâmes le même cours, mais, cette fois, devant un autre groupe de recrues. A la fin de la journée, je fus encore plus épuisé que lorsque je revenais d'une expédition contre les monstres de la forêt interdite. J'imaginais la fatigue du lieutenant qui devait de surcroît diriger les cours, et je ressentis alors une grande admiration pour lui. Ce soir là, je m'effondrai sur ma couche et m'endormis immédiatement.  

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