La princesse Lisa et le château de la terreur : partie 30
30) Préparatifs pour un voyage très spécial
Le lendemain matin, vers sept heures, Lisa fut réveillée par Harald, qui percutait les barreaux de sa cellule avec un bâton. Lorsque la princesse se redressa sur son lit, le troll s’adressa à elle:
« Votre Majesté, pardonnez moi d’interrompre ainsi votre sommeil, mais mon maître, le seigneur Roderick, m’en a donné l’ordre. Il désire que vous vous prépariez avant de vous emmener au village. »
Harald ouvrit ensuite la cellule, et y entra chargé d’un vaste baquet rempli d’eau chaude, qu’il posa au sol, dans un emplacement invisible de l’extérieur du cachot, avant d’apporter un savon, des serviettes et des ustensiles de coiffure.
« Voici de quoi faire votre toilette, madame. Mon maître m’a aussi chargé de vous dire qu’il souhaitait que vous portiez votre tenue de cavalière. Il vous apportera lui-même votre repas »
Et, sur ces propos, le troll libéra la prisonnière de ses chaînes.
« Merci, mon bon Harald. Tu peux informer le seigneur Roderick que je serai prête à le recevoir dans une demi-heure. »
Après avoir été à nouveau enfermée par son geôlier, Lisa prit le temps de se laver et de se coiffer soigneusement. A peine deux minutes après qu’elle ait fini de s’habiller, le mage entra avec un plateau chargé de victuailles. Après avoir fait ouvrir la porte du cachot par Harald, il posa le repas de la princesse sur la table. Celui-ci consistait en un grand pain, une omelette aux champignons, ainsi que des fruits, et une carafe d’eau fraîche.
« Bonjour Lisa. J’espère que vous avez passé une nuit agréable.
- Oh, fort plaisante, seigneur Roderick. D’autant que j’ai apprécié la surprise que vous m’avez réservée pour la fin de la soirée.
- Je me doutais que vous sympathiseriez avec Lucia et Phoebé. D’une part, du fait de leur grande amabilité, mais aussi pour l’assistance qu’elle vous ont apporté pour votre lecture, répliqua-t-il en souriant.
- Je pense que j’aurais eu du plaisir à faire leur connaissance même sans leurs lumières répondit Lisa. De plus, j’ai très bien dormi. Et je vous remercie de m’avoir apporté le nécessaire pour mes albutions matinales.
- Inutile de me remercier pour cela, je ne fais que mon devoir d’hôte.
- Ou plutôt, de geôlier, plaisanta la princesse. Cela dit, lors de mes voyages officiels, j’ai certes été logée dans des appartements plus luxueux, mais je n’ai jamais eu l’honneur d’avoir mes repas servis par les maîtres des lieux eux-mêmes.
- C’est le privilège des princesses captives » confirma Roderick.
Tandis qu’ils discutaient, Lisa dégustait son repas qui se révéla fort savoureux. L’omelette lui parut légère, le pain avait été de toute évidence préparé le matin même, quant aux fruits, ils se révélèrent mûrs à point. La mage contemplait avec satisfaction sa prisonnière manger de bon appétit.
«Si je ne craignais d’effrayer tout le palais, j’aurais été tentée d’emmener votre cuisiner et de le prendre à mon service tellement j’apprécie son travail.
- Je regrette, mais je tiens à le garder, répliqua Roderick en riant. Mais je suis ravi que votre repas vous plaise. »
Lorsqu’elle eut terminé, la princesse se leva:
« Seigneur Roderick, je suis prête à partir. Je dois admettre que j’ai hâte de retrouver ma chère Anna pour notre périple.
- Lisa, votre jument ne sera pas du voyage. En effet, afin que vous disposiez du temps nécessaire pour découvrir le village et ses habitants je tiens à ce que nous accomplissions le trajet dans les plus brefs délais. Or, celui-ci durerait près d’une heure et demie si nous l’accomplissions à cheval. »
La princesse ne dissimula pas sa surprise
« Mais dans ce cas, quel moyen de transport utiliserons nous?
- Si nous voyageons par les airs, nous pouvons rejoindre notre destination en à peine plus d’un quart d’heure.
- Par les airs? Mais comment ferons nous?
- Ne l’avez vous pas déjà deviné? En plus, je sais que cela lui fera plaisir. »
Quelques secondes plus tard, Lisa comprit les intentions du mage. Sous le choc après cette révélation, elle balbutia :
« Vous voulez dire que… vous souhaitez que nous parcourions le trajet… à dos de dragon?
- Oui, Lisa. Zogshu nous attend, et il a hâte de vous avoir comme cavalière.
- Mais… mais je n’ai jamais chevauché de ma vie une telle créature. Et je dois admette que la perspective de me retrouver à des centaines de pieds au dessus du sol m’intimide quelque peu.
- Ne vous inquiétez pas. En premier lieu, je serai avec vous pour vous assister. De plus, nous avons mis au point une selle spécialement adaptée à Zoghsu, sur laquelle vous serez en parfaite sécurité. Enfin, votre expérience de cavalière vous aidera pour votre premier voyage sur Zogshu. »
Malgré les propos rassurants de Roderick, la princesse ne pouvait dissimuler son appréhension. Néanmoins, elle éprouvait aussi une certaine excitation à la perspective de cette nouvelle expérience. Le mage lui avait décrit l’émerveillement de son aïeul lors de son premier voyage à dos de dragon. Et aujourd’hui, elle allait le vivre à son tour.
« Seigneur Roderick, je suis prête à vous suivre »
Après lui avoir placé ses fers aux poignets, le mage fit sortir sa prisonnière de sa cellule. Tous deux rejoignirent l’entrée du château, où le dragon les attendait en compagnie de Pierrot. Lisa constata l’immense selle sur le dos de Zogshu. Après avoir détaché la princesse, Roderick ordonna au squelette de l’aider à monter sur le dos de l’immense créature.
« Lisa, vous verrez à l’avant de la selle deux poignées. Serrez les fermement avec vos mains. De plus, placez vos pieds sur les étriers placés un peu plus bas.
La princesse obéit. Elle était à présent en position semi-allongée. Pierrot fixa ensuite une lanière au dessus de la jeune femme qui la maintenait plaquée à la selle.
« Pour votre première fois, nous ajoutons cette sécurité supplémentaire. Mais avec l’habitude, vous n’en aurez plus besoin » affirma le sorcier.
Et, en effet, ce dernier se contenta des poignées et des étriers. Lorsqu’il fut installé, Roderick s’adressa au dragon:
« Zogshu, nous sommes prêts à partir »
Et un instant plus tard, le dragon déploya ses ailes et s’élança dans les airs.
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