La princesse Lisa et le château de la terreur : partie 24
24) Visite du verger
Après avoir franchi le fossé, Roderick conduisit sa prisonnière vers le verger du château. La princesse admira la grande diversité des arbres fruitiers qui y étaient cultivés. Mais surtout, elle observa que les jardiniers qui en prenaient soin travaillaient sous la direction de jeunes femmes d’une grande beauté, ne portant qu’une très légère robe constituée par un enchevêtrements de branchages et de feuilles. Ce spectacle ne manqua pas de susciter son étonnement :
« Seigneur Roderick, voilà une bien étrange tenue pour des pépiniéristes, et, qui plus est, dans une telle position d’autorité.
- Votre Altesse, sachez que ces jardinières qui vous apparaissent comme des femmes peu pudiques sont en réalité des dryades, des nymphes des arbres. Mon ancêtre a fait leur connaissance lors de son arrivée lors de la forêt interdite, et, lorsqu’il a décidé d’aménager cette parcelle du parc en verger, il leur a demandé conseil afin que les arbres y poussent dans des conditions optimales afin de produire les meilleurs fruits. Après avoir examiné attentivement la surface qu’il souhaitait exploiter, les nymphes lui préparèrent un plan du futur verger, avec les espèces qu’il pouvait cultiver et l’emplacement précis de chaque arbre et buisson. Mon aïeul ne rencontra aucune difficulté à trouver de la main d’oeuvre : la majorité des soldats morts étaient issus de familles paysannes, et beaucoup d’entre eux s’intéressaient à la culture des arbres fruitiers. Mais si nos arbres sont aussi beaux et vigoureux, et leurs fruits aussi savoureux, nous le devons aux dryades qui forment nos agriculteurs, et supervisent attentivement leur travail.
- Et si j’en juge par la pomme que j’ai dégustée lors de mon repas, elles ont remarquablement accompli la transmission de leur savoir-faire.
- Lisa, les nymphes ne se contentent pas de faire acquérir des compétences en arboricultures. Elles parlent au nom des arbres eux-mêmes. Mais je suis enchanté que vous ayez autant apprécié votre fruit. Nous arrivons justement dans la section réservée aux pommiers. »
Celle-ci comportait une douzaine d’arbres, tous chargés de fruits fort appétissants. La princesse identifia rapidement la dryade qui dirigeait un petit groupe constitué de deux squelettes, trois lutins, mais aussi un couple humain. Roderick conduisit sa prisonnière vers le petit groupe :
« Venez, vous aurez ainsi l’occasion de leur exprimer votre reconnaissance. Je suis certain que cela leur fera plaisir »
Lisa suivit le mage, bien qu’elle fût un peu intimidée à l’idée de rencontrer une nymphe. Lorsque celle-ci vit arriver le maître du château en compagnie de la jeune femme, elle alla au devant de lui et l’aborda respectueusement :
« Bonjour, Seigneur Roderick. Je suis fort agréablement surprise de recevoir votre visite aujourd’hui, et, de surcroît, en si galante compagnie. Je devine qu’il s’agit de la princesse captive qui constitue le principal sujet de conversation dans le verger depuis ce matin.
- En effet, maîtresse Maléa, confirma le mage. Je vous présente Lisa, princesse héritière du royaume de A…, qui nous a honorés en consentant à devenir provisoirement notre prisonnière. Lisa, voici Dame Maléa, nymphe des pommiers.
- Enchantée de faire votre connaissance, madame, déclara la jeune femme. Et je profite de cette rencontre pour vous remercier, car grâce à vous et à vos disciples, j’ai dégusté la pomme la plus délicieuse que j’aie jamais mangée de ma vie. C’est un bien grand privilège pour moi que de pouvoir rencontrer une divinité ayant un lien aussi fort avec la nature.
- Madame, je ne mérite pas un qualificatif aussi illustre. Je ne suis que la porte-parole des arbres que j’ai l’honneur de représenter. Néanmoins, je suis fort touchée par vos éloges. Cela dit, mon équipe mérite bien plus que moi vos compliments, car elle consacre tous ses efforts afin de veiller au bien être des pommiers.
- Bien évidemment, admit la princesse. »
La dryade présenta ses pépiniéristes à Lisa qui prit le temps de tous les remercier chacun à leur tour. Bien évidemment, tous apprécièrent de recevoir une telle marque de gratitude, qui constituait la plus belle récompense pour leur travail.
« Eh bien, Lisa, vous allez rapidement devenir populaire auprès de mon peuple en les traitant avec autant d'égards, sourit Roderick lorsque la princesse le rejoignit.
- N’est il pas tout naturel de témoigner ma reconnaissance à ceux dont les efforts contribuent à mon bien-être?
- Une telle attitude n’est pas si courante chez les personnes de rang social élevé, en particulier les nobles et les membres de la famille royale, et mes sujets ne le savent que trop bien.
- Dans ce cas, peut être que certains d’entre eux tenteront de me faire évader, répliqua la princesse d’un ton guilleret.
- Oh, je pense qu’ils connaissent assez Harald pour savoir qu’il sait se révéler très incompétent lorsqu’il le souhaite, et que leur intervention se révèlera inutile. Cela dit, je pense qu’aucun d’entre eux ne lancera l’alerte en vous voyant partir au galop de mon château. Cela dit, il est temps à présent de poursuivre la visite des jardins. »
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