Mission à l'étranger pour la Sainte Inquisition : partie 2
2) Le terrible forfait des sorcières
Ainsi, le Grand Inquisiteur, accompagné d’une dizaine de ses meilleurs agents prirent la route en direction de Pampao à la date prévue. Monseigneur Thomas Le convoi comprenait trois chariots ; deux d’entre eux transportaient les bagages et le matériel nécessaires pour le périple. Une immense cage avec de solides barreaux en acier était montée sur le troisième chariot. L’évêque expliqua à Enrique Cortes qu’il avait emmené ce véhicule au cas où ils seraient amenées à affronter des sorcières pendant le trajet, afin de les transporter après leur capture. En effet, le Malin ne prend jamais de repos, et ses adversaires doivent être préparés à toute éventualité. L’intuition de Monseigneur Thomas se révéla justifiée, car, deux semaines après leur départ, les troupes de la Sainte Inquisition arrivèrent dans un village près de la frontière, où elles furent accueillies par une demi-douzaine de personnes qui les supplièrent de leur venir en aide:
« Monseigneur, venez à notre secours, par pitié! « commença un homme d’âge mûr. « Le diable a envahi notre communauté et s’attaque à nos enfants. Depuis trois jours, les filles du meunier semblent avoir perdu l’esprit. Elles sont plongées jour et nuit dans une sorte de torpeur dont elles ne sortent que pour se livrer à des danses obscènes, en chantant des cantiques impies à la gloire du Malin. Alors qu’auparavant, non seulement, elles disposaient d’une parfaite santé, mais leur vie constituait un exemple de vertu et de piété. Un changement aussi brutal ne peut être que l’oeuvre de sorcières. Aussi, nous vous implorons afin que vous les sauviez de leur influence maléfique qui ne manquerait pas de causer leur éternelle damnation.
- Ne vous inquiétez pas, mon fils, je serai heureux de vous porter assistance, car vous savez que je consacre ma vie à contrarier les projets du Malin, avec l’aide de Dieu. Néanmoins, afin que je puisse au mieux mener à bien ma mission sacrée, je dois au préalable me rendre au chevet des victimes ».
Monseigneur Thomas se tourna vers Enrique Cortes, qui avait assisté à cet entretien sans prononcer un mot, mais dont l’expression montrait qu’il y avait prit un grand intérêt.
« Vous voyez, mon ami, nous devons toujours être prêts à l’action »
Les villageois conduisirent l’évêque et sa suite chez le meunier, et le Grand Inquisiteur put constater de ses propres yeux l’état effroyable de ces malheureuses, plongées dans un sommeil dont personne ne pouvait les réveiller. Monseigneur Thomas s’adressa au père
« Brave homme, croyez que je ferai tout ce qui est en mon pouvoir pour sauver vos filles. Mais pour cela, vous devrez répondre à mes questions en ne disant que la vérité. La maladie de vos filles aurait commencé il y a trois jours. Pourriez vous me signaler des incident, des évènements qui se seraient produits le jour funeste où vos enfants ont perdu leur santé ou bien au cours des jours précédents?
- Oui, Monseigneur. Nous connaissons les responsables de cet horrible forfait. En effet, la veille du début de la maladie de mes pauvres enfants, trois femmes inconnues sont arrivées près de notre village et se sont installées dans une bergerie abandonnée. Lorsque le malheur est survenu, nous avons tout de suite suspecté ces étrangères. Un jeune pâtre, qui est épris d’une de mes filles, a eu l’immense courage de s’approcher de leur repaire, et le spectacle auquel il a assisté l’a pétrifié de frayeur et d’horreur. »
Se tournant vers un très jeune adolescent :
« Viens, Jeannot, raconte à ce saint homme ce que tu as vu.
- Oui, maître. Hier, ne pensant qu’à sauver ma douce amie, je m’approchai de la cabane où habitaient ces étrangères et, prenant mon courage à deux mains, je jetai un oeil à la fenêtre. J’ai vu alors ces terribles femmes, toutes habillées de noir, en train de préparer une sorte de potion dans une marmite fumante, y versant de temps à autre des poudres et des liquides. Au bout de quelques temps, elles semblèrent avoir terminé la préparation, et je les vis sortir de la cabane avec leur chaudron, ainsi que trois étranges épouvantails. Je me cachai du mieux que je pus, et, heureusement, elles ne m’aperçurent pas. Elles marchèrent ensuite jusqu’à une clairière, et je les suivis en veillant à ne faire aucun bruit. Je vis alors ces trois sorcières, car c’est ce qu’elles sont, il n’y a aucun doute, disposer les épouvantails devant leur marmite, qui dégageait une fumée noire ainsi qu’une odeur épouvantable. Ensuite, elles commencèrent à chanter et à danser autour de leur chaudron, et je pus distinguer les horribles mots qu’elles récitaient :
« O, Grand Satan, sois vénéré pour l’éternité. En ce jour, vos humbles servantes souhaitent vous présenter leur offrande. Grâce à la potion envoûtante dont vous nous avez livré le secret, nous avons mis en notre pouvoir les trois filles vierges du meunier. Elles sont à vous, Maître ».
Je compris alors que les trois figures de paille représentaient ma douce amie et ses soeurs, et que ces monstres s’en étaient servies pour les ensorceler.
J’aurais voulu combattre ces sorcières moi-même afin de sauver ma bien-aimée, mais je n’avais aucune chance seul face à elles. Même au village, personne n’osait les affronter. Heureusement, Monseigneur, votre arrivée dans notre village avait été annoncée pour le lendemain, ce qui nous apporta un immense soulagement. Car nous savions tous que la seule la Sainte Inquisition pourra venir à bout de ces maléfiques créatures.
- Mes fils, je vous remercie de la confiance que vous nous accordez, ainsi que de votre précieuse collaboration. Je vais partir immédiatement au combat avec mes troupes et, avec l’aide de Dieu, nous parviendrons à mettre fin aux crimes de ces femmes démoniaques. Je vous prierai simplement de nous conduire au repaire de ces monstres »
L’évêque s’adressa à nouveau au Pampayen :
« Je vous invite à nous accompagner, afin que vous constatiez nos méthodes pour combattre les servantes du Malin »
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