Rudy et Myriam contre le château maudit : partie 8

 8) Le bal des jeunes mariés

De leur côté, après avoir franchi le couloir infesté de rats, Elie, Sarah, Jessica et David arrivèrent devant deux escaliers, l'un menant vers l'ouest, l'autre vers l'est. Ce dernier était envahi par d'innombrables serpents. Même si ceux-ci se révélèrent non venimeux, leur présence se révéla dissuasive pour Jessica, qui affirma à Elie qu'elle ne se confronterait jamais à eux. David, en mari dévoué, se solidarisa avec son épouse. En revanche, le frère de Myriam décida d'affronter les reptiles en compagnie de Sarah. 

Tandis qu'ils montaient l'escalier, Jessica et son mari entendirent une musique qui semblait venir du rez-de-chaussée. En se rapprochant, ils réalisèrent que le morceau n'était autre qu'une valse orchestrale. Après avoir fini de gravir les marches, ils arrivèrent dans une antichambre, qui paraissait servir de vestiaire, et au fond de laquelle une porte menait vers la pièce d'où la musique paraissait provenir. A peine Jessica et David y avaient pénétré qu'ils s'arrêtèrent, frappés par la magnificence de la salle, qui était sans nul doute la plus grande et la plus somptueuse du château, avec son plafond en bois décoré de motifs végétaux en or,  et ses colonnes en pierre disposées régulièrement le long des murs ouest et est. Entre chaque colonne, des tableaux d'excellente facture étaient fixés au dessus de lambris en bois de noyer. Certains représentaient des scènes mythologiques, tels que la délivrance d'Andromède par Persée, les douze travaux d'Héraclès ou des épisodes de l'Odyssée, tandis que d'autres montraient des scènes de la vie quotidienne de paysans dans les champs, ou de nobles dans leur manoir. Un grand escalier au fond de la salle montait vers de grandes portes vitrées qui menaient certainement vers une terrasse ou un balcon. Des lustres en cristal disposés sur l'ensemble de la pièce éclairaient ce qui se révélait être sans aucun doute la salle de bal du château. David et Jessica ne se lassaient pas d'en admirer les splendeurs,  d'autant que la valse qui y était jouée ne faisait que renforcer l'atmosphère romantique qui y régnait. Se remémorant avec émotion leurs propres noces qui avaient eu lieu à peine une semaine plus tôt, ils se laissèrent entraîner, sans y penser, à entamer ensemble quelques pas de danse. Bientôt, tous deux valsèrent avec passion, tournoyant au dessus du plancher en bois massif. Au bout d'une dizaine de minutes, un peu fatigués, les deux amoureux décidèrent de quitter la salle de bal, mais au moment où ils voulurent se séparer, ils réalisèrent que leur corps ne leur obéissait plus. Leurs mains semblaient collées au corps de l'autre, leurs jambes continuaient de bouger de leur propre accord, et malgré toute leur volonté, ils ne pouvaient s'empêcher de danser. Jessica et David comprirent trop tard que la salle de bal était enchantée, et que les imprudents qui commençaient à y valser étaient condamnés à ne jamais pouvoir s'arrêter. Quelques instants plus tard, la porte de la pièce se verrouilla d'elle-même, y enfermant le malheureux couple. Mais le cauchemar ne faisait que commencer, car David et Jessica découvrirent avec horreur l'origine de la musique qui résonnait dans la salle de bal. En effet, ils virent apparaître l'un après l'autre les instruments d'un orchestre de chambre qui semblaient jouer de leur propre accord la terrifiante valse. Les archets frottaient les cordes, les baguettes flottaient dans l'air avant de frapper les timbales, tandis que les clefs et les pistons des instruments à vents s'ouvraient et se fermaient au fil de la mélodie. David et Jessica se pressaient l'un contre l'autre pour se donner du courage face à cet orchestre fantôme qui les encerclait tandis qu'ils continuaient leur valse sans fin. 

Dans le donjon, Lucie s'adressa au terrible sorcier Black : 

"J'admire la manière dont tu as réussi à mêler romantisme et horreur dans cette salle de bal. Quel piège approprié pour un couple de jeunes mariés. Cela dit, ne crains tu pas qu'ils ne s'épuisent en dansant ainsi sans pouvoir s'arrêter?

- Ne t'inquiète pas, Lucie. L'enchantement que j'ai installé dans cette pièce les contraint certes à danser, mais leur donne aussi l'énergie nécessaire pour le faire sans se fatiguer. Quand je les libèrerai, ils seront aussi dispos qu'au moment où ils ont commencé leur valse.

- Je vois que tu as toujours le souci de protéger tes victimes quand elles tombent en ton pouvoir. 

- Il le faut. Je ne suis pas un tortionnaire, et je ne voudrais pas qu'il arrive quoi que ce soit de fâcheux à ces braves gens. 

- En tout cas, si après tout cela, ils ne comprennent pas l'importance de ne pas se laisser paralyser par une phobie, je puis affirmer que leur cas est désespéré. 

- Quoi qu'il en soit, voici déjà plus de la moitié de l'expédition qui est tombée dans mes pièges. Si cela continue comme cela, cette pauvre Myriam ne sera jamais délivrée. 

- Tant qu'il reste des combattants en lice, y compris d'ailleurs Myriam elle-même, la partie n'est pas terminée. 

- En effet. J'ai hâte de savoir lesquels parviendront à atteindre le donjon. HAHAHAHA"

 

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