Ariane et Barbe Bleue : partie 4

4) Un duc pris au piège

Enfin, le grand jour arriva. Je choisis pour cette occasion l'apparence d'une femme mince aux longs cheveux blonds, avec des formes harmonieuses: je voulais devenir la plus belle pour mon bien aimé. J'enfilai une belle robe digne du rôle de comtesse que je devais interpréter, mais sous laquelle je dissimulai une chemise et une culotte, qui se révèleraient bien plus pratiques lorsque je serais à l'abri des regards. Ensuite je me rendis dans l'auberge où je devais retrouver Albert. Je le repérai bientôt, et lui fit signe, afin de lui indiquer qu'il suscitait mon intérêt. Il était magnifiquement habillé : une tenue de chasse sur laquelle ses armories étaient brodées avec du fil d'or avec un chapeau en plumes. De plus, il portait des bagues sur ses deux mains, ainsi qu'un collier en or massif. Il s'approcha de moi et engageai la conversation comme s'il ne m'avait jamais vue de sa vie. Je ressentis alors une forte émotion car les souvenirs de notre première rencontre me revinrent à l'esprit, même si je n'en laissai rien paraître. A bout d'une heure, il me proposa de m'emmener dans une grande promenade à cheval en forêt, et, bien évidemment, j'acceptai. Après avoir quitté l'auberge, nous chevauchâmes pendant des heures dans les bois, et nous finîmes par nous aventurer dans une aire très reculée de son duché. Lorsque nous rejoignîmes une clairière, je signalai à Albert que j'avais besoin de prendre un peu de repos, et nous mîmes pied à terre, afin de nous restaurer. Alors que nous avions déjà commencé à manger, je me rappelai soudain que j'avais oublié de prendre une serviette en descendant de cheval, et, épuisée, je demandai au duc de me la chercher. Bien entendu, ce n'était qu'un prétexte pour l'éloigner, et je profitai de son absence pour verser un soporifique dans son outre d'eau. A son retour, nous reprîmes notre collation, au cours de laquelle il prit la boisson droguée. Alors que nous poursuivions une conversation animée, le duc se sentit soudain très fatigué, et, quelques minutes plus tard, il sombra dans un profond sommeil. Je me levai et agitai alors mes bras vers le ciel. Quelques instants plus tard, Elsa, qui avait elle aussi changé son apparence pour n'être reconnue que de moi seule, me rejoignit. Elle m'aida à transporter le duc inanimé sur son cheval, et nous rejoignîmes ensemble la cabane qui devait me servir de cachette, et qui se situait à proximité de la clairière. Dès que nous y fûmes entrés avec ma victime, je plaçai celle-ci sur un siège et l'y attachai solidement avec des cordes, avant de le bâillonner avec des foulards. Je ne puis décrire l'immense plaisir que je ressentis lorsque je ligotai Albert et que je le vis ainsi complètement à ma merci. J'en fus même surprise moi-même, car je ne m'attendais à éprouver une telle joie en malmenant ainsi un homme que j'aimais pourtant profondément. Peu après je retirai ma robe, et mes vêtements masculins me donnèrent ainsi l'apparence d'une brigande de grand chemin. J'attendis alors que mon prisonnier se réveille, me réjouissant à l'avance de sa réaction lorsqu'il découvrirait son terrible sort.

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