Rudy et Myriam contre le château maudit : partie 6

 6) Une pauvre demoiselle en détresse

De leur côté, Elie et ses amis avaient rejoint le château par l'est, et se mettaient à la recherche d'une entrée. Par prudence, Elie avait décidé d'éviter l'entrée principale, craignant d'être trop aisément repéré. Tandis qu'il déambulait devant la face nord du château, son pied entra en contact avec une surface dure. En baissant les yeux, il constata qu'il se situait au-dessus d'une trappe en bois, qui pouvait être soulevée grâce à un anneau en acier qui y était fixé. Il devina aisément que cette porte permettait l'accès aux souterrains du château, et appela ses amis pour qu'ils le rejoignent. Au dessous de la trappe, une échelle en acier permettait de descendre dans le passage souterrain. Les intrépides aventuriers s'engagèrent dans ce puits qui aboutissait à une galerie qui partait dans la direction du château. Après avoir marché une vingtaine de mètres, le groupe arriva au niveau d'une bifurcation : un chemin menait vers le sud, tandis qu'un autre était orienté en direction de l'est. Un débat commença pour décider de la route à suivre : Elie proposa de prendre le couloir sud, qui devait certainement mener vers la partie centrale du château ce qui apportait un plus grand potentiel d'exploration. Tous l'approuvèrent, à l'exception d'Igal, qui souhaitait choisir le couloir est. En réalité, ce dernier avait constaté que le tunnel sud était infesté de rats, et qu'une odeur pestilentielle s'en dégageait, et il ne voulait pas s'y confronter. Finalement, Elie se résolut à laisser Igal partir vers l'est, tandis qu'il défia les rats et leur puanteur avec ses autres compagnons. 

Igal avait parcouru quelques mètres lorsque la galerie fit un coude pour se diriger vers le sud. Mais à peine avait il franchi l'angle qu'il crut entendre une femme qui gémissait. La voix devenait de plus en plus forte à mesure qu'il avançait, et bientôt, il vit sur le mur ouest de la galerie une porte en bois. A ce moment, il réalisa que ces gémissements étaient en réalité des cris qui étaient étouffés par la cloison. A présent, il pouvait clairement distinguer les propos de la malheureuse : 

"Au secours! A l'aide!"

Prudent, Igal entrebâilla la porte. En regardant à travers la fente, il constata qu'elle menait à une prison souterraine. Plusieurs cachots s'alignaient au fond de la salle, dont une qui était occupé par une jeune fille. Comme il ne vit nulle autre âme dans cette prison, il se risqua à entrer. Il put mieux distinguer la prisonnière. C'était une femme blonde de petite taille, qui ne devait pas dépasser les trente ans. Elle portait des vêtements en loques, et était pieds nus. Ses poignets qui s'agrippaient aux barreaux de sa cellule était  reliés par de lourdes chaînes, de même que ses chevilles. Elle ne cessait de crier et de pleurer en s'agitant. Dès que la malheureuse vit Igal, elle bondit de surprise: 

"Qui êtes vous? Vous n'êtes pas l'un d'entre "eux" n'est ce pas?

- Vous voulez dire, un serviteur du sorcier? Non, rassurez vous, au contraire, je suis dans le camp de ses ennemis."

Le visage de la jeune fille exprima alors une joie extraordinaire :

"Mes prières ont fini par être entendues. Je vais enfin être sauvée! Sortez moi d'ici, je vous en supplie!

Igal répondit, un peu embarrassé: 

"Je le voudrais bien, mais comment puis-je le faire? 

La prisonnière répondit : 

"Les clés du cachot sont certainement au niveau de la table du garde. Vite, dépêchez vous, avant qu'il ne revienne."

Igal se dirigea vers le meuble, qui comportait plusieurs tiroirs, et les fouilla. Il trouva un trousseau de clés, et se dirigea vers le cachot de la jeune fille. Finalement, il parvint à trouver la clef du cachot, et ouvrit la porte. Il repéra aussi une petite clé qui lui permit de libérer la malheureuse de ses chaînes. Quand elle fut enfin délivrée, la jeune fille prit Igal dans ses bras, ne cessant de verser des larmes de joies : 

"Merci, ô, merci du fond du coeur. Vous êtes mon héros, vous êtes mon sauveur.

- Oui, bien sûr, répondit le brave homme. Mais à présent, nous devons vite partir d'ici avant que le garde ne revienne"

Tandis qu'ils rejoignaient la galerie, la jeune fille raconta son histoire. Elle s'appelait Mina, et avait engagée quelques jours auparavant au château comme domestique. A son troisième jour de travail, le maître du château avait demandé à ce qu'elle vienne le voir, car il souhaitait s'entretenir avec elle. Elle se rendit sans méfiance dans le bureau de son employeur, qui commença à lui donner de nouvelles instructions pour son ouvrage quotidien. Mais, au bout de quelques minutes, elle ressentit comme une immense fatigue et finit par perdre connaissance. Lorsqu'elle revint à elle, elle était enfermée dans ce cachot souterrain, les poignets et le chevilles enchaînées, et elle ne portait plus comme vêtement que cette robe blanche rapiécée. Elle commença alors à crier à l'aide, mais personne ne répondait. Finalement, une femme brune arriva et lui parla d'un ton mauvais : 

"Cela ne sert à rien de crier, personne ne va t'entendre. A présent, tu es en notre pouvoir, et notre Maître a de grands projets pour toi. Tu ne ressortiras jamais vivante de ce château. HAHAHAHAHA"

Après avoir proféré cet horrible rire, l'abominable femme la laissa seule. Peu après un garde arriva pour la surveiller et lui donner juste assez à boire et à manger pour la maintenir en vie. 

