Mission à l'étranger pour la Sainte Inquisition: partie 15
15) Interrogatoire des sorcières, partie 2
Cette phase, monseigneur Thomas la redoutait. Elle avait fait l'objet d'une grande discussion avec Jeanne et Isabelle. Tous trois savaient que de simples coups de fouets ne suffiraient pas à renvoyer l'image d'une terrible Inquisition qui susciterait l'effroi dans le coeur des sorcières les plus redoutables: il fallait trouver un supplice qui marque profondément les esprits. C'est Isabelle qui eut l'idée d'introduire des sévices sexuels simulés lorsqu'elle serait soumise à la question. Bien entendu, autant l'évêque que Jeanne accueillirent cette proposition avec une immense réticence. Mais la jeune fille parvint à les convaincre grâce à plusieurs arguments décisifs. D'abord, elle leur rappela l'importance de l'enjeu: sauver des vie innocentes. Ensuite, étant donné que ce serait elle qui subirait la question, elle estimait qu'elle devait disposer du droit de choisir ses supplices. Mais surtout, elle leur expliqua que c'était le seul moyen de lui éviter des tortures qui pourrait entraîner de graves mutilations, et c'est ce dernier argument qui finit par les décider à accepter sa proposition. Néanmoins, autant Thomas que sa mère n'acceptèrent qu'à la condition qu'elle se charge d'organiser elle-même tous les détails de son supplice. Isabelle savait qu'elle ne pouvait confier une tâche aussi délicate qu'à des personnes à qui elle accordait la plus grande confiance. C'est pourquoi elle décida de faire part de son plan à ses deux amants les plus dévoués, Frère Laurent et frère Philippe. L'idée de pratiquer des actes d'ordre sexuel avec leur amie en présence d'étrangers hostiles et surtout de lui faire subir la moindre souffrance, suscita une profonde répugnance chez les deux jeunes moines. Néanmoins, ils finirent par accepter, d'autant qu'ils avaient été profondément touchés de la confiance qu'Isabelle leur accordait en faisant appel à eux pour une mission aussi délicate. Ils planifièrent ensemble toutes les étapes de la question afin que rien ne soit laissé au hasard le jour du supplice. Ils firent même une répétition des sévices sexuels, qui comprenaient des actes qu'ils avaient déjà pratiqués dans des circonstances plus ludiques. Le Grand Inquisiteur savait que la fille de sa bien aimée était parfaitement préparée à ce qui allait bientôt lui arriver. Mais, malgré cela, il dut faire appel à toute sa maîtrise de lui-même pour garder son sang-froid lorsqu'il s'adressa aux notables :
"Messires et gentes dames, vous pouvez aisément concevoir que les sorcières ont le coeur assez endurci pour pouvoir défier la douleur, même la plus intense. Néanmoins, la Sainte Inquisition dispose d'un moyen de briser leur résistance, car il existe un supplice redouté de toutes les femmes, y compris les servantes de Lucifer. Bien évidemment, celui-ci ne peut pas être pratiqué par la méthode usuelle, car, en tant qu'ecclésiastiques, nous ne pouvons rompre notre voeu de chasteté. Cependant, nous disposons d'une méthode qui nous permet d'obtenir un résultat analogue sans pour autant trahir notre engagement auprès de Dieu.
- Oh, je serais curieux de voir cela" dit Esteban Garcia avec un regard qui trahissait sa convoitise.
- Qu'allez vous donc faire, démons? hurla Jeanne avec fureur. Vous n'oseriez pas ...
- Silence sorcière, rétorqua le Grand Inquisiteur
Puis, se tournant vers les deux moines bourreaux, leur signifia d'une voix sombre :
"Frère Laurent, frère Philippe, vous savez ce que vous avez à faire."
Les deux jeunes gens s'approchèrent d'Isabelle :
"Arrêtez, monstres, vociféra Jeanne, qui se débattait de toutes ses forces pour échapper à ses gardes. Ne touchez pas à ma fille!"
Mais elle ne parvint pas à se libérer et ne put empêcher les deux moins de rejoindre la jeune fille. Frère Philippe plaqua Isabelle contre la croix tandis que frère Laurent sortit de sa poche un bâton en bois dont l'extrémité était arrondie.
"Lâchez moi, sales brutes, hurla la jeune fille. Qu'allez vous donc faire?
Mais la pauvre Isabelle était solidement enchaînée, et elle sentit bientôt l'extrémité du bâton au contact de sa vulve.
" Non je vous en supplie, pas ça, NON, NON"
Mais quelques instants après, frère Laurent enfonça la baguette à l'intérieur du vagin de la jeune fille.
"AAAAHHHHHHHH, AAHHHHHHH" hurla Isabelle.
En réalité, les deux moines faisaient tout ce qu'ils pouvaient pour rendre l'expérience la moins pénible possible pour leur amie, en lui soufflant à l'oreille des mots de réconfort et en lui faisant de temps à autre une douce caresse lorsqu'ils étaient sûrs de ne pas être remarqués. Isabelle se sentait en parfaite sécurité auprès de ses amis, et elle aurait même pu prendre du plaisir si elle avait subi ce "supplice" en privé et non en présence de sa mère, de l'évêque et surtout de ces abominables notables.
