Les exploits heroïques du preux chevalier Roland : partie 20
20) Chant 2 : le sauvetage de l’innocente bergère des griffes du cruel dragon : le preux chevalier Roland à la rescousse
(Roland est le narrateur)
Je n’avais pas un instant à perdre. A peine avais-je quitté mon roi que je me préparai au départ. Je devais absolument sauver cette malheureuse bergère, si jamais elle était encore en vie. Chaque minute entre les mains de ces monstres la mettait davantage en danger, car ils pouvaient très bien choisir de la tuer pour satisfaire un de leurs cruels caprices. Je dois avouer que la description du monstre qui avait enlevé la jeune femme n’avait pas manqué de m’impressionner. Mais j’avais déjà vaincu des armées de squelettes et mis en échec des sorciers. Je n’allais certainement pas reculer face à un dragon. Néanmoins, je ne devais rien laisser au hasard. Aussi, j’emportai mes meilleurs armes, mon armure la plus résistante, mon heaume et mon solide bouclier. J’allai ensuite chercher mon fidèle étalon à l’écurie, puis rejoignis le berger Philémon. Je l’informai de mon intention de partir sur le champ au secours de la jeune Madelon. Le brave homme, de toute évidence soulagé d’avoir aussi rapidement l’aide qu’il était venu chercher, approuva ma décision, et alla chercher son âne. Quelques instants plus tard, nous prîmes la route ensemble. Le berger ouvrait la marche, monté sur son baudet, tandis que, guidé par lui, je le suivais sur mon fier destrier. Je dois avouer que nous avions fière allure tous les deux. Je portais mes plus belles armes et mon cheval avançait avec une belle prestance. Quant à Philémon, il aurait pu passer pour mon fidèle écuyer aux yeux des passants qui croisaient notre route. Au bout de trois jours de voyage, nous arrivâmes au village dans lequel le drame s’était produit. A peine étions nous arrivés que je vis accourir vers moi une femme d’âge mûr en pleurs qui tenait dans sa main une feuille de papier froissée. Je mis immédiatement pied à terre afin de l’écouter :
« Messire, Messire, commença-t-elle d’une voix éplorée, seriez vous donc le chevalier Roland, célèbre dans tout le royaume pour son incroyable courage ?
- Oui, madame, c’est bien moi, répondis-je non sans être quelque peu flatté par ma réputation. Dès que j’ai appris le drame qui est survenu dans votre village, je suis venu aussi promptement que possible afin de vous apporter mon secours.
- Messire, c’est ma fille qui a été enlevée par cet horrible monstre. Depuis ce terrible jour, ma vie est devenue une souffrance permanente,. Je ne mange plus, je ne dors plus, je vis dans l’angoisse, craignant à chaque instant pour la vie de ma pauvre Madelon. Et, comme si cela ne suffisait pas voilà l’odieux message qui m’est arrivé hier, pendant la nuit, et il vous est adressé. »
Je pris la feuille que me tendit la mère, et commençai à le lire :
« Chevalier Roland, si tu lis ce message cela signifie que tu es prêt à tomber dans mon piège. La bergère Madelon est entre mes mains, et si tu ne veux pas qu’elle devienne le prochain repas de mon fidèle dragon, tu devras te rendre à l’entrée de la grotte du mont I… . Si tu veux sauver la jeune fille, il te faudra affronter en combat singulier mon terrible compagnon. Ainsi il pourra aussi déguster du chevalier, car tu n’as aucun espoir de l’emporter HAHAHAHAHAHAHA
Profite bien de tes derniers instants.
Bien à toi
Roderick »
En voyant l’immonde sorcier me narguer ainsi, je sentis la colère monter dans mon âme. D’autant qu’afin de m’attaquer personnellement, il n’hésitait pas à faire souffrir des innocents. Je m’adressai alors à la mère en détresse :
« Madame, ce message démontre de manière indiscutable que votre fille est encore en vie. Et croyez bien que je saurai donner tort à cet immonde individu, et que je viendrai à bout du monstre qui la menace. Je veillerai bien à ce que seule mon épée entre dans l’estomac du dragon et vous jure que je vous ramènerai votre fille saine et sauve.
- Oh, merci Messire, répondit la pauvre femme d’un ton plein de reconnaissance. J’admire tant votre courage, car je ne connais personne qui aurait osé faire face au dragon. Même les hommes les plus courageux tremblent à l’idée même d’être en sa présence.
- Ne leur en veuillez pas. Même moi j’appréhende de me retrouver face à ce monstre. Mais je ne peux pas me permettre de reculer, car la vie de votre fille est en jeu. Aussi, demain à l’aube, je partirai au combat. Pourrais je demander à un des villageois de me guider vers le mont I…?
- Je vous indiquerai le chemin Messire, répondit un homme qui se révéla être le père de la bergère Madelon. C’est le moins que je puisse faire, afin de vous prouver ma reconnaissance.
- Je vous remercie.
- Messire, permettez moi de vous offrir l’hospitalité pour la nuit. »
J’acceptai, car je devinai que ces braves gens souhaitaient ainsi m’exprimer leur gratitude. Après avoir pris un frugal souper avec eux, je partis me coucher, car je me devais de reprendre toutes mes forces pour le terrible combat qui m’attendait le lendemain.
(La mère de Madelon est la narratrice)
Je dois avouer que j’étais moi-même surprise par mes propres émotions. Même si je savais que ma fille ne courait aucun danger, j’étais profondément émue par le courage et le dévouement dont faisait preuve le chevalier Roland envers ma famille. Le seigneur Roderick nous avait demandé avec insistance de ne pas nous moquer de cet homme, malgré sa folie. Mais je n’en avais nulle envie, car je ressentais de l’affection pour ce brave garçon. SI ma douleur était simulée, mon admiration et ma gratitude étaient, elles, profondément sincères. Un homme prêt à se battre contre un dragon pour sauver ma fille mérite le respect. Aussi, j’étais heureuse de l’héberger sous mon toit pour la nuit, et nous lui offrîmes tous le meilleur accueil que nos moyens nous permettaient.
Commentaires
Enregistrer un commentaire