"Donc, ce monstre n'en était pas à son coup d'essai.

Surprise, Mina lui demanda : 

- Coup d'essai? Que voulez vous dire? 

Et Igal lui raconta que la soeur de l'un de ses amis avait été enlevée le jour de son mariage par le sorcier et qu'il était venu dans ce château pour la délivrer, et que, pour cela, il devait trouver l'accès au donjon où la jeune femme était retenue prisonnière. Mina était admirative devant le courage de son libérateur, et s'adressa à lui en ces termes : 

"Monsieur, je ne veux pas voir une autre innocente subir le même sort que moi. De plus, je souhaiterais vous témoigner ma reconnaissance pour m'avoir sauvée. En tant que servante, j'ai eu l'occasion de parcourir le château, et je peux vous aider à trouver le chemin qui mène au donjon.

- Vraiment? répliqua Igal avec enthousiasme. Pouvez vous m'y emmener? 

- Pour me faire capturer de nouveau? Non, je ne vais pas prendre un tel risque . Mais je vais vous amener le plus loin qu'il me sera possible sans compromettre mes chances de salut."

Bientôt, les deux compagnons arrivèrent à un escalier qui menait à un couloir qui longeait le mur est du château. Au milieu de la galerie, Mina s'arrêta au niveau d'une porte qu'elle ouvrit :

"Dans cette salle, vous trouverez un escalier qui mène droit au donjon. Moi, je ne peux pas aller plus loin"

Après que son compagnon eût pénétré dans la pièce, la jeune fille ferma la porte derrière lui. Igal commença à parcourir la salle, qui était spacieuse, mais plongée dans la pénombre. Mais l'élément qui e frappa le plus dans cette pièce était son plafond, qui ressemblait à un ciel étoilé. A son centre, il distingua un disque lumineux qui évoquait à s'y méprendre une pleine lune. L'effet était si réaliste qu'il parvint même à distinguer quelques constellations. Mais alors qu'il contemplait ce ciel plus vrai que nature, il entendit soudain un grognement sourd derrière lui. Lorsqu'il se retourna, il poussa un cri de frayeur. Il distingua à travers le clair de lune un énorme loup qui s'approchait lentement de lui et le fixait avec une expression fort inamicale en lui montrant ses crocs acérés. Igal courut afin d'échapper au terrible animal, mais en quelques instants, le loup l'avait rejoint, et d'un bond, plaqua le malheureux au sol. Ecrasé par le poids de la bête, Igal ne parvint pas à se relever. De toute façon, il réalisa qu'il n'avait aucune chance d'échapper à un si terrible fauve. Ce loup paraissait avoir une force surhumaine, car il le souleva avec sa gueule et l'emmena avec lui. Ou plutôt, elle le souleva, car il s'agissait d'une louve, et plus précisément d'une louve-garou. En effet, ce monstre n'était autre que Mina qui s'était fait passer pour une prisonnière du sorcier pour entraîner ses "sauveurs" dans un piège diabolique. Après avoir laissé Igal, elle était discrètement revenue dans la salle, dans laquelle le pouvoir de la pleine lune lui permettait de se métamorphoser en louve et ainsi, de capturer sa victime. 

Dans le donjon, Lucie et Morgan n'avaient cessé de rire en observant la jeune fille jouer la comédie de la demoiselle en détresse pour conduire Igal à sa perte.

"Tu dois quand même reconnaître que Mina s'est surpassée, affirma Lucie. Elle a dû bien s'amuser en manipulant ce garçon. 

- Je m'en doute. Il est si facile de duper les hommes en leur donnant l'occasion de paraître un héros aux yeux d'une jolie jeune fille. Et puis la manière dont elle a fait allusion à toi m'a bien fait rire. 

- D'ailleurs, il faudra bientôt que tu me détaches afin que je puisse m'occuper de Mina. En effet, il faut bien que l'abominable femme brune la capture à nouveau. De plus, tu sais à quel point elle aime que ce soit moi qui lui mettes ses chaînes et l'enferme dans son cachot. 

- Et toi aussi, cela te fait plaisir, répliqua le sorcier d'un ton malicieux. Après tout, c'est aussi pour jouer avec Mina que tu es venu m'aider dans mon entreprise diabolique.

- En effet, Morgan"

Tous deux poussèrent un rire diabolique tandis que Lucie était délivrée de ses entraves. Quelques instants plus tard, elle fut téléportée dans la prison souterraine où Mina l'attendait. Après avoir à nouveau enfermée son amie, Lucie fut rejointe par Morgan Black, qui la ramena avec lui dans le donjon.

 

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