Les exploits héroïques du preux chevalier Roland : partie 25

25) Chant 3 : trêve entre le royaume de A... et la forêt interdite : préparatifs de la rencontre entre deux souverains

(Le roi Albert II est le narrateur)

Au cours des semaines qui suivirent, j'organisai avec le seigneur Roderick notre entrevue pour la signature de la trêve. Afin d'accélérer le rythme de nos échanges nous nous transmettions nos messages par des courriers montés à cheval. Notre dialogue se révéla fort constructif : le souverain de la forêt interdite discutait de manière intelligente mes propositions, argumentant solidement tant ses approbations que ses objections. De plus, les suggestions qu'il me transmettait étaient toujours dignes d'intérêt. Nous finîmes par nous accorder sur une rencontre dans une plaine dégagée située à la frontière entre nos deux royaumes, éloignée de toute zone habitée. En effet du fait du caractère quelque peu ... particulier de ses sujets, le seigneur Roderick souhaitait éviter de susciter la frayeur de mon peuple. De plus, un tel cadre nous permettrait de déployer une solide escorte afin de nous assurer un sentiment de sécurité. Mes échanges avec mon adversaire me persuadèrent plus que jamais qu'il n'était pas le despote ridicule qu'il m'avait fait paraître lors de nos longues années de conflit. Mais alors, pourquoi m'avait il caché aussi longtemps les aspects les plus nobles de sa personnalité? Peut être pourrai-je obtenir la réponse lors de notre entretien, que nous avions fixé un peu plus d'un mois après le jour au cours duquel j'avais reçu sa proposition de trêve. 

(Roland est le narrateur)

Je savais que le mage noir Roderick était animé de mauvais desseins en faisant croire à mon roi qu'il était prêt à une trêve. Aussi, au cours du mois qui suivit, je tentai de toutes mes forces de dissuader mon souverain de tomber dans le piège de notre ennemi mortel. J'essayai d'obtenir des audiences avec le roi afin de le ramener à la raison. Le plus souvent, mes demandes était refusées sous prétexte qu'il était trop occupé pour me recevoir. Parfois, mon souverain consentait à m'accueillir et à m'écouter, mais malheureusement, il s'obstinait dans son projet de trêve et restait imperméable à mes arguments qui relevaient pourtant du bon sens le plus élémentaire. J'étais profondément affligé par l'aveuglement d'un roi pour lequel j'avais par ailleurs la plus grande admiration. Je ne pus obtenir qu'une concession de sa part : son consentement à ce que je fasse partie de l'escorte qui l'accompagnerait pour la réunion. Ainsi, même si je ne pouvais l'empêcher de tomber dans le piège que lui tendait le maléfique sorcier, au moins, je serai présent pour le protéger de ses ennemis. 

(Le roi Albert II est le narrateur)

Deux jours avant la date prévue pour la signature de la trêve avec le seigneur Roderick, je quittai le palais afin de me rendre sur le lieu de notre rencontre. J'emmenai avec moi mes conseillers ainsi qu'un solide contingent de soldats et de gardes, afin de parer à toute éventualité. J'avais consenti, non sans réticence, à ce que le chevalier Roland en fasse partie. Celui-ci m'avait littéralement harcelé au cours du dernier mois, me demandant avec insistance d'annuler ma rencontre avec le souverain de la forêt interdite. Aussi je jugeai préférable qu'il soit présent à notre réunion, afin de pouvoir garder un oeil sur lui, ce qui me permettrait ainsi de prévenir plus facilement toute initiative fâcheuse de sa part. En effet, même si le chevalier était capable des actions les plus déraisonnables, je savais que son obéissance scrupuleuse à mes ordres constituait un élément fondamental de son délire. Ma fille aussi souhaita participer à ma rencontre avec le seigneur Roderick. Ayant été averti par ce dernier de la présence de ses troupes, j'avoue que je n'était guère enthousiaste à ce que Lisa soit confrontée à des créatures aussi terrifiantes. Mais elle insista car elle jugeait qu'assister à une telle réunion constituait un élément essentiel de l'apprentissage de son rôle de souverain qu'elle devrait assumer lorsqu'elle assurerait ma succession. Je finis finalement par lui donner mon consentement d'autant que je ne pouvais lui refuser ce que j'avais déjà accordé au chevalier Roland. 

Le lendemain soir nous arrivâmes à destination et je fis installer le camp pour la nuit. Mes soldats montèrent d'abord la tente royale, dans laquelle je devais loger avec ma fille, ainsi que celles destinées à mes conseillers, qu'ils entourèrent par leurs propres quartiers afin de nous protéger en cas d'attaque. Bien évidemment, le chevalier Roland se porta immédiatement volontaire pour monter la garde et ainsi veiller à notre repos. Le capitaine de ma garde désigna une demi-douzaine de soldats afin de lui porter assistance. Heureusement, la nuit se déroula sans aucun incident.



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