"Ignobles individus! vociférèrent en choeur Jeanne et Marie. Comment osez vous traiter ainsi une jeune fille innocente? Et vous autres qui contemplez cet horrible spectacle au lieu de le faire cesser, soyez tous maudits"
Mais les honorables habitants de Pampao ne semblaient guère disposés à interrompre le supplice. Au contraire, l'alcade, le docteur Vidal et Cristobal Fernandez semblaient prendre plus de plaisir que jamais. Le juge et le baron restaient toujours aussi impassibles et le prêtre aussi silencieux qu'auparavant. Même le jeune Diego était trop effaré pour faire le moindre geste, bien qu'il fût horrifié par les tortures que subissait la pauvre Isabelle.
Du côté des accusées, Juanita observait le martyre de la jeune fille avec une expression de terreur absolue sur son visage, tandis que les autres tentaient autant que possible de garder un visage impassible afin de ne pas offrir à leurs ennemis le plaisir de voir la peur qu'elles ressentaient.
Au bout de quelques minutes, frère Laurent retira son bâton du vagin d'Isabelle, et se prépara à le faire entrer dans l'anus de la jeune fille. Mais à ce moment, Jeanne hurla :
"Arrêtez, arrêtez cette ignominie. Vous avez gagné, je ne peux plus en supporter davantage. Je suis prête à avouer tout ce que vous voudrez, mais ne touchez plus à ma fille!
- Tu vas donc enfin confesser tes crimes, sorcière? demanda la Grand Inquisiteur
- Oui, oui, mais cessez cela, par pitié!"
Monseigneur Thomas s'adressa alors à ses hommes :
"Gardes, ramenez ces servantes du Malin dans leur cachots, et apportez tout le nécessaire pour recueillir par écrit leurs aveux signés"
Puis, se tournant vers les accusées, il s'adressa à elles, avec une expression terrible sur son visage :
" A présent, vous voyez comment la Sainte Inquisition traite celles qui lient commerce avec le Diable. Vous avez jusqu'à demain pour confesser vos crimes, sinon, vous subirez le même sort.
La jeune Juanita, d'une voix terrorisée, commença
"Non, non, pas ça. Je...
- Silence Juanita", l'interrompit Marisa d'une voix sévère. Cette dernière, ainsi que ces filles, observait le Grand Inquisiteur en affichant autant que possible leur défiance. En revanche, le visage de Gloria semblait exprimer une profonde perplexité. Bien qu'il ne le montrât pas, Monseigneur Thomas fut lui aussi surpris de la réaction de la vieille femme. Mais il ordonna rapidement de les faire ramener les accusées dans leur cellule. Puis, il s'adressa à nouveau à ses invités:
"Comme vous avez pu le constater, même les plus redoutables sorcières ne peuvent résister à la puissance de la Sainte Inquisition. Je suis persuadé que, dès demain, vos ennemies avoueront enfin leurs méfaits.
- Je dois avouer être assez impressionné par la brutalité dont vous faites preuve lors de vos interrogatoires, s'exclama le juge Clemente. Néanmoins, je ne peux aussi que constater l'efficacité de vos méthodes.
- Nous essayons autant que possible d'éviter d'utiliser des moyens aussi cruels lors de la question, répondit l'évêque. Malheureusement, la lutte contre le Malin nécessite parfois d'utiliser les méthodes les plus extrêmes pour vaincre ses plus redoutables agents
- Je comprends bien cela, approuva le père Iglésias
- En tout cas, moi, j'apprécie beaucoup vos méthodes, dit joyeusement Cristobal Fernandez. Voilà un excellent procédé pour contraindre mes débiteurs à me payer l'argent qu'ils me doivent. Mais bien entendu, mes hommes eux ne seraient pas contraints par le voeu de chasteté, car je ne voudrais pas les priver de joindre l'utile à l'agréable, n'est ce pas?
- Et moi, il me tarde de voir cette petite garce de Juanita recevoir le même traitement, ajouta Mme Garcia. Elle n'aura ainsi que ce qu'elle mérite.
- Quoi qu'il en soit, je vous remercie de nous avoir invités à assister à cet interrogatoire, conclut l'alcade. C'était vraiment très intéressant."
Monseigneur Thomas eut la plus grande peine du monde à se retenir de se jeter sur ces horribles personnages pour les rouer de coups, mais, conscient de l'importance de sa mission, il parvint à garder un visage impassible. De plus, le visage horrifié du jeune baron de Santa Cruz l'aida à conserver son calme, car il voyait enfin au milieu de toute cette ignominie quelqu'un qui semblait ressentir des sentiments humains. L'évêque prit congé de ses invités, leur expliquant qu'il devait recueillir les aveux écrits de ses prisonnières, et quitta la salle d'interrogatoire.
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