La princesse Lisa et le château de la terreur: partie 20

20) Visite du château : le laboratoire de sorcellerie

Viviane et Lisa rejoignirent la salle à manger. Lisa avait remarqué une porte située au niveau du mur est de la pièce et elle était sûre que son « hôtesse » l’y emmènerait afin de poursuivre la visite du rez de chaussée. Mais la magicienne la conduisit vers la salle d’audience. Un instant plus tard, les deux femmes entrèrent dans le couloir antérieur, avant de rejoindre un escalier qui montait vers le premier étage. Lisa ne cacha pas sa surprise :
« Madame, je constate que vous m’emmenez déjà vers les étages supérieurs. Pourtant, il me semble qu’il nous reste encore l’aile est du rez-de-chaussée à visiter.
- Lisa, je comprends votre étonnement, mais je n’ai pas jugé utile de vous y conduire. En effet, cette section du château comporte les cuisines, des pièces de stockage, les salles de repos des gardes, ainsi que les quartiers privés de nos serviteurs humains. Je juge préférable de vous faire découvrir des lieux plus intéressants dans notre domaine. Et vous pouvez m’appeler Viviane.
- Je vois. Merci pour ces explications, Viviane. »
Quelques instants plus tard, la sorcière et sa prisonnière arrivèrent au premier étage, et rejoignirent un long couloir qu’elles parcoururent en direction de l’est. Elles arrivèrent devant une porte et Lisa remarqua qu’un brouhaha dans lequel se mélangeaient des bruits de pas, des voix de timbres divers ainsi que des sons dont elle ne parvenait pas à distinguer l’origine semblaient parvenir de la pièce adjacente. Viviane ouvrit la porte, et bientôt, une odeur forte pénétra les narines de la princesse. Celle-ci observa la vaste salle dans laquelle elle venait d’entrer. Elle remarqua immédiatement le vaste foyer au niveau du mur est, sur lequel était posé un chaudron fumant. Au niveau des autres murs s’alignaient des armoires remplies de boites, fioles et flacons contenant une grande variété de produits: liquides et poudres de couleurs variées, plantes fraîches ou séchées, et même des ingrédients d’origine animale : os, poils, organes. Plusieurs tables étaient disposées dans la pièce, autour desquels s’affairaient plusieurs squelettes occupés à préparer des mixtures dans des récipients divers. De plus, Lisa reconnut dame Gertrude qui surveillait le chaudron qui chauffait tout en supervisant le travail de ses assistants squelettiques. Mais dès qu’elle vit sa fille en compagnie de la princesse, elle s’éloigna du foyer, ouvrit le tiroir d’une des armoires duquel elle sortit des habits blancs et des chaussons avant de rejoindre les nouvelles venues.
« Votre Majesté, je vous souhaite la bienvenue dans la salle des potions déclara Gertrude. Mais avant de faire un pas de plus, pour votre sécurité, veuillez d’abord mettre cette cape et ces chaussons. »
La princesse enfila les vêtements qui lui avaient été confiés. Lorsqu’elle eut terminé, Viviane prit la parole :
« Lisa, vous savez que je suis issue d’une famille de sorcières. Ce laboratoire est le domaine de prédilection de ma mère, qui s’est particulièrement spécialisée dans la préparation de potions, onguents et autres mixtures aux pouvoirs magiques. De mon côté, je me suis plus intéressée aux charmes et sortilèges. »
Dame Gertrude retourna brièvement inspecter son chaudron avant de s’adresser à nouveau à la princesse.
« Veuillez m’excuser, mais je suis débordée par le travail. Heureusement que je bénéficie d’assistants consciencieux et motivés, car sans eux, je ne pourrais pas terminer toutes les commandes qui me sont demandées.
- Vous parlez des squelettes?
- En effet. Je leur ai appris à s’occuper des étapes les plus simples de la préparation des potions, afin de me focaliser uniquement sur les phases les plus délicates. D’ailleurs, je dois vous laisser un instant, car le moment que j’attends est arrivé.
Dame Gertrude sortit un flacon contenant une poudre jaune, et transvasa un volume très précis de son contenu dans une fiole sur lequel était dessiné une échelle graduée. Puis, elle rejoignit le chaudron qui chauffait et y versa le contenu du récipient, avant de mélanger la mixture à l’aide d’un bâton. Au bout d’une minute, elle rejoignit sa fille et la captive.  
« Désolée pour cette interruption, mais je devais absolument verser cet ingrédient à cet instant précis, car sinon, tout le travail aurait été perdu.
- Er quel potion préparez vous en ce moment? demanda Lisa, curieuse.
- Un élixir favorisant la pousse des plantes, pour nos cultures. La plus grande partie de l’activité de ce laboratoire est consacrée à la fabrication de remèdes pour humains, animaux et plantes, ou de produits destinés à aider nos agriculteurs et éleveurs.
- Intéressant. Vous utilisez la magie non pour acquérir du pouvoir, mais assurer la subsistance de votre contrée.
- Notre autonomie constitue notre plus grand pouvoir. D’autant que notre politique pacifiste ne nous motive guère à utiliser nos talents magiques à des fins belliqueuses.
- Néanmoins, nous disposons de puissants sorts destinés au combat, poursuivit Viviane. Mais nous privilégions surtout des armes défensives. Car nous craignons plus que tout de nous laisser griser par la puissance que nous apporte la magie. En effet, nous considérons l’abus de pouvoir comme une immense faiblesse, car cela signifie que nous perdons le contrôle sur nous-mêmes.
- Voilà des propos d’une grande sagesse, admira Lisa
- Mais les paroles n’ont aucune valeur si elles ne se traduisent pas par des actes. C’est pourquoi, même si nous sommes heureux de vous avoir comme prisonnière, nous serons tout aussi soulagés lorsque vous aurez réussi à vous évader de notre royaume, et que nous n’aurons plus aucun pouvoir sur vous.
- Je n’ai pas peur d’être votre captive, car tous vos actes prouvent que vous comprenez que votre puissance ne peut vous apporter le plus grand trésor que peut vous accorder une personne : sa confiance.
- Exactement, approuva Gertrude. Et nous vous sommes profondément reconnaissants que vous nous ayez accordé la vôtre. A présent, je dois vous laisser, çar j’ai encore bien de l’ouvrage à faire. Je vous laisse poursuivre votre visite de notre château avec ma fille ».
Sur ces paroles, la magicienne retourna à son chaudron, tandis que Viviane et Lisa, celle-ci ayant au préalable rendu la cape et les chaussons qui lui avaient été prêtés, sortaient du laboratoire. 

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