Le train enchanté : chapitre 13
13) Affrontement contre Tybalt
Le petit groupe s'était réfugié dans une ruelle étroite, à l'abri des regards. Roméo s'adressa à voix basse à David et Clara :
"Nous ne pourrons rester cachés ici. Tybalt me cherche et, tôt ou tard, il me trouvera, et je serai forcé de le combattre que je le souhaite ou non. Comment faire pour venger la mort de mon ami tout en évitant de tuer son assassin?"
David répondit
- En tuant Mercutio, Tybalt a violé les lois de Vérone de la pire manière. Aussi, ne doutez pas que la justice du prince se révèlera implacable à son égard, d'autant que la victime n'est autre que son parent. Aussi, la meilleure manière de punir ce meurtrier consiste à le capturer afin de le livrer aux gardes de la ville afin qu'il reçoive son juste châtiment. Son crime a certainement dû alerter les citoyens de Vérone. Il nous suffira de l'empêcher de s'enfuir. Voici comment nous devons procéder"
De son côté, le jeune Capulet courait le long de la promenade, tout en hurlant :
"Où es tu infâme Roméo? Viens donc, afin que je te fasse rejoindre ton camarade. Cesse de te cacher, et bats toi, espèce de lâche.
Soudain, Roméo apparut devant lui :
"Me voici Tybalt. Tu as tué Mercutio, et il est temps pour moi de le venger. Viens à moi, infâme Capulet"
Et les deux hommes commencèrent le combat. Tybalt se battait avec toute la fureur de sa haine, tandis que Roméo se contenter de parer les coups de son adversaire. De plus, il ne cessait de reculer, afin de laisser croire à Tybalt qu'il avait l'avantage sur lui. Ainsi, exalté par sa victoire imminente, ce dernier ne se rendait pas compte que le jeune Montaigu le manipulait afin qu'il le suive. Bientôt, le duel se poursuivit le long d'une rue. Au milieu de celle-ci, une ruelle s'ouvrait sur la droite. A l'instant où Tybalt passa devant celle-ci, Benvolio bondit sur lui. Deséquilibré, le jeune Capulet tomba au sol, et le choc lui fit lâcher son épée. Immédiatement, David et Clara se jetèrent à son tour sur Tybalt afin de le maintenir au sol par leur poids. Les Montaigu avaient été très réticents à impliquer une dame dans le combat, car ce n'était pas sa place, mais la jeune institutrice insista, leur expliquant que bien qu'elle fût une "faible femme", son poids ne serait pas de trop pour immobiliser leur ennemi. Et Benvolio fut bien forcé d'admettre qu'elle avait eu raison, car Tybalt se débattait si sauvagement que deux personnes n'auraient probablement pas suffi à l'arrêter. Mais le jeune Capulet ne put que constater qu'il était vaincu, et sa fureur n'en fut que plus grande.
"Lâche, lâche, ignoble lâche hurlait-il. Voici donc comment se battent les Montaigu. Non seulement ils n'affrontent leurs adversaires qu'à quatre contre un, mais en plus ils font appel à des femmes."
A cet instant, Roméo, qui avait saisi l'arme de son adversaire, s'approcha de lui l'épée à la main :
"Allez, vas y, tue moi, ignoble Montaigu. Je suis désarmé et à ta merci. Tu peux venger ton ami. Alors, qu'attends tu infâme? Vas y!
Mais Roméo ne bougea pas et considéra avec mépris son adversaire à terre.
"Non, Tybalt, je ne te tuerai pas. Crois tu que je vais te laisser échapper au déshonneur que tu mérites après avoir tué mon cher Mercutio? Tu ne vaux pas la peine que je souille mes mains avec ton sang. Que le prince décide de ton sort."
Quelques instants plus tard, des citoyens armés les rejoignirent.
"Où est Tybalt, ce meurtrier qui a assassiné Mercutio?
- Il est à terre, répondit Benvolio, mais son coeur bat encore.
- Qu'on le saisisse"
Bientôt, Tybalt fut relevé et fermement maintenu par trois solides gaillards. Quelques minutes plus tard, le prince de Vérone, Escalus, accompagné de ses gardes et des couples Capulet et Montaigu arriva à son tour:
"Qui est le responsable de cette abominable rixe qui a coûté la vie à mon cher parent?
Benvolio répondit :
"C'est Tybalt ici présent qui est coupable. Il avait volontairement injurié Roméo afin de le provoquer en duel. Mais mon cousin refusa de céder à sa provocation, et lui parla avec humilité pour calmer sa fureur. Malheureusement, outragé par cette soumission apparente, Mercutio se jeta au combat, et cela malgré les supplications de Roméo, qui tentait d'arrêter le duel. Hélas, il n'y parvint pas, et votre téméraire parent fut tué par le jeune Capulet. Mon cousin, affligé par cette mort, envisagea un moment de venger son ami. A ce moment, deux inconnus arrivèrent, et, pour une raison que j'ignore, parvinrent à le persuader de livrer le coupable à la justice plutôt qu'à assouvir lui-même sa vengeance. Ensemble, nous réussîmes à mettre Tybalt hors d'état de nuire, et à présent le voici prêt à faire face à votre jugement.
- Ainsi, la haine qui déchire vos clans a fait une nouvelle victime, et c'est ma propre famille qui est touchée. Que ton nom soit à jamais deshonoré, Tybalt Capulet. En revanche, il me faut féliciter le remarquable sang froid des jeunes Montaigu, qui ont choisi la justice plutôt que la vengeance, et ont ainsi permis la capture du coupable. Emmenez ce meurtrier en prison, en attendant que je décide de son sort. De plus, je convoque les familles Montaigu et Capulet dans mon palais ce soir à huit heures précises, afin qu'ils connaissent les conséquences qu'ils doivent endurer à la suite de ce crime qui me frappe aussi cruellement et dont ils portent la responsabilité."
Sur ces mots, Escalus se retira, accompagné de ses gardes, qui emmenait Tybalt avec eux. Capulet et son épouse partirent à leur tour, avec une expression de profonde appréhension sur leurs visages, car ils savaient qu'ils étaient la principale cible de la fureur du prince. Quant à Montaigu, il s'approcha de Roméo et lui parla avec bienveillance :
"Mon fils, je ne peux que te féliciter pour ta conduite si raisonnable. En livrant Tybalt au prince, tu as réussi à t'attirer sa faveur, et je ne doute pas que notre famille bénéficiera de son indulgence.
- Mon père, répondit Roméo en lui indiquant David et Clara, ce sont ces jeunes gens que vous devez remercier, car sans eux, je me serais peut être laissé entraîner à tuer le meurtrier de mon ami. Heureusement, ils ont réussi à m'aider à contrôler ma fureur, et ainsi, nous permettre d'échapper à la disgrâce, même si rien, hélas ne pourra ramener mon pauvre Mercutio à la vie."
Les parents de Roméo s'inclinèrent devant ce couple inconnu qui avait porté secours à leur fils. David s'adressa à eux :
"Seigneur Montaigu, madame, tout le mérite revient au frère Lorenzo, qui nous a confié la responsabilité de protéger votre fils. Plus que nous, c'est lui qui mérite votre gratitude
- Et nous ne l'oublierons pas. Mais venez donc souper ce soir avec nous. C'est la moindre des choses que nous pouvons faire pour vous remercier. Bien évidemment, le frère Lorenzo est aussi convié."
David et Clara acceptèrent avec plaisir. Néanmoins, avant de se rendre chez leur hôte, ils décidèrent d'abord de se rendre chez le moine afin de lui rapporter les évènements de cette terrible journée.
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