La princesse Lisa et le château de la terreur : partie 2

2) Une monstrueuse invasion.

Le jour suivant, Gaston III donna l’odieux message à un courrier qui devait se rendre au royaume de A…. Mais au moment où ce dernier allait quitter le palais, un cavalier arriva au palais avec une expression de terreur sur son visage. Il descendit avec précipitation du cheval et annonça d’une voix tremblante au souverain. :
« V.. Votre Majesté. Nous sommes envahis.
 - Envahis? répondit le roi. Ce n’est pas possible. En prévision de l’enlèvement de la princesse, j’avais renforcé les défenses à la frontière afin de prévenir tout invasion. Même si Albert avait envoyé son armée contre nous, nous étions prêts à l’accueillir. Impossible qu’il ait pu percer aussi rapidement.
- Votre Altesse, les envahisseurs ne viennent pas du royaume de A… Ils viennent … de la forêt interdite.
- La forêt interdite? s’exclama Gaston. Que racontes tu? Presque personne n’ose pénétrer ce lieu maudit, et les rares imprudents qui ont essayé n’en sont jamais revenus. Jamais Albert n’oserait y engager ses troupes. Quoi qu’il en soit, je fais confiance à mes troupes. Je ne doute pas qu’elles vaincront ces adversaires inattendus.
A cet instant, le visage du cavalier se figea, et pendant une minute, il resta silencieux, comme effrayé à l’idée de révéler les informations supplémentaires dont il disposait . Enfin, il prit à nouveau la parole.
- M.. majesté, l’armée est en déroute. Les soldats s’enfuient en direction de la cité royale. Tous ceux que j’ai croisés semblaient sous l’emprise d’une terreur indicible, comme s’ils avaient vu la mort face à eux.  
-  Comment? Mes hommes ne sont pas des lâches. Je ne peux pas croire qu’ils fuient ainsi devant l’ennemi.
- Et pourtant, leur frayeur était telle que je n’arrivais même pas à persuader ceux que je croisais de s’arrêter juste pour prendre le temps de me parler. Lorsque je leur demandais pourquoi ils fuyaient, ils se contentaient de hurler dans leur course effrénée «Les forces de l’enfer sont à nos trousses. Nous sommes tous perdus ». Le peuple lui aussi fuit. Tous se réfugient derrière les remparts de la cité royale.
- Les forces de l’enfer? Que veux tu dire?
- Que d’après ce que j’ai entendu… nos ennemis ne sont pas humains »
Incrédule, le roi monta dans la plus haute tour de son château pour observer de ses propres yeux les évènements. Il ne put que constater une marée humaine qui affluait vers la cité royale. Mais surtout il vit un spectacle qui lui glaça le sang. Alors que le soleil était levé depuis plusieurs heures, tout un pan du ciel était noir comme si la nuit était tombée, avec, au centre, une sphère blanche révoquant une pleine lune. Mais surtout, cette étendue noire se rapprochait à vue d’oeil de la cité. Un vacarme assourdissant de hurlement et de pleurs résonnait jusqu’aux oreilles du souverain. Sous le ciel nocturne, la lune illuminait une masse sombre qui s’avançait inexorablement, sans aucun obstacle pour la freiner. Lorsque celle-ci fut suffisamment proche, le roi vit dans le ciel un point noir qui semblait mener cette armée de la nuit. Bientôt, celui-ci grandit à vue d’oeil, et Gaston fut frappé de terreur lorsqu’il parvint à distinguer un dragon de couleur sombre qui volait en direction du château.  Peu après il distingua un griffon aux côtés du monstre, et réalisa que les deux créatures portaient chacun un individu vêtu d’amples vêtements sombres.Le roi baissa ensuite ses yeux vers le sol, il constata que la cité était progressivement envahie par les ténèbres, et sa frayeur redoubla lorsqu’il vit les créatures qui constituaient l’armée qui envahissait son royaume. Le gros des troupes était constitué de squelettes portant armes, cuirasse, casque et boucliers. Les fantassins marchaient au pas militaire tandis que les cavaliers montaient des chevaux eux aussi squelettiques. Certains des soldats menaient des meutes de loups, dont certains se dressaient sur les pattes arrière. D’immenses créatures humanoïdes qui paraissaient constitués de roche encadraient les régiments squelettique. Quelques spectres flottaient au dessus des troupes. Cette abominable armée suivait les deux monstres volants. Un homme montait le dragon tandis qu’une femme chevauchait le griffon, et tous deux menaient les troupes. Bientôt, les monstrueux bataillons traversèrent la cité royale, tandis que tous les habitants couraient pour se calfeutrer dans les habitations. Mais, étrangement, aucune des créatures ne s’attaqua délibérément aux fuyards, préférant se diriger droit en direction de l’entrée du château. Le roi ordonna de fermer les portes et d’attaquer à la catapulte et aux balistes les envahisseurs. Mais les deux commandants anéantirent les projectiles, qui parurent s’évanouir dans le ciel, tandis que le dragon détruisait par ses jets de flammes l’artillerie royale. Gaston entendit la femme prononcer des paroles dans une langue qu’il ne comprenait pas, et bientôt, les portes s’ouvrirent, et l’armée monstrueuse s’y engouffra. Le dragon se posa dans la cour, et son cavalier s’adressa à ses troupes en ces termes :
« Trouvez la princesse et ramenez la moi »

En entendant ces mots, le roi craignit que l’homme fît allusion à sa propre fille. Une vingtaine de squelettes entrèrent dans le bâtiment principal du château, et le fouillèrent sans que personne n’ose s’opposer à eux. Au bout de quelques minutes, ils rejoignirent les appartements dans lesquels la princesse Lisa avait été logée. La jeune fille fut bientôt saisie par quatre mains osseuses, tandis qu’un soldat lui enchaînait ses poignets. Quelques minutes plus tard, les soldats revinrent dans la cour avec leur captive. Ils la conduisirent ensuite dans un chariot tiré par quatre hippogriffes et conduit par un troll aussi immense que hideux, et l’enfermèrent dans la cage qui constituait la plus grande partie du véhicule. La pauvre Lisa paraissait paralysée de frayeur entourée de tous ces monstres qui l’avaient capturée. Une fois cette mission accomplie, le dragon et le griffon portant leurs cavaliers s’envolèrent et quittèrent le château, entraînant avec eux l’horrible armée qui escortait la princesse prisonnière. Une heure plus tard, les monstres avaient quitté la ville, qui fut bientôt à nouveau éclairée par le soleil. Le roi vit progressivement disparaître dans le lointain ces étranges ennemis ainsi que les ténèbres qui les entouraient. Il constata ensuite après stupéfaction que malgré leur terrible apparence, les envahisseurs n’avaient tué aucun de ses sujets, ni pillé aucune maison, se contentant d’emmener leur otage avec eux.

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