Rudy et Myriam contre le château maudit : partie 16

18) Myriam à la chapelle 

Myriam ouvrit la porte au fond du couloir et arriva dans la chapelle du château. Elle fut accueillie par le frère Thomas qui lui proposa de prier le Seigneur Jésus Christ en communion avec lui et ses compagnons. Myriam n'avait bien évidemment aucune envie de consentir à sa demande, d'une part parce qu'en tant que juive, elle ne souhaitait pas se livrer à une pratique qu'elle considérait comme idolâtre, mais aussi et surtout parce qu'elle ne voulait pas perdre de temps. Néanmoins, elle devait trouver un moyen d'éconduire ces religieux de manière à ne pas provoquer leur courroux, car dans un tel château, elle pouvait s'attendre au pire. Aussi, elle répondit à frère Thomas : 

"Mon père, j'aurais volontiers souhaité me joindre à vous pour prier Notre Seigneur. Mais malheureusement, je dois me rendre au donjon du château sans perdre une minute, car il en va du salut de l'âme immortelle de mon mari. 

- Le salut de son âme? s'étonna le moine. Que voulez vous dire, ma fille? 

- Mon père, un sorcier m'a enlevée et m'a emmenée dans ce château, puis a défié mon mari de se rendre à son donjon pour me délivrer. Mais en réalité, son véritable objectif est de le faire tomber dans un piège diabolique où il le conduirait à commettre le péché mortel d'adultère avec une femme qu'il a faite passer pour moi. C'est pourquoi je dois absolument arriver avant lui afin d'empêcher cette ignominie et sauvegarder la fidélité de mon époux. Vous comprenez bien que dans une telle situation, chaque minute compte."

Frère Thomas fut impressionné par la vertu de cette femme qui veillait si bien à préserver l'âme de l'homme avec lequel elle s'était unie devant Dieu. Comprenant le caractère sacré de sa mission, il la conduisit immédiatement vers la porte ouest de la chapelle et lui indiqua le chemin de la bibliothèque afin qu'elle y trouve l'accès au donjon. Myriam remercia ce serviable ecclésiastique avant de prendre la direction de l'ouest. Lorsqu'elle arriva dans le salon, elle repéra immédiatement l'ouvrage sur les châteaux enchantés que ses frères et Rudy avaient laissé sur la table. Myriam feuilleta l'ouvrage et retrouva rapidement les informations dont elle avait besoin. Elle quitta alors la bibliothèque pour monter au premier étage du château. 

19) L'épée enchantée

Après avoir descendu les marches de l'escalier du donjon, Rudy arriva dans une chambre aux murs de pierre, qui était complètement vide à l'exception d'un grand bloc de roche de forme parallélépipédique sur lequel était posé un coffre en bois. Comme celui-ci n'était pas verrouillé, le jeune homme put l'ouvrir sans peine. Il y trouva une grande épée à la lame d'un acier de haute qualité et au manche couvert d'une feuille d'or. A côté de l'arme était posé un parchemin sur lequel avait été écrit en caractères gothiques : 

"Epée Duranlibur

Cette arme fut forgée par le plus habile et le plus pieux des artisans de son temps. A l'instant où elle fut achevée, elle enchantée par Jérôme Antoine, le mage blanc de Soissons. Ainsi, elle détient le pouvoir de neutraliser tous les maléfices dirigés contre celui qui la tient entre ses mains, même ceux des sorciers les plus puissants."

Même si Rudy ne croyait pas en toutes ces balivernes, il n'était pas fâché de posséder cette arme pour se défendre contre son ennemi. De plus, il n'avait rien à perdre ; qui sait, peut être qu'elle lui permettrait réellement d'échapper aux sortilèges qui lui lancerait le sorcier? Après avoir silencieusement remercié Louis de l'avoir si judicieusement conseillé, il remonta l'escalier pour rejoindre son adversaire au sommet du donjon. L'heure du combat avait enfin sonné!

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