Rudy et Myriam contre le château maudit : partie 15

17) Rudy contre les fantômes.

Lorsque Rudy arriva dans la chambre, il repéra immédiatement sur le mur est le tableau au cadre doré.  Comme Sarah, il entendit le rire sinistre des fantômes, mais il n’y prêta pas attention. Après avoir décroché le portrait, il le posa sur le lit, puis retourna vers le mur afin de l’inspecter plus attentivement. Il chercha des yeux la moindre fente, le moindre interstice qui pourrait indiquer une éventuelle ouverture. Il en palpa toute la surface, poussant même devant lui dans l’espoir de révéler l’issue. Malheureusement, le mur resta complètement immobile. De leur côté, les fantômes hurlaient, ricanaient afin de l’effrayer, mais Rudy les ignora. Même lorsqu’ils apparurent devant lui en traversant le mur, il se contenta de se détourner afin de ne pas voir les grimaces épouvantables qu’ils lui adressaient. Rudy continua à fouiller la chambre de fond en comble, inspectant les autres murs, le lit, la table de chevet et même les fenêtres dans l’espoir de trouver un bouton, un interrupteur, un levier qui permettrait de révéler le passage secret. De leur côté, les fantômes mobilisaient tous leurs efforts afin de terrifier le jeune homme. Mais Rudy ne se laissa pas impressionner même lorsqu’ils lui parurent sous la forme d’un démon et d’un dragon. Loin d’être terrorisé, il paraissait plutôt exaspéré par l’attitude des spectres, ce qui ne manqua pas de les déconcerter. Lorsque toutes ses recherches se révélèrent vaines, le jeune marié commença à ressentir un profond découragement. C’est à ce moment que l’un des fantômes posa sa main squelettiques sur l’épaule droite de Rudy. Ce dernier, qui était déjà complètement à bout, ne parvint plus à contenir sa rage après cet ultime affront. Il se dressa face aux spectres et leur hurla d’une vox pleine de colère.

« Ca suffit maintenant, j'en ai marre. Vous ne croyez pas que je n’ai pas eu une journée assez difficile comme ça ? Le jour même de mon mariage, ma bien aimée se fait enlever par un sorcier à l'aide d'un nuage ensorcelé. Pour la retrouver, je dois d’abord faire des dizaines de kilomètres à toute vitesse en voiture. J’arrive devant ce château dans laquelle elle est séquestrée, et son ravisseur me défie de le rejoindre dans son donjon afin de l’affronter. N’ayant pas d’autre choix pour délivrer mon épouse, je pars en compagnie de mes beaux-frères et de quelques uns de nos amis pour explorer ce maudit château. Les uns après les autres, mes malheureux compagnons disparaissent, parfois devant mes yeux, victimes des horribles créatures qui hantent le domaine, et à présent, me voilà tout seul. En plus, j’ai dû me farcir un repas infect avant de trouver un indice pour accéder au donjon. J’arrive enfin dans cette chambre, où se situe le passage secret qui y mène. Je me démène comme un fou, je cherche cet accès, et je ne trouve rien. Et en plus, je dois subir votre harcèlement, vous qui êtes déjà responsables de la disparition de mon amie Sarah ? Mais vous aurez beau faire, vous ne parviendrez pas à me chasser d’ici. Je trouverai cette fichue issue pour rejoindre ma bien-aimée, même si je dois détruire cette chambre pierre par pierre. Car à présent, non seulement ma chère Myriam, mais aussi tous ceux qui sont venus avec moi pour la délivrer, comptent sur moi pour que je les sauve. Et je le ferai, et rien ne m’arrêtera et surtout pas vous. Alors, laissez moi tranquille ! »

Stupéfaits et quelque peu intimidés par la violente réaction de Rudy, les fantômes l’avaient écouté avec la plus grande attention. Soudain, ils se métamorphosèrent pour prendre une apparence humaine, et Rudy reconnut alors le couple représenté sur le tableau. A sa grande surprise, il constata que les visages des spectres exprimaient à présent de la compassion et de la sympathie.

La femme parla alors d’une voix très douce :

« Donc, c’est l’amour et l’amitié qui motivent vos actions. Je comprends à présent bien mieux pourquoi nous ne sommes pas parvenus à vous effrayer.

- Vous croyez que je me peux me payer le luxe d’avoir peur lorsque ma femme et mes amis sont en danger ?

- Non, en effet, approuva l’homme fantôme. Cela montre bien la force de vos sentiments et votre loyauté. Et croyez bien que mon épouse et moi ne pouvons qu’admirer votre attitude. Car l’amour, l’amitié sont des sentiments sacrés pour nous. Je suis Louis, comte de Soissons, et voici ma femme Maria. Nous avons vécu ensemble dans ce château il y a près de 250 ans, et nous nous aimions tellement que même la mort n’a pu nous séparer, comme vous avez pu le constater. A qui avons-nous l’honneur de nous adresser ?

