Mission à l'étranger pour la Sainte Inquisition : partie 1

 1) Introduction.

Un jour, Monseigneur Thomas vit arriver dans son bureau le frère José qui lui annonça:
« Monseigneur, un cavalier qui prétend venir d’une contrée étrangère s’est présenté aux portes du palais afin de solliciter un entretien avec vous. Il affirme que son affaire est de la plus haute importance. Quelle réponse dois-je lui apporter?
- Un étranger dis tu?
- Oui. Je lui ai dit que vous n’aviez pas le temps de recevoir de visiteurs à l’improviste, mais il m’a répondu qu’il n’accepterait pas d’avoir chevauché pendant des jours et des jours pour rien, et de perdre ainsi le seul espoir de salut pour sa cité.
- Je dois admettre que cet homme m’intrigue. Réponds lui que j’accepte de le recevoir, et amène le ici.
- A vos ordres, Monseigneur »
Quelques minutes plus tard, le moine amena un jeune homme de grande taille, aux cheveux bruns,  vêtu d’un habit de voyage noir et rouge, révélant son origine sociale aisée. Lorsqu’il s’adressa à l’évêque, et bien qu’il parlât la même langue que lui, son accent particulier révélait son origine étrangère:
« Monseigneur, permettez moi de me présenter. Je me nomme Enrique Cortes, et je viens de la ville de Pampao. Je souhaite d’abord vous présenter mes respects, et vous témoigner ma gratitude de m’avoir reçu aussi rapidement. Je reconnais que ma démarche ne soit pas conforme aux usages, mais l’immense trouble dans lequel est plongé mon pays m’y a contraint. En effet, des sorcières y sévissent, semant le chaos et le malheur, et nous sommes complètement désemparés face à elles.
Cependant, il y a quelques jours, j’ai surpris une conversation entre deux habitants de votre pays de passage dans ma ville qui parlait des exploits de la Sainte Inquisition qui parvenait toujours à triompher des servantes du Diable. A ce moment, je leur ai demandé plus de détails sur l’Inquisition, et ils ont prononcé votre nom. Et c’est pourquoi je viens vous implorer de venir nous aider à mettre fin aux exactions de ces créatures infernales. »
Monseigneur Thomas écouta son interlocuteur en dissimulant autant que possible sa perplexité. Apparemment, cet homme ignorait que ces « affrontements épiques » n’étaient que des parodies destinées à amuser le public et à réunir des fonds pour les centres de soins, et le prenait pour un authentique chasseur de sorcières.
«  Monsieur, je comprends votre détresse. Mais qu’attendez vous donc de moi? Que je capture ces malignes créatures?
- Non, car, par la grâce de Dieu, nous avons réussi à les arrêter et, à l’heure où je vous parle elles croupissent en prison. Mais même enfermées, elles continuent de menacer notre communauté en refusant de reconnaître leurs crimes et de se plier à l’autorité de nos magistrats et de nos prêtres. Et à cause de leur rébellion, elles empêchent le retour de l’ordre et de la paix, et nous craignons que d’autres habitants de mon pays, en particulier les femmes, ne soient corrompues par leur influence maléfique. C’est pourquoi j’ai été envoyé pour faire appel à vous, car, dans ma cité, nous sommes tous persuadés que la Sainte Inquisition réussira à venir à bout de ces sorcières, et ainsi, nous sauver tous de l’influence du Malin. »
A présent, l’expression de l’évêque révélait sa profonde préoccupation. En le voyant, le visiteur étranger y voyait un témoignage de sympathie envers sa détresse. Mais en réalité, Monseigneur Thomas se souciait bien plus du triste sort de ces malheureuses qui avaient perdu leur liberté et sur lesquelles une terrible menace de mort planait, à cause d’accusations absurdes de sorcellerie. Il savait qu’il ne pouvait se dérober et les abandonner. C’est pourquoi il répondit :
«  Monsieur, au vu de l’urgence de votre situation, je consens à vous suivre afin de sauver votre cité de la perdition. Vous êtes mon invité chez moi pendant le temps que nécessitera l’organisation du voyage. Avec l’aide de Dieu, j’ai bon espoir que nous pourrons partir dans deux jours »
Le jeune homme était tellement comblé en réalisant qu’il avait mené aussi facilement à bien sa mission qu’il en pleurait de reconnaissance. L’évêque fit ordonner qu’on installe son visiteur dans les appartements destinés aux invités de marque. Il consacra le reste de la journée ainsi que le jour suivant aux préparatifs de l’expédition.

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