Mission à l'étranger pour la Sainte Inquisition : partie 4

4) Arrivée à Pampao

 Dès le lendemain, le convoi se remit en route en direction de Pampao. Monseigneur Thomas avait justifié à Enrique Cortes la nécessité d'emmener les prisonnières avec eux, en lui expliquant que, du fait de leur dangerosité, il ne pouvait pas prendre le risque de diviser ses troupes pour les ramener au siège de l'Inquisition. Les craintes de l'évêque ne se révélèrent pas injustifiées, car le caractère rebelle des sorcières lui imposait de mobiliser l'ensemble de ses hommes pour empêcher toute tentative d'évasion. Heureusement, il ne se déroula aucun incident sérieux pendant le reste du périple. Les voyageurs franchirent la frontière le lendemain de leur départ du village. Trois jours plus tard, ils entrèrent dans la ville de Pampao. 

Pendant la traversée de la ville, de nombreux curieux, peu habitués à assister à un pareil spectacle, s'attroupèrent pour suivre le cortège. Tous regardaient avec admiration le Grand Inquisiteur sur son fier destrier, dans son somptueux habit d'évêque, menant ses troupes dans les rues de la cité. Néanmoins, bien plus que les valeureux soldats de l'Eglise, ce furent les sorcières enfermées dans le chariot-prison qui attirèrent l'attention des habitants. Ceux-ci observaient avec un mélange de crainte et de fascination les prisonnières qui leur hurlaient des malédictions et des menaces en tendant leurs bras enchaînés vers eux, et ressentaient un profond soulagement en voyant de si malignes créatures mises hors d'état de nuire.

Enrique Cortes mena les troupes de la Sainte Inquisition jusqu'à la grande place de la ville, au coeur de laquelle se dressait un groupe d'une dizaine d'hommes. A leur côtés, deux rangées de garde formaient chacune une haie qui menait vers un immense édifice de pierre blanche, ornementé de nombreuses sculptures représentant des épisodes historiques de la ville. Trois hommes se dressaient devant leur compagnons. L'un d'entre eux, âgé d'une cinquantaine d'années, grand et replet, vêtu d'un somptueux habit de pourpre brodé de fil d'or, paraissait diriger l'ensemble du groupe. A sa gauche, se tenait un homme de haute taille taille, très maigre, presque chauve, une expression sévère affichée sur son visage, vêtu d'une grande robe noire, tandis qu'à sa droite se dressait le prêtre de la ville, un homme de taille moyenne, aux cheveux grisonnants, vêtu de sa soutane et portant un croix dorée à son cou. A l'arrivée du cortège dans la place, l'homme à l'habit pourpre s'avança de quelques pas pour recevoir le Grand Inquisiteur, qui avait mis pied à terre avec son guide pour le rejoindre.

-"Monseigneur, commença Enrique Cortes, voici l'alcade de notre cité, Carlos Valdes. Votre Excellence, je suis heureux de vous présenter Monseigneur Thomas, Grand Juge du tribunal de la Sainte Inquisition.

-  Bienvenue dans ma ville, Monseigneur, continua l'alcade. C'est un honneur pour moi de recevoir un aussi prestigieux serviteur de Dieu.

-Tout le plaisir et l'honneur sont pour moi, Votre Excellence, répondit poliment l'évêque 

L'alcade présenta ensuite à l'évêque ses adjoints ainsi que le prêtre, Juan Iglesias. Enfin, il termina par le grand homme maigre :

"Monseigneur, je vous présente Amadeo Clemente, notre éminent juge.

- Monseigneur, je suis si heureux et soulagé que vous ayez accepté de venir à notre secours commença celui-ci. Notre grande cité a affronté bien des épreuves, mais elle n'avait jamais dû faire face à la menace des sorcières, et nous avions absolument besoin de votre expérience et de votre compétence pour ramener enfin la paix et la sécurité dans notre communauté.

- Je ne fais que remplir mon devoir envers Notre Seigneur en vous portant assistance pour combattre les servantes du Diable."

L'alcade tourna son regard vers le chariot dans lequel Jeanne et ses compagnes étaient enfermées.

"Je devine que voici le résultat victorieux d'une de ces batailles. 

- En effet, Votre Excellence, répondit l'évêque. Quelques jours avant de rejoindre votre cité, mes troupes et moi avons été amenés à affronter de redoutables sorcières qui terrorisaient les habitants d'un village. Car le Malin ne perd jamais une occasion d'envoyer ses adeptes afin d'infliger des souffrances à l'humanité. Heureusement, avec l'aide de Dieu, nous avons réussi à vaincre ces viles créatures. 

- Et je tiens à souligner la rapidité avec laquelle les agents de la Sainte Inquisition est parvenue à sauver ces villageois, renchérit M Cortes. Quelques heures à peine après leur arrivée dans le village, les sorcières avaient été mises hors d'état de nuire, et leurs victimes soustraites à leur abominable influence. 

- Je ne puis que me féliciter d'autant plus de votre venue, reprit le juge car je sais que vous viendrez aisément à bout des terribles créatures qui mettent en péril notre belle et fière cité. 

- Avec l'aide de Dieu, nous parviendrons ensemble à les mettre en échec. A présent, puis-je à mon tour vous demander une faveur? 

- Bien entendu, répondit l'alcade

- Accepteriez vous de mettre à ma disposition un lieu pour y enfermer mes captives? 

- Bien évidemment. Nous avons une prison spéciale destinées aux sorcières dans notre ville, et elles pourront y être détenues.

- Je vous remercie, Votre Excellence. De plus, je souhaiterais que mes gardes se joignent aux vôtres pour  assurer la surveillance de mes prisonnières, car, au vu de leur dangerosité, j'ai besoin d'hommes disposant d'une expérience suffisante pour déjouer leurs inévitables tentatives d'évasion. 

- J'allais justement vous le proposer, Monseigneur, répondit Mr Valdes avec enthousiasme.

Il s'adressa ensuite au chef des gardes: 

" Veuillez guider les troupes de la Sainte Inquisition vers la prison, et assurez vous que vos hommes collaborent pleinement avec elles. 

- A vos ordres, Votre Excellence"

Quelques minutes plus tard, le convoi quittait la place, à l'exception d'un chariot qui contenait les effets personnels des voyageurs. Mr Valdes s'adressa à nouveau à l'évêque

"Monseigneur, je vous prie d'être mon hôte dans ma maison pendant votre séjour parmi nous

- Je vous remercie de cette attention, mais je ne voudrais absolument pas vous déranger. 

- Je vous en prie, vous m'honorerez en acceptant mon invitation. De plus, tous les membres les plus éminents de notre communauté ont été conviés pour le souper. Nous aurons ainsi l'occasion de vous raconter plus en détail les terribles malheurs que les sorcières ont causés dans notre belle cité. 

- Dans ce cas, je ne puis qu'accepter votre si généreuse proposition" concéda Monseigneur Thomas.

Quelques instants plus tard, tous deux entrèrent dans le grand bâtiment blanc, qui n'était autre que le palais de l'alcade.



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