La véritable histoire de Barbe Bleue : partie 3
3) Le mariage de Madeleine
J'ai épousé Albert il y a près de quinze ans. J'étais jeune, sans expérience de la vie, et mes parents ont décidé de mon sort sans même me demander mon avis. Mon mari se révéla extrêmement gentil, mais je n'étais pas heureuse. Je me sentais complètement prisonnière de cette vie de grande dame, qui devait faire honneur à son illustre époux et se plier aux conventions sociales liées à son rang. A cause de cela, Albert et moi nous disputions régulièrement, et bientôt notre vie conjugale devint un enfer. Nous en avions tous deux parfaitement conscience, et nous en souffrions, car nous nous aimions profondément. Albert savait que je ne supportais plus cette vie d'épouse dévouée. Il me proposa de me répudier, mais je refusai, car non seulement je ressentais toujours de l'amour pour lui, mais surtout parce que je savais que dans ce cas, mes parents me marieraient à un autre homme. Nous convinment tous deux qu'afin que je reprenne ma liberté, il fallait que je disparaisse. Près du château, il existe une grande tour qui avait servi de prison. Même si celle-ci est à présent murée, mon époux connaissait l'existence d'un passage souterrain qui conduisait de l'aile sud du château à la tour. Ainsi, nous nous y rendîmes et il m’y installa. Nous nous assurâmes de la complicité de quelques servantes, qui veillèrent à protéger ma retraite. Mais cela ne suffisait pas, car je ne voulais pas rester enfermée dans cette prison toute ma vie. Heureusement, Albert fit appel à un enchanteur qui nous apprit un sortilège qui permettait à toute personne qui le souhaitait de changer son apparence au moment où elle franchissait la trappe de la prison. Et voici comment je puis continuer à travailler dans le palais sous l'apparence d'une servante.
- Vous avez abandonné votre vie de duchesse pour devenir servante? demanda Eva d'une voix stupéfaite.
- Mon travail de servante m'est surtout utile pour pouvoir rester au château. Mais en réalité, ma véritable passion est l'écriture. Je consacre la plus grande partie de mon temps à écrire des romans, des nouvelles, des poèmes et des pièces de théâtre. Et, grâce à mon mari, j'ai pu faire publier mes écrits sous le pseudonyme de Charles de Sévigné. Je dois reconnaître que j'ai surtout rencontré le succès grâce à mes romans et nouvelles, et que malheureusement, mes autres ouvrages n'ont pas bénéficié de la reconnaissance du public et de la critique.
Eva n'en croyait pas ses oreilles. Son interlocutrice n'était autre que le célèbre auteur Charles de Sévigné? Mais Madeleine lui montra des manuscrits et des esquisses qu'elle gardait dans un tiroir de sa table de travail, et elle reconnut sans peine le style littéraire de l'illustre romancier. De plus, elle savait que le duc était le mécène de Charles de Sévigné, et qu'il protégeait de manière intransigeante son anonymat. A présent, elle en comprenait bien mieux la raison.
- Madame Madeleine ...
- Je vous en prie, appelez moi simplement Madeleine.
- Madeleine, à présent, je connais votre histoire, et pourquoi vous résidez en ces lieux. Mais qu'en est il de vos compagnes?
J'ai épousé Albert il y a près de quinze ans. J'étais jeune, sans expérience de la vie, et mes parents ont décidé de mon sort sans même me demander mon avis. Mon mari se révéla extrêmement gentil, mais je n'étais pas heureuse. Je me sentais complètement prisonnière de cette vie de grande dame, qui devait faire honneur à son illustre époux et se plier aux conventions sociales liées à son rang. A cause de cela, Albert et moi nous disputions régulièrement, et bientôt notre vie conjugale devint un enfer. Nous en avions tous deux parfaitement conscience, et nous en souffrions, car nous nous aimions profondément. Albert savait que je ne supportais plus cette vie d'épouse dévouée. Il me proposa de me répudier, mais je refusai, car non seulement je ressentais toujours de l'amour pour lui, mais surtout parce que je savais que dans ce cas, mes parents me marieraient à un autre homme. Nous convinment tous deux qu'afin que je reprenne ma liberté, il fallait que je disparaisse. Près du château, il existe une grande tour qui avait servi de prison. Même si celle-ci est à présent murée, mon époux connaissait l'existence d'un passage souterrain qui conduisait de l'aile sud du château à la tour. Ainsi, nous nous y rendîmes et il m’y installa. Nous nous assurâmes de la complicité de quelques servantes, qui veillèrent à protéger ma retraite. Mais cela ne suffisait pas, car je ne voulais pas rester enfermée dans cette prison toute ma vie. Heureusement, Albert fit appel à un enchanteur qui nous apprit un sortilège qui permettait à toute personne qui le souhaitait de changer son apparence au moment où elle franchissait la trappe de la prison. Et voici comment je puis continuer à travailler dans le palais sous l'apparence d'une servante.
- Vous avez abandonné votre vie de duchesse pour devenir servante? demanda Eva d'une voix stupéfaite.
- Mon travail de servante m'est surtout utile pour pouvoir rester au château. Mais en réalité, ma véritable passion est l'écriture. Je consacre la plus grande partie de mon temps à écrire des romans, des nouvelles, des poèmes et des pièces de théâtre. Et, grâce à mon mari, j'ai pu faire publier mes écrits sous le pseudonyme de Charles de Sévigné. Je dois reconnaître que j'ai surtout rencontré le succès grâce à mes romans et nouvelles, et que malheureusement, mes autres ouvrages n'ont pas bénéficié de la reconnaissance du public et de la critique.
Eva n'en croyait pas ses oreilles. Son interlocutrice n'était autre que le célèbre auteur Charles de Sévigné? Mais Madeleine lui montra des manuscrits et des esquisses qu'elle gardait dans un tiroir de sa table de travail, et elle reconnut sans peine le style littéraire de l'illustre romancier. De plus, elle savait que le duc était le mécène de Charles de Sévigné, et qu'il protégeait de manière intransigeante son anonymat. A présent, elle en comprenait bien mieux la raison.
- Madame Madeleine ...
- Je vous en prie, appelez moi simplement Madeleine.
- Madeleine, à présent, je connais votre histoire, et pourquoi vous résidez en ces lieux. Mais qu'en est il de vos compagnes?
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