Les exploits héroïques du preux chevalier Roland : partie 9

 9) Chant 1 : l'attaque de la noce : voyage mouvementé vers le château des ténèbres

(Roland est le narrateur)

Le soleil n'était pas encore levé lorsque je me levai le lendemain de mon arrivée dans le village martyrisé. A peine une demi-heure plus tard, j'avais déjà quitté le village et atteint la lisière de la forêt interdite. Sans hésitation, je fis avancer mon destrier dans le chemin qui s'enfonçait à travers les arbres. Je savais que la mort pouvait m'attendre à chaque instant dans ce lieu maudit, mais je ne pouvais reculer, car car la survie d'innocents dépendait de mon courage. Tout en faisant presser le pas à mon cheval, je gardai les yeux aux aguets, car je ne doutais pas que les sorciers maléfiques m'enverraient leurs sbires démoniaques pour m'empêcher d'atteindre ma destination et je ne devais pas me laisser surprendre. Et, en effet, à peine dix minutes après m'être engagé dans la forêt, je fus encerclé par une dizaine de démons qui s'approchaient de moi en me lançant les pires imprécations. Mais je m'étais préparé à une telle éventualité, et je brandis immédiatement ma croix, ce qui suscita immédiatement une grande frayeur chez mes adversaires, qui n'osèrent m'approcher davantage. Néanmoins, l'une d'entre eux (car les démons femelles sont souvent plus hardies que les mâles) tenta de m'attaquer par derrière. Heureusement, je m'aperçus à temps de son audace, et, saisissant une fiole d'eau bénie, je me retournai et renversai son contenu sur elle. L'immonde créature poussa alors un abominable hurlement tandis que son corps s'enflammait au contact du liquide sacré. Quelques instants plus tard, elle s'était complètement consumée et, terrifiés, les autres démons fuirent sans demander leur reste. Je poursuivis alors ma route au milieu des arbres, conscient que mes ennemis ne me laisseraient pas m'en tirer à si bon compte. Et, en effet, à peine un quart d'heure plus tard, je vis de nouveaux adversaires qui me barraient le passage. Une demi-douzaine de cavaliers en armure sombre, lourdement armés et montant des chevaux squelettiques, se dressaient devant moi.  L'un d'entre eux me lança d'une voix menaçante : 

"Retourne sur tes pas, chevalier Roland ou meurs en nous affrontant, car nous n'aurons aucune pitié". 

Bien évidemment, il était inenvisageable pour moi de fuir. Aussi, je sortis ma fidèle épée, la glorieuse Duranlibur, bénie par les prêtres, et m'élançai au combat. La bataille fut rude, car mes ennemis s'acharnèrent contre moi, d'autant que j'étais seul contre six. Mais ceux qui combattent au nom de la justice et du Bien disposent d'une force et d'une détermination qui dépassent de loin celles des artisans du Mal. Aussi, je réussis à parer tous les coups de mes adversaires, et, de mon bras vaillant, je parvins à les désarçonner les uns après les autres. Les destriers squelettiques s'enfuirent alors, abandonnant leurs cavaliers qui, se redressant péniblement, tentèrent de poursuivre le combat. Mais mon fidèle destrier leur  lança de furieuses ruades, et bientôt, la moitié d'entre eux furent étendus sur le sol, assommés. Je mis pied à terre pour combattre mes derniers adversaires. Affaiblis par leur chute, ceux-ci ne m'opposèrent qu'une faible résistance et bientôt, leurs armures disloquées reposèrent sur le sol. Je soulevai alors les heaumes, et, comme je m'y attendais, je ne vis aucune tête arrachée qui s'y cachait derrière, ni aucun corps sous le sombre acier. Car, comme à leur habitude, les sorciers avaient enchanté ces armures pour en faire des combattants à leur service, allant même jusqu'à leur donner une voix. Mais là encore leur stratagème avait échoué, et je pus poursuivre mon chemin. Au bout d'une heure, j'arrivai dans une zone dégagée et je vis devant moi, perché sur un piton rocheux, le château des ténèbres, repaire du cruel Roderick et de la non moins abominable Viviane. La silhouette menaçante de la forteresse avec ses murs sombres et ses hautes tours pouvait susciter la crainte même dans les âmes les plus intrépides. Mais loin de m'effrayer, cette vision ne fit qu'augmenter ma détermination à arracher les malheureux otages des mains de leurs bourreaux, et je pressai à nouveau mon destrier afin de rejoindre au plus vite ce lieu maudit afin d'achever ma mission sacrée.

Commentaires

Posts les plus consultés de ce blog

Les exploits héroïques du preux chevalier Roland : partie 27

Les exploits héroïques du preux chevalier Roland : partie 43

Les exploits héroïques du preux chevalier Roland : partie 42