Le train enchanté : chapitre 32
32) Escapade en montagne
En effet, le lendemain matin, à sept heures et demie, David et Clara, vêtus de vêtements chauds, de chaussures solides et portant chacun un sac à dos, rejoignirent Elisabeth Dulac à la sortie de l'hôtel. Les trois compagnons se mirent en route, et, après avoir quitté la ville, s'engagèrent dans un sentier qui s'enfonçait dans une forêt de conifères. Quelques minutes plus tard, David et Clara entendirent le son d'un cours d'eau qui devenait plus intense à mesure qu'ils avançaient.
"Le chemin que nous allons suivre remonte le cours d'un torrent, leur expliqua Elisabeth. Au cours de notre ascension, nous aurons l'occasion d'observer plusieurs cascades, qui font tout l'agrément de cette randonnée."
Quelques instants plus tard, ils avaient rejoint le cours d'eau. Le chemin montait en pente douce, mais continue, au milieu des arbres. La marche des promeneurs était agrémentée par le chant des oiseaux. Mme Dulac se passionnait pour l'ornithologie, et, de temps à autre, elle identifiait devant ses compagnons l'espèce qu'ils venaient d'entendre. Au bout d'un quart d'heure, le bruit du torrent devint de plus en plus intense. Les trois randonneurs arrivèrent bientôt à un pont qui traversait le cours d'eau. Une cascade d'une dizaine de mètres apparut devant leurs yeux. David et Clara furent émerveillés par le spectacle de l'eau qui se fracassait en contrebas de la chute, et dont ils pouvaient sentir les embruns sur le visage.
"Oui, je sais que c'est magnifique, dit Mme Dulac, mais vous verrez, nous en verrons d'encore plus impressionnantes sur notre itinéraire".
Et, en effet, une demi-heure plus tard, les randonneurs atteignirent une nouvelle chute d'eau, toute aussi remarquable que la précédente. Mais celle qui marqua le plus les esprits de David et Clara fut la troisième, une cataracte de plus de vingt mètres de haut.
"Cette cascade se situe en contrebas de la jonction des deux torrents qui alimentent celui que nous venons de remonter, leur expliqua Elisabeth. A présent, nous allons faire une petite pause pour profiter du spectacle et prendre une collation. En effet, à présent, le plus dur de la montée nous attend et vous aurez besoin de prendre des forces."
Les trois compagnons sortirent de leur sac une bouteille d'eau et quelques biscuits. Après s'être restaurés, ils reprirent leur route. La pente du sentier devint alors plus raide, et les promeneurs durent parfois s'aider de leur bâton pour avancer. Au fur et à mesure qu'ils avançaient, la forêt devenait de plus en plus clairsemée. Bientôt, des prairies alternèrent avec des bosquets de résineux. Occasionnellement, les trois compagnons pouvaient apercevoir des marmottes qui gambadaient dans l'herbe.
A onze heures, les randonneurs arrivèrent au bord d'un grand lac aux eaux transparentes. Devant eux, les montagnes qui se déployaient à perte de vue offraient un panorama magnifique. Mme Dulac s'adressa alors à David et Clara :
"Voici le but de notre promenade. Nous nous arrêterons ici pour déjeuner. Devant nous, vous pouvez voir les plus grands sommets du massif, y compris le point culminant, qui monte à plus de 3200 mètres au dessus du niveau de la mer. Ce lieu constitue un sanctuaire pour les grands rapaces. Avec un peu de chance, nous pourrons en apercevoir.
- Quelle magnifique promenade, s'enthousiasma David. Et nous sommes ravis de vous avoir comme guide, car vous paraissez connaître parfaitement ces montagnes.
- Je suis née dans cette région, et mes parents m'ont fait découvrir les beautés de ce massif dès ma petite enfance. J'aime profondément la nature, et dès que je dispose de temps libre, je le consacre à des randonnées dans les montagnes. Je regrette de n'avoir pas pu faire partager ma passion avec mon mari ; que voulez vous, lui préfère l'archéologie. Parfois, pour me faire plaisir, il m'accompagne. Mais si je veux faire une randonnée de plusieurs jours, je dois y aller toute seule. C'est pourquoi j'ai été ravie que vous ayez accepté de venir avec moi pour cette promenade, et que nous puissions profiter ensemble des beautés de mon pays.
- Tout le plaisir est pour nous" répliqua Clara.
Les trois compagnons s'assirent chacun sur un rocher, et commencèrent à manger les provisions qu'ils avaient apportées. Soudain, Elisabeth s'adressa à nouveau à ses compagnons en pointant le ciel :
"Regardez! Un groupe de vautours vole juste au dessus de nous!"
Et, en effet, David et Clara purent apercevoir une demi-douzaine de grands oiseaux qui déployaient leurs ailes dans le ciel d'azur. Au bout de quelques minutes, les rapaces avaient disparu derrière les montagnes.
Après le déjeuner, les promeneurs s'allongèrent un moment sur l'herbe. Néanmoins, à midi, Elisabeth annonça à ses invités qu'ils devaient prendre le chemin du retour afin qu'ils aient le temps de profiter du centre thermal. Mais, au moment où les randonneurs s'apprêtaient à partir, le lac leur offrit un dernier spectacle : sur une rive inaccessible aux promeneurs, une petite harde de chamois se désaltérait. Mme Dulac intima à ses compagnons de rester silencieux, afin de ne pas les effrayer. Après avoir bu tout leur soûl, les animaux s'enfoncèrent dans un petit bosquet de résineux. Les randonneurs quittèrent le lac pour redescendre vers la ville. Le chemin du retour fut un peu plus long, car Mr Dulac voulut éviter à ses compagnons une descente trop raide. Ils rejoignirent cependant le sentier qu'ils avaient suivi à l'aller au niveau de la cascade située près de la jonction des torrents. Vers quatre heures de l'après-midi, David, Clara étaient de retour à leur hôtel.
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