Les exploits heroïques du preux chevalier Roland : partie 10
10) Chant 1 : l'attaque de la noce : préparatifs d'une confrontation
(un jour plus tôt : Viviane est la narratrice)
Aujourd'hui une vaste tâche m'attendait : préparer la grande confrontation avec le chevalier Roland le jour suivant dans le château des ténèbres. Dès le lever du jour, je rejoignis Aquileon, mon ami griffon, et lui demandai s'il acceptait de me conduire au village des garous. Même si je ne doutais pas qu'il y consentirait, je me devais de lui poser au préalable la question, afin de lui montrer qu'une telle faveur ne venait pas de soi de la part d'une créature aussi fière et noble que lui. Après avoir obtenu son accord, et au bout d'un quart d'heure de vol, j'arrivai chez Francine, la cheffe du conseil, et nous nous concertâmes toutes deux pour organiser le transfert des "prisonniers" vers le château des ténèbres, en veillant à leur permettre de rester le plus longtemps possible auprès de leurs proches. Une fois les derniers détails réglés, je retournai au château afin de m'occuper de la suite des opérations. Je me rendis d'abord à la salle de bal où je retrouvai les fantômes des nobles qui seraient chargés d'affronter le chevalier Roland avant son arrivée dans la sombre forteresse. J'avais besoin d'une quinzaine de volontaires : un premier groupe s'occuperait de jouer le rôle de "démons" en métamorphosant leur d'apparence, tandis que les autres animeraient des armures et monteraient des chevaux squelettiques afin de livrer un combat par les armes. Je n'eus aucun mal à trouver des volontaires : les nobles prenaient beaucoup de plaisir à ces divertissements. Les dames appréciaient particulièrement de pouvoir déguiser leur apparence et beaucoup de gentilshommes raffolaient des joutes qui leur rappelaient les tournois auquel ils participaient de leur vivant. De plus, tous s'amusaient beaucoup lorsqu'ils devaient jouer la comédie de la terreur face aux symboles "sacrés" du chevalier Roland qui, en réalité, n'avaient aucun effet sur eux. De nombreux couples se proposèrent, mais je donnai la priorité à ceux dont qui n'avaient soit pas encore participé par rapport à ceux qui s'étaient plus récemment confrontés avec le chevalier.
A présent, il me fallait préparer l'affrontement que je devrais mener dans la forteresse elle-même. Je partis à la rencontre des officiers squelettes au château afin d'organiser la garde des prisonniers et la défense de la forteresse. Lorsque je retrouvai Jacques et ses hommes, j'eus la surprise de les voir en compagnie des mariés enchaînés, alors que j'avais retrouvé ces derniers libres lors du souper de la veille. Paul et Anne m'expliquèrent qu'ils avaient eu l'occasion de sympathiser avec leurs gardes, et qu'en accord avec eux, ils avaient repris leur statut de prisonniers afin de les avoir affectés à leur escorte. Ainsi, ils avaient le plaisir de partager à nouveau de bons moments ensemble. Cette explication m'amusa beaucoup, et je me réjouissait de voir ces deux amoureux profiter autant de leur séjour dans mon château. Les géants de pierre complèteraient mon détachement de défenseurs du château des ténèbres ; ils étaient particulièrement adaptés à cette tâche, car ils pouvaient à loisir passer de l'état vivant à l'état inanimé, et ainsi ne pas nécessiter de protection magique lorsqu'ils affronteraient le chevalier Roland.
En fin d'après midi, le véhicule transportant les prisonniers venant du village des garous arriva au château. Pour le transfert vers la forteresse, j'avais préparé un véhicule spécial, tiré par des hippogriffes, afin d'y transporter les mariés et leurs amis. Bien entendu, mes "invités" furent émerveillés par les majestueuses créatures qui les conduirait au château des ténèbres et tous entrèrent avec enthousiasme dans la grande cage. Je veillai néanmoins à ce qu'ils restent détachés pendant le voyage. Après avoir monté mon fidèle Aquileon, je pris la tête de mon armée de squelettes et de géants de pierre et nous nous mîmes en marche en direction du château des ténèbres. Pierrot fut chargé de conduire le chariot qui détenait les prisonniers, pour le plus grand plaisir de Paul et Anne. Au bout de deux heures, nous rejoignîmes notre destination. Mais je réservais une petite surprise à mes captifs. Tandis que mes troupes parcouraient le chemin qui montait au sommet du piton rocheux où se dressait la forteresse, je donnai comme instruction à mes prisonniers de bien s'accrocher aux barreaux de leur cage. Dès qu'ils eurent suivi mes instructions, je m'envolai sur Aquileon, et un instant après, les hippogriffes tirant le chariot m'imitèrent. Ainsi, le chariot et moi-même arrivèrent par les airs dans la grande cour du château des ténèbres. Bien évidemment, les villageois captifs furent enchantés par ce voyage dans les cieux.
Le château des ténèbres était une ancienne forteresse qui avait appartenu à une lignée de seigneurs fort belliqueux. Ceux-ci l'avaient fait bâtir avec des pierres de couleur sombre, afin d'intimider tant leurs vassaux que leurs ennemis, et avaient choisi ce site d'accès difficile, qui leur permettrait de mieux assurer sa défense. Une telle citadelle constituait le repaire idéal pour des sorciers maléfiques. Aussi Roderick et moi l'avions choisi pour nos affrontements contre le seigneur Roland, qui croit que nous y logeons réellement. Le bâtiment avait été déjà restauré par nos ancêtres qui y pratiquaient la magie. Nous complétâmes leur travail en aménageant quelques salles où nous pouvions loger en compagnie de nos gardes et de nos captifs.
Dans la grande cour, des cages avaient été installés où seraient enfermés les prisonniers lors du grand combat. Mais, celui-ci n'ayant lieu que le lendemain, je conduisis mes "invités" vers une vaste chambre dortoir où ils dormiraient au chaud dans des lits confortables. Nous soupâmes ensuite tous ensemble avec les provisions que j'avais fait amener du château. Puis, je pris congé des villageois et rejoignis mes appartements privés pour y passer la nuit.
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