Mission à l'étranger pour la Sainte Inquisition : partie 21
21) Confrontation entre le Grand Inquisiteur et les sorcières de Pampao : partie 1
A deux heures de l'après midi, Monseigneur Thomas, accompagné de sa garde rapprochée, se rendit dans le cachot des accusées. Il y entra accompagné de frère Laurent, et y vit les prisonnières se dressant face à lui. Après avoir fait refermer la porte de la cellule, il leur adressa la parole en ces termes :
"Bonjour mesdames. Frère Laurent m'a informé que Jeanne et Isabelle vous ont révélé le véritable motif de notre présence dans votre ville.
- Monseigneur, c'est donc vrai que vous êtes ici pour nous sauver, demanda Juanita d'une voix pleine d'espoir
- Juanita, tais toi, je te prie, et laisse nous lui parler, l'interrompit Gloria d'une voix sévère. En effet, monsieur, elles nous ont fait part de vos intentions. Néanmoins, vous comprenez bien que nous restons prudentes et même sceptiques, car nous ne vous connaissons pas, et ne savons pas encore si nous pouvons nous fier à vous, surtout face à une nouvelle qui paraît trop belle pour être vraie.
L'évêque remarqua que la vieille guérisseuse n'avait pas utilisé de titre honorifique à son égard, afin de montrer sa défiance. Cela ne lui déplut pas, car cela annonçait un échange franc entre eux.
"Je comprends aisément vos doutes, et suis parfaitement conscient que je devrai prouver par mes actions que je suis digne de votre confiance. Malheureusement, la situation nous impose d'agir au plus vite. Jeanne vous a aussi révélé le dilemme auquel nous sommes confrontés dans le choix de la stratégie pour vous sauver, n'est ce pas?
- Oui, monsieur, répondit Marisa, et j'attendais votre arrivée pour faire notre choix. Comme je l'avais déjà dit à madame Jeanne, mon coeur souhaiterait que vous nous laviez de ces horribles accusations de sorcellerie, mais malheureusement, ma raison me fait bien comprendre que mes compagnes et moi ne serons jamais en sécurité tant que nous ne serons pas hors de portée de mes ennemis. Et le message que vous avez transmis à votre amie ne fait que confirmer cette triste réalité. Mais avant de consentir à venir avec vous, je souhaiterais que vous nous révéliez le sort que vous nous réservez si vous nous emmenez avec vous. Madame Jeanne l'a déjà évoqué devant nous, mais je désire l'entendre de votre propre bouche.
- Votre requête est parfaitement raisonnable, et je me dois de vous donner satisfaction en vous faisant part de mes projets à votre intention aussi précisément que je le pourrai. Une fois que nous serons en sécurité dans mon royaume, je souhaite vous emmener dans la grande ville de mon évêché. A notre arrivée, A notre arrivée, je vais organiser votre hébergement provisoire avec les mères supérieures de nos couvents, afin de décider des modalités les plus adaptées à chacune de vous. Néanmoins, au vu de vos profils respectifs, je devine que le choix ne sera pas compliqué. Madame Gloria, en tant que guérisseuse, vous serez certainement chaleureusement accueillie dans le couvent-hôpital au nord de ma cité. Plus au sud, une communauté religieuse féminine est spécialisée dans la culture des plantes médicinales: madame Marisa, je serais honoré si vous et vos filles consentiez à leur faire part de votre expérience, en échange du gîte et du couvert. Quant à mademoiselle Juanita, je compte lui trouver une position de servante dans notre ville.
- Monseigneur, répliqua Marisa, je vois que vous nous proposez d'habiter dans des couvents. Mais vous imaginez bien que nous ne voulons pas être contraintes de devenir religieuses.
- Bien entendu : vous bénéficierez de notre hospitalité en tant que laïques. Néanmoins, cette expérience vous permettra d'emblée d'obtenir un travail qui vous permettra de gagner votre vie et vous donnera le temps de préparer des projets à plus long terme.
- Je dois admettre que je serais très intéressée de découvrir vos centre de santé, monseigneur, déclara Gloria. Depuis que madame Jeanne m'a informée de leur existence, ma curiosité a été vivement piquée. Aussi, votre proposition me paraît fort séduisante.
- Quant à moi, je serais curieuse de connaître les plantes que vous cultivez dans votre royaume, renchérit Marisa. Peut être y découvrirais-je des espèces que je ne connais pas, et ainsi, enrichir mes connaissances. Quoi qu'il en soit, les perspectives que vous nous proposez semblent assez intéressantes.
L'évêque constata avec plaisir que son entretien avec ses interlocutrices avaient pris un ton plus apaisé, comme en témoignait leur utilisation de son titre honorifique. Néanmoins, il décida de revenir au coeur du sujet:
"Je vous remercie de ces aimables propos. Néanmoins, vous concevez bien que nous devons au préalable vous faire sortir du royaume. Et pour cela, il faut que les habitants de Pampeo comprennent que seule la Sainte Inquisition est en mesure de neutraliser des sorcières aussi dangereuses que vous. Et pour cela, vous devrez nous affronter, mes hommes et moi-même, en utilisant vos redoutables pouvoirs magiques lors de la cérémonie du Sabbat".
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