Mission à l'étranger pour la Sainte Inquisition: partie 29

 29) Retour au pays

Ayant anticipé la réaction de ses hôtes pampayens, Monseigneur Thomas avait discrètement fait préparer son départ et celui de ses hommes avant la cérémonie du Sabbat. Ainsi, dès le lendemain matin, les gardes de la Sainte Inquisition quittèrent la prison en emmenant avec eux leurs huit prisonnières. De son côté, l'évêque fit ses adieux à ses hôtes, qui le remercièrent une nouvelle fois pour avoir vaincu les sorcières. Ensuite, le Grand Inquisiteur retrouva ses troupes qui l'attendaient devant le palais de l'alcade. Dans le chariot prison, les sorcières poussaient d'abominables hurlements en direction de leurs geôliers et des habitants de la ville, mais, solidement enchaînées et bien enfermées derrière de résistants barreaux d'acier, elles ne pouvaient rien faire de plus. Au bout d'une heure, le convoi quitta la grande cité de Pampao. 

L'évêque savait que ses protégées ne seraient pas en sécurité tant qu'elles ne seraient pas arrivées dans son royaume. Aussi, il veilla à limiter au strict nécessaire les périodes de repos, afin de parcourir le maximum de distance chaque jour. Ainsi, le soir du surlendemain, les voyageurs traversèrent la frontière, et, deux heures plus tard, Monseigneur Thomas fit enfin libérer les cinq femmes pampayennes et leur proposa de s'installer dans les deux autres chariots. 

"Pourquoi ne libérez vous pas vos amies? s'étonna Marisa. A présent, elles non plus n'ont plus besoin de se faire passer pour vos prisonnières? 

- Pourquoi les délivrerais-je? répliqua l'évêque d'un ton faussement indigné. Elles sont très bien comme cela, enfermées dans leur cage. N'oubliez pas que ce sont des terribles sorcières qui ont enchanté de malheureux ecclésiastiques pour leur faire oublier leur voeu de chasteté.

Jeanne, qui avait ri en entendant la plaisanterie de son bien-aimé continua : 

"Et puis en nous voyant enchaînées dans ce chariot et escortées par les gardes de la Sainte Inquisition, les gens penseront que nous sommes en pleine escapade avec nos amoureux. De toute façon, barreaux ou pas, il est plus agréable de faire le voyage confortablement installées dans un chariot qu'à pied ou à cheval. Rassurez vous, si nous avons besoin de sortir ou d'être débarrassées de nos chaînes, il nous suffira de le demander."

Marisa et ses compagnes étaient un peu déconcertées par les étranges divertissements de leurs compagnons de voyage, mais elles leur étaient bien trop reconnaissantes pour s'en formaliser. D'ailleurs, Victoria choisit de rester dans le chariot-prison, mais sans porter d'entraves. Les quatre autres femmes se répartirent dans les autres véhicules. Ainsi, elles purent passer leur première nuit en liberté et en sécurité depuis de longs mois.

Le lendemain, la petite troupe arriva dans le village où Jeanne et ses compagnes avaient été "capturées". Les hommes de la Sainte Inquisition, ainsi que les sorcières y furent accueillis triomphalement. Lorsque le convoi s'arrêta dans la place du village, le meunier et ses filles, qui étaient en tête de l'attroupement, se placèrent devant la cage et demandèrent avec empressement: 

"Alors, maman Jeanne? Avez-vous mené à bien votre mission? 

- Oui, mes amis, nous avons réussi. Et c'est aussi grâce à vous que nous avons pu sauver la vie d'innocentes. Merci d'avoir aussi bien joué votre rôle.

- Oh, je vous en prie, répliqua une des jeune filles. Si vous avez besoin à nouveau de victimes de magie noire, nous serons toujours à votre disposition"

A ce moment, les femme pampayennes étaient sorties de leur chariot. Marie s'adressa à elles: 

"Mesdames, sachez que ce village tout entier a contribué à nous aider à vous sauver en participant à la mise en scène de notre capture par la Sainte Inquisition. C'est pourquoi je vous prie de leur témoigner votre reconnaissance pour leur rôle dans votre libération."

Marisa et ses compagnes ne se firent pas plus prier pour remercier les villageois, en particulier le meunier et ses filles, qui avaient joué le rôle des "victimes". Bien évidemment, tous les habitants proposèrent leur hospitalité aux voyageurs, ainsi qu'une petite fête en leur honneur. Touché par cette attention et soucieux de ne pas vexer ces braves gens, Monseigneur Thomas accepta. Pour l'occasion, Jeanne, Isabelle et Marie furent délivrées de leur cage et de leurs entraves. Un grand festin fut préparé le soir-même dans la place du village, au cours duquel les voyageurs racontèrent leurs aventures à des habitants fascinés par un si palpitant récit. Marisa et ses compagnes furent heureuses de partager de si chaleureux moments de convivialité avec leurs nouveaux amis. Tandis qu'elle échangeaient des plaisanteries avec les villageois, elles réalisaient que leurs souffrances avaient enfin pris fin, et qu'une vie pleine de promesses les attendait. Tous passèrent une excellente soirée, et c'est le coeur empli de joie que les voyageurs reprirent la route le lendemain matin. 

Deux semaines plus tard, le convoi acheva son périple. Thomas déposa Jeanne, sa fille et Marie à proximité de leurs domiciles. Puis, il rejoignit le palais épiscopal où il accorda l'hospitalité aux cinq femmes pampayennes, pour leur première nuit dans sa cité. 

Commentaires

Posts les plus consultés de ce blog

Les exploits héroïques du preux chevalier Roland : partie 27

Les exploits héroïques du preux chevalier Roland : partie 43

Les exploits héroïques du preux chevalier Roland : partie 42