Mission à l'étranger pour la Sainte Inquisition : partie 27

27) Nuit de Sabbat : partie 3 : le terrible affrontement entre le Bien et le Mal 

A cet instant, le Grand Inquisiteur et ses hommes brandirent leur croix devant eux, afin de faire barrière au démon... y compris frère Loïc, qui, en tant qu'interprète vocal du dit démon, avait proféré le rire maléfique. Du côté des spectateurs, la stupeur et la terreur étaient à leur comble. Des cris de frayeur s'élevèrent, plusieurs personnes s'enfuirent en courant de la clairière, tandis que d'autres s'étreignaient afin de s'apporter mutuellement du courage. Quant aux notables, la peur paraissait les visser à leur sièges. Le père Iglésias semblait sur le point de défaillir, et ne cessait d'effectuer de manière frénétique le signe de croix. Même Diego, qui pourtant connaissait la vérité, paraissait quelque peu ébranlé. 

De leur côté, les sorcières s'étaient prosternées devant le brasier en s'exclamant en choeur: 

"Gloire à vous, ô Satan, notre Maître. Que votre nom soit vénéré pour l'éternité"

Le Démon répondait à ces louanges par de caverneux grognements d'approbation. 

Après deux à trois minutes d'éloges à la gloire du Malin, les cinq femmes se relevèrent et Gloria s'adressa à ses compagnes : 

" Mes soeurs, notre Grand Maître Lucifer s'est manifesté parmi nous afin de nous faire partager une partie de ses secrets et de ses pouvoirs. Mais avant cela, nous devons lui témoigner notre dévotion envers Lui et notre reconnaissance de l'insigne honneur qu'il nous fait. C'est pourquoi l'une d'entre nous va s'offrir à Lui afin de satisfaire tous Ses désirs.

- Je me porte volontaire, s'exclama Victoria. Je suis toujours prête à être agréable envers notre Maître Satan, car mon amour pour Lui est sans limites.

- Bravo ma fille, approuva Marisa. Je suis si fière de toi"

Le Grand Lucifer exprima lui aussi sa satisfaction par un nouveau grondement. 

En un instant, Victoria ôta sa robe noire. Intégralement nue, elle parla en direction du brasier infernal : 

"Ô Grand Satan, agréez que je vous offre cette danse afin de vous honorer et de vous plaire"

Et la jeune fille commença à danser à la lueur du feu, tandis que ses compagnes l'accompagnaient par un choeur sans paroles. La première danse s'effectua dans un rythme lent. Victoria faisait mouvoir son corps en veillant à en exposer toutes ses splendeurs. Ses jambes élancées, ses bras délicats, sa taille fine, ses longs cheveux et sa poitrine généreuse furent successivement mises en valeur et la lenteur des mouvements laissait le temps au spectateur d'admirer la beauté de la danseuse. De plus, la mélodie envoûtant et lascive qui accompagnait la chorégraphie ne faisait que renforcer l'atmosphère de volupté. Esteban Garcia était tellement émoustillé par ce spectacle qu'il en avait oublié sa peur, tandis que son épouse exprimait sa profonde répulsion. 

Soudain, au bout d'une dizaine de minutes, le rythme s'accéléra. Les mouvements de la jeune fille devinrent plus rapides, tandis qu'elle agitait son corps dans tous les sens. Elle secouait sa tête et sa longue chevelure, se déhanchait à un rythme effréné, tapait du pied sur la terre et effectuait de grands moulinets avec ses bras. Victoria semblait être plongée dans une profonde transe tandis qu'elle dansait frénétiquement à la lumière du feu. Le chant de ses compagnes s'était aussi accéléré jusqu'à atteindre un rythme endiablé, dont l'effet était renforcé par les battements de mains avec lesquels elles accompagnaient la mélodie. Les sorcières semblaient toutes plongées dans le délire. 

Au bout de cinq minutes, la folie paraissait avoir atteint son paroxysme lorsque soudain, Victoria s'immobilisa et la musique s'interrompit. A cet instant, la jeune fille s'écria d'une voix exaltée, en déployant ses bras : 

"Ô Maître, je suis prête à présent. Venez à moi, et prenez moi toute entière"

Le Démon répondit d'un grognement empli de convoitise, et quelques secondes plus tard, la jeune fille enroula ses bras comme si elle étreignait une vaste créature invisible. Bientôt, son corps s'agita, effectuant les mouvement caractéristiques de l'acte sexuel, tandis qu'elle poussait des cris de plaisir. Le Démon exprimait aussi sa jouissance par des râles caverneux. Les autres sorcières s'étaient à nouveau prosternées tandis que l'orgie infernale se déroulait. 

