La princesse Lisa et le château de la terreur : partie 14

14) Arrivée dans les écuries

Viviane poursuivit :
«  A présent que vous avez terminé votre repas, seriez vous intéressée par une visite du château?
- Volontiers, répondit la princesse. Mais dans ce cas, consentiriez vous à que nous commencions par nous rendre aux écuries, car je souhaiterais prendre des nouvelles de ma jument. Je ne doute pas que votre personnel prend bien soin d’elle, mais j’aimerais m’assurer qu’elle s’acclimate bien dans ce lieu qui lui est inconnu.
- Voilà une proposition fort judicieuse, et cela d’autant que vous pourrez ainsi découvrir le chemin qui mène de votre cachot jusqu’aux écuries, ce qui se révèlera fort utile dans le cadre de votre évasion. De plus, j’en profiterai pour vous présenter à mon tour mon fidèle compagnon.
- Oh, fit Lisa, fort intéressée. Je devine que, dans un tel château, vous ne faites pas allusion à un cheval, mais à un animal bien plus extraordinaire.
- En effet, votre intuition ne vous a pas trompée. Mais vous pourrez le constater de vos propres yeux lorsque nous serons arrivés aux écuries. Mais avant , pouvez vous me présentez vos mains, s’il vous plaît?
- Je vois que vous vous assurez que je ne puisse pas m’échapper, sourit la princesse, tandis qu’elle se laissait enchaîner les poignets.  Et pourtant, je constate non sans amusement que, même avec avec mes fers, mes habits de captive se révèlent bien plus confortables que bien des tenues contraignantes et encombrantes  que j’ai été amenée à porter dans le cadre de mes obligations royales.
- En tant que prisonnière, vous n’avez pas besoin de vous soucier du jugement vestimentaire de vos pairs. A présent, venez avec moi, je vous prie. »

Viviane ouvrit le cachot, et bientôt, les deux femmes quittèrent la prison et descendirent l’escalier de la tour. Elles parcoururent plusieurs couloirs, tous infestés de toiles d’araignées. Pendant le trajet, Lisa observa attentivement le chemin qu’elle suivait, afin de le mémoriser pour sa fuite. Enfin, la princesse et sa geôlière arrivèrent aux écuries. Pierrot, qui les attendait à l’entrée, présenta une paire de bottines à Lisa:
« Votre Majesté, veuillez les enfiler, car, par précaution, vous devez rester chaussée dans ce lieu.
- Je croyais que les prisonnières restaient pieds nus, s’étonna la princesse.
- Vous avez raison, admit Viviane. Néanmoins, lorsque vous sortirez des bâtiments intérieurs, ou bien dans des locaux aussi sales que des écuries, l’hygiène élémentaire exige que nous vous laissions vous protéger les pieds. »
Lisa fut touchée par cette nouvelle preuve de sollicitude de la part de ses ravisseurs et se chaussa. Pierrot reprit ensuite la parole :
« Votre Altesse, afin que votre jument ne soit pas intimidée par nos autres pensionnaires, nous l’avons installée dans une section spécialement réservée aux chevaux. De plus, nous l’avons confiée aux soins d’un des habitants humains du château, afin qu’elle se sente encore plus à l’aise. Venez, je vais vous conduire jusqu’à elle. »
Les deux femmes suivirent le squelette qui les conduisit jusqu’au box où Anna était installée. Lisa constata avec plaisir que sa jument disposait de beaucoup d’espace et qu’elle ne manquait ni d’eau, ni de nourriture. Quelques instants plus tard, elle vit approcher un homme d’une quarantaine d’année, de forte carrure et au visage couvert d’une barbe brune abondante. Celui-ci s’inclina devant Viviane:
« Maîtresse, que puis-je pour votre service?
- Robert, permettez moi de vous présenter la princesse Lisa, dont nous vous avons confié la jument.
- Madame Viviane, vous m’honorez en me laissant m’occuper du destrier de ma princesse.
- Votre princesse? s’étonna Lisa. Que voulez vous dire?
Viviane sourit :
«Je me dois de vous fournir quelques explications. Robert habite dans le château depuis près de dix ans et y travaille comme palefrenier. Mais il est originaire de votre royaume.
- De mon royaume? s’exclama Lisa stupéfaite. Mes parents m’avaient appris que plusieurs de nos sujets étaient entrés dans la forêt interdite, mais n’en étaient jamais revenus. Votre serviteur serait donc l’un d’eux?
- Oui, madame, répondit Viviane. Cela dit, Robert vit parmi nous de son plein gré, comme tous ceux qui sont venus dans notre contrée depuis des pays étrangers.
- Mais n’a-t-il pas parfois le désir de revenir dans son royaume natal? N’est il pas prisonnier lui aussi s’il ne peut quitter la forêt interdite?

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