Le train enchanté : chapitre 36

36) Visite de Séville et entretien à la caserne 

Les deux amis retrouvèrent Marie et l'informèrent de leur projet de se rendre à Séville dès le lendemain matin. Ensuite, ils se changèrent pour prendre le dîner en compagnie de leur hôtesse. Pour l'occasion, Henri avait préparé des plats andalous typiques : en entrée, un gaspacho, puis des oeufs à la flamenca en guise de plat de résistance, et du pan de Cadiz comme dessert. Pendant ce fort savoureux repas, Marie informa David et Clara que les techniciens de la compagnie ferroviaire préparaient l'aiguillage des voies pour leur voyage vers la capitale andalouse, et que leur travail serait achevé à temps pour leur départ. 

Et, en effet, le lendemain, à dix heures, les deux amis arrivèrent à Séville. La rencontre fatidique entre don José et Carmen devait se dérouler deux jours plus tard, ce qui leur laissait largement le temps pour agir. Ils consacrèrent leur première journée à visiter la grande cité, d'abord afin d'admirer des monuments aussi impressionnants que la cathédrale, la Giralda et le palais de l'Alcazar, mais aussi et surtout pour effectuer du repérage. Ainsi, ils localisèrent les arènes devant lesquelles les deux anciens amants devaient se retrouver, la maison du grand magistrat de la ville, et surtout la caserne où ils devaient se rendre le lendemain matin. David et Clara décidèrent de séjourner dans une auberge à proximité de cette dernière. 

Le jour suivant, à la première heure, les deux compagnons se rendirent à l'entrée de la caserne et informèrent la sentinelle qui souhaitaient s'entretenir avec l'officier en charge. Ils lui expliquèrent qu'ils détenaient des informations pouvant faciliter la capture de don José Navarro, l'ancien brigadier devenu contrebandier. Au début, le garde se révéla sceptique face aux affirmations de ces deux étrangers. Mais David et Clara parvinrent si bien à l'impressionner par leurs connaissances approfondies de la triste carrière du bandit qu'il se décida à informer son supérieur. Celui-ci reçut ses deux visiteurs dans son bureau. 

"Bonjour. J'ai été informé que vous aviez des informations au sujet du hors la loi Don José. Mais pourrais-je savoir comment vous en savez autant sur son compte?

- Voilà, capitaine, commença David. Tandis que nous visitions l'Andalousie, nous nous sommes liés d'amitié avec une jeune Navarraise nommée Micaëla, qui nous a raconté le triste destin de son ami. Nous avons ainsi appris que c'est son amour pour la bohémienne Carmen qui l'a conduit à devenir un criminel. Nous savons aussi que cette femme s'est lassée de lui, et qu'elle aime à présent le célèbre torero Escarmillo. Or, Don José est encore épris d'elle et n'accepte pas qu'elle ait choisi un nouvel amant. 

- Demain, devant les grandes arènes de Séville, Carmen sera présente afin de soutenir son amoureux tandis qu'il affrontera le taureau, continua Clara. Pendant le combat, elle viendra se confronter à don José venu la supplier de revenir à lui. C'est à ce moment que vous pourrez lui tendre une embuscade afin de l'arrêter. Mais il faudra agir vite, car un amant éconduit peut devenir très dangereux au point de tuer l'objet de sa passion. Néanmoins, vous bénéficierez de l'effet de surprise, car son esprit étant focalisé par la bohémienne, il ne se préoccupera pas de surveiller la présence de soldats."

L'officier resta silencieux pendant un moment. Bien qu'il fût ébahi en écoutant ces deux étrangers lui expliquer avec autant de détails la psychologie d'un criminel, il ne pouvait nier que leurs propos ne manquaient pas de bon sens. De plus, il ne souhaitait pas risquer de perdre une occasion de mettre la main sur un criminel aussi notoire. 

"Je vois. Je prendrai des dispositions afin que mes hommes se mettent en position afin d'arrêter don José Navarro, au cas où il viendrait comme vous l'affirmez. Néanmoins, sachez que vous ne toucherez la récompense pour sa capture que si celle-ci est couronnée de succès. 

- Capitaine, répliqua David, nous ne souhaitons pas d'argent. Nous ne demandons que deux faveurs en échange de notre coopération. D'abord, l'autorisation de visiter le prisonnier, et surtout, la possibilité d'une entrevue avec le grand magistrat de Séville. 

- Pour la visite, je vous l'accorde. Mais en ce qui concerne l'entretien, je ne pourrai vous donner de réponse qu'après l'arrestation du criminel. 

- Nous vous remercions, mon capitaine." conclut Clara. 

Et sur ces paroles, les deux amis prirent congé de l'officier et consacrèrent le reste de la journée à continuer leur découverte des beautés de Séville. 

Commentaires

Posts les plus consultés de ce blog

Les exploits héroïques du preux chevalier Roland : partie 27

Les exploits héroïques du preux chevalier Roland : partie 43

Les exploits héroïques du preux chevalier Roland : partie 42