- Je m’appelle Rudy, répondit poliment le jeune homme, un peu pris au dépourvu par la soudaine cordialité des fantômes.

- Enchanté de faire votre connaissance, répliqua Maria. Votre courage et votre dévouement à votre femme et à vos proches nous ont tellement touchés que mon époux et moi-même souhaitons vous apporter notre assistance.

Rudy était ébahi :

« Après avoir fait tant d’efforts pour m’effrayer, à présent vous voulez m’aider ?

- Nous sommes toujours prêts à nous mettre au service de l’amour et de l’amitié, répondit Louis.

- Dans ce cas, pouvez vous me révéler comment je peux découvrir l’issue secrète qui mène au donjon ?

- Il existe une porte située à l’emplacement exact où vous avez trouvé notre portrait qui vous permettra d’y accéder, répondit Louis. Néanmoins, le seul mécanisme d’ouverture se situe derrière le mur de cette tour. Aussi il est inutile pour vous de continuer à fouiller cette pièce. »

En entendant cela, Rudy ne put réprimer un rire amer :

« J’aurais dû m’en douter. Je me disais bien que c’était trop beau pour être vrai, ce livre qui nous révélait aussi facilement l’accès au donjon. Pourquoi le sorcier nous laisserait un indice aussi évident ? A présent je comprends bien mieux ! Quel raffinement dans la cruauté ! Nous donner pendant un moment de l'espoir pour mieux le détruire ensuite. Je parie qu’il doit jubiler maintenant en me voyant aussi affligé et abattu. »

Maria ressentit une profonde peine devant la détresse du jeune homme.

« Ne vous découragez pas, monsieur Rudy. Ce n’est pas parce que vous ne pouvez pas ouvrir la porte depuis cette chambre que vous ne parviendrez pas à atteindre le passage secret et rejoindre votre bien aimée. 

- Et comment je ferais ? Ce n’est pas comme si je pouvais traverser les murs pour ouvrir la porte de l’intérieur. Et d’ailleurs, dans ce cas, cela ne présenterait aucun in… »

Soudain, il s’interrompit, frappé par l’idée qui venait d'émerger dans son esprit

« Mais pourquoi n’y ai-je pas songé plus tôt ? Moi, je ne peux pas traverser les murs, mais vous si. Consentiriez vous à m’ouvrir la porte du passage secret ?

- A une condition, répliqua Louis

-Laquelle ? demanda Rudy, soudain frappé d’inquiétude devant cette exigence inattendue

- Simplement que vous nous le demandiez gentiment » répondit le comte en souriant.

A présent rassuré, le jeune marié s’adressa aux deux spectres :

« Seigneur Louis, madame Maria, auriez vous l’amabilité de m’ouvrir la porte secrète menant vers le donjon du château, je vous prie ?

-Mais avec le plus grand plaisir » répondirent en choeur les deux fantômes avec un grand sourire.

Le couple traversa alors le mur est de la chambre. Quelques instants plus tard, Rudy vit une partie de la paroi se détacher du reste pour s’enfoncer vers l’intérieur. Le jeune homme passa à travers l’ouverture, et arriva au niveau d’un palier d’où montait et descendait un grand escalier en colimaçon qui était éclairé par des chandeliers fixées à intervalles réguliers sur les murs. Il y retrouva Louis et Maria.

« En montant ces marches, vous rejoindrez le sommet du donjon, déclara le comte. Mais avant de vous y rendre, je vous conseille de descendre au préalable au bas de l’escalier. Vous y atteindrez une pièce où vous trouverez un objet qui pourra vous aider dans votre noble entreprise. »

Rudy était profondément touché par la sollicitude des fantômes

« Monsieur le comte, madame Maria, je ne saurais vous exprimer ma gratitude pour tout ce que vous avez fait pour moi.

- Aimez votre épouse autant que nous nous sommes aimés, répliqua la comtesse. Votre bonheur sera notre récompense. »

Sur ces dernières paroles, le couple de fantômes referma la porte secrète puis disparut. Rudy descendit alors les marches. La confrontation était imminente, et il n’était plus temps de reculer.

 De son côté le sorcier et Lucie avait suivi tous ces évènements depuis le donjon.

« Franchement, tu dois admettre que le courage et la détermination de ce garçon forcent le respect, pour qu’il soit parvenu ainsi à toucher le cœur de Louis et Maria.

- Tu as raison, Lucie. Il a bien mérité de me faire face afin de délivrer sa bien aimée. A présent nous devons être prêts à le recevoir. Je vais à nouveau te donner l’apparence de l’épouse de ce jeune homme. »

Quelques instants plus tard, Myriam apparut enchaînée à la colonne.

« Il ne reste plus qu’à attendre l’arrivée de mon valeureux époux » déclara la fausse mariée.

Les deux amis rirent de bon cœur tandis que Rudy se préparait à son tour au terrible combat.

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