De leur côté, les agents de l'Inquisition observaient ce spectacle avec une profonde expression de dégoût , tandis que les spectateurs paraissaient horrifiés. Seul Esteban Garcia semblait prendre du plaisir à contempler cette abominable débauche. 

Au moment où la communion charnelle entre Satan et la sorcière atteignit son paroxysme, Victoria hurla d'une voix démente : 

"Ô Lucifer, je sens votre puissance entrer en moi et me pénétrer toute entière. Ah, quelle extase, quelle délice! Et à présent, je peux transmettre à mon tour votre immense pouvoir à mes soeurs" 

Un instant après, la jeune fille rejoignit ses compagnes, et toutes s'étreignirent en s'écriant : 

"Ô Satan, nous sentons votre incomparable force s'élever en nous. Merci, ô, notre Maître suprême. A présent, nous sommes prêtes à combattre en Votre nom."

Soudain, toutes se retournèrent en direction des agents de l'Inquisition en hurlant d'une même voix : 

"A l'attaque!"

Monseigneur Thomas ordonna immédiatement à ses hommes : 

"Vite, détournez vos yeux!"

Malheureusement, trois moines ne réagirent pas assez promptement pour échapper au regard envoûtant des sorcières. Ils laissèrent tomber leur croix au sol, et commencèrent à avancer lentement, d'un air complètement hébété, en direction de leurs ennemies qui, de leur bras, les incitaient à les rejoindre. Le Grand Inquisiteur savait qu'il n'y avait pas un instant à perdre pour sauver ces malheureux. D'un regard, il indiqua à frère Laurent de le rejoindre et ils s'emparèrent de seaux remplis d'eau bénite qu'ils avaient préparés et placés à portée de main en vue du combat. Ils en jetèrent le contenu en direction des sorcières, qui hurlèrent de douleur au contact du fluide sacré. De plus, un autre cri résonna, plus grave et plus sourd, indiquant que le Démon lui aussi avait été touché. Après avoir ordonné au reste de ses hommes de  s'occuper des sorcières, Monseigneur Thomas, accompagné de frère Laurent, s'avança en direction du brasier infernal, tous deux brandissant leur croix, vidant des flacons d'eau bénite qu'ils tiraient de leurs poches et s'écriant : 

"Vade retro, Satana! Retourne en Enfer d'où tu viens et où tu es condamné à rester pour l'éternité"

Puis, ils s'emparèrent du chaudron contenant la potion d'invocation et le vidèrent dans le brasier infernal. Enfin, ils achevèrent d'éteindre le feu en le piétinant. Le Démon proféra un dernier sifflement de rage avant de disparaître définitivement. 

De leur côté, les autres guerriers de l'Inquisition avaient profité de la confusion au sein des sorcières pour les encercler en brandissant leur croix. Confrontées au symbole sacré, les maléfiques femmes ne parvinrent plus à utiliser leurs pouvoirs. Elles furent bientôt solidement enchaînées, les bras derrière le dos pour plus de sûreté. 

Tandis que frère Laurent aidait ses camarades hypnotisés à reprendre leurs esprits, le Grand Inquisiteur s'adressa à ses prisonnières d'une voix pleine de colère, mais aussi triomphante : 

"Immondes créatures, vous aviez l'impudence de croire que vous parviendriez à vaincre les combattants au service de Dieu. Mais vous savez maintenant que la Sainte Inquisition triomphe toujours de ses ennemis, et que les pouvoirs du Diable sont dérisoires comparés à la puissance divine. A présent, tout ce qui vous attend, c'est le châtiment pour vos terribles crimes"

Les sorcières répondirent à cette harangue par un ricanement irrépressible tandis que les agents de l'Inquisition les attachaient les unes aux autres à l'aide d'une longue chaîne. Outragé par l'insolence de ses captives, l'évêque ordonna : 

"Gardes, ramenez immédiatement ces femmes démoniaques dans leur prison"

Mais le ricanement des sorcières continua tandis qu'elles étaient entraînées hors de la clairière. En réalité, les cinq femmes riaient de bon coeur, car elles ne s'étaient jamais autant amusées de leur vie, y compris Juanita, en dépit de ses réticences initiales. De plus, elles étaient heureuses et fières des compliments que les agents de l'Inquisition leur avaient murmurés à l'oreille pour les féliciter de leur performance, tandis qu'ils les enchaînaient. Et c'est l'esprit léger et apaisé qu'elles se laissèrent enfermer dans le chariot-prison.

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