Les exploits héroïques du preux chevalier Roland : partie 14

14) Chant 2 : le sauvetage de l’innocente bergère des griffes du cruel dragon : Madelon, la douce  bergère

(Quelques semaines plus tôt : Madelon est la narratrice)
Je me nomme Madeleine, mais tous ceux qui me connaissent m’appellent Madelon. J’habite dans un petit village de montagne, où je travaille dans la bergerie familiale. Depuis ma plus tendre enfance, mes parents m’ont appris à m’occuper des moutons.  Ainsi, dès l’âge de quinze ans, ils me confiaient sans crainte la garde du troupeau. Je consacre ainsi mes journées, et souvent même mes nuits à prendre soin de mes bêtes. Mais aujourd’hui, j’ai demandé avec succès à ma famille de m’accorder une demi-journée de repos. En effet, je dois retrouver un ami très spécial. Oh, non, pas un amoureux, car dans ce cas, nous pourrions nous retrouver dans les montagnes en faisant paître nos animaux. De plus, même si je ne suis pas insensible aux charmes de certains bergers, je ne suis pas persuadée qu’ils aient la maturité de s’engager dans une relation sérieuse. En fait, l’ami avec qui j’ai rendez-vous n’est même pas humain, même si son intelligence n’a rien à envier à la nôtre. Car aujourd’hui, je vais aller voir un dragon. Comment ai-je pu faire connaissance avec une telle créature?
Tout a commencé il y a près d’un an, par un jour d’été. En cette belle saison, je faisais paître mon troupeau dans les pâturages de montagne. J’aime beaucoup cette période, car, non seulement je peux profiter pleinement des magnifiques paysages de notre contrée, mais j’ai aussi l’occasion de retrouver les autres bergers du village. Nous avons l’habitude de nous entraider pour surveiller nos brebis. Pendant ces moments privilégiés, des amitiés, et parfois mêmes des amours peuvent naître. Ce jour là, alors que je rassemblais mes bêtes pour les ramener à la bergerie, je constatai avec effroi qu’il me manquait une brebis. Et pourtant j’étais restée très vigilante! Hélas, il suffit parfois de quelques instants pour qu’une bête puisse échapper à la surveillance la plus assidue. Je devinai que le pauvre animal s’était probablement égaré. Je confiai à un ami le soin de ramener mon troupeau chez mes parents tandis que je partais à la recherche de ma brebis, en compagnie de ma chienne. Nous parcourûmes ensemble les pâturages, jusqu’à ce que son flair oriente nos recherches vers une vaste forêt. J’hésitai d’abord à y pénétrer car je sais que nous arrivions aux confins de notre royaume. Or, ce chemin menait vers la contrée voisine, qui avait la réputation d’être peuplée par les créatures les plus terrifiants, au point qu’elle avait reçue le nom de forêt interdite. Et pourtant, bien que ce terrible pays était si proche de notre village, nous n’avons jamais subi la moindre attaque, ni même aperçu le moindre monstre. Aussi, décidée à retrouver ma brebis, je finis par m’engager dans le chemin à travers les arbres. Mais à peine vingt minutes plus tard après avoir pénétré le bois, je vis ma chienne pousser un hurlement d’effroi, puis s’enfuir au galop dans la direction opposée. Elle courait si vite qu’iil était impossible pour moi de la rejoindre. Et pourtant je n’avais rien vu ni entendu qui eût pu m’alarmer. Qu’est ce qui avait pu l’effrayer ainsi? Je savais pourtant que nous étions sur la bonne piste. Aussi, malgré mon appréhension, décidée à retrouver ma brebis, je poursuivis ma route. Au bout de quelques minutes, j’arrivai dans une clairière, et le spectacle qui m’attendait me pétrifia de terreur, et je compris alors pourquoi ma chienne s’était enfuie. Je vis la créature la plus gigantesque et la plus effrayante que j’eusse jamais vue de ma vie. D’après les contes et légendes que m’avaient racontés mes parents pendant mon enfance, je compris que je faisais face à un dragon. Donc, ces monstres existaient donc réellement? Bientôt, l’immense animal tourna sa hideuse tête vers moi. Heureusement, il ne fit aucun autre mouvement, se contentant de me regarder fixement. Je détournai alors les yeux, et je réalisai alors qu’un homme d’âge mûr vêtu de noir se dressait aux côtés de ce monstre. Pouvait il être le maître d’une telle créature? Mais je n’étais pas au bout de mes surprises, ni de mes frayeurs car ces deux êtres étaient accompagnés d’un squelette vêtu d’un uniforme. Et ce garde mort vivant caressait un animal que je reconnus immédiatement comme ma brebis. Et j’étais stupéfaite en constatant que malgré la présence de ces monstres, celle-ci ne montrait aucun signe de terreur, se blottissant au contraire près du squelette.
 

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