Un sauvetage mémorable : partie 15
15) La délivrance de Virginie
(Henry reprend la narration)
J'avais rejoint la chambre de Virginie depuis le coucher du soleil, afin de la protéger d'une attaque psychique de son bourreau par mon emprise protectrice. J'étais entouré de l'équipe médicale, ainsi que de la tueuse Valérie, tandis que Lucie, Arthur et une de ses disciples s'étaient installés au salon avec le couple de restaurateurs. Soudain, je réalisai qu'après quelques vaines tentatives de reprendre le contrôle, l'ennemi avait complètement perdu le contact avec la jeune fille. Je compris alors qu'Annie avait mené à bien sa mission, ce qui nous fut confirmé quelques instants plus tard lorsqu'elle nous annonça par téléphone la mort du vampire. Il était temps à présent pour moi de briser la possession vampirique que j'exerçais sur elle. Je m'adressai à la jeune fille d'une voix douce :
"Virginie, écoute moi, je te prie.
- Oui Maître. Que désirez vous?
- Je souhaitais t'annoncer qu'à présent que tu n'as plus besoin de moi pour te protéger de ton agresseur, il est temps que je te rende ta liberté et que tu redeviennes enfin ta propre maîtresse.
- Oh, non Maitre, pourquoi voulez vous m'abandonner? N'ai-je pas été une bonne servante? Et que vais-je devenir sans vous?
- Tu as été une merveilleuse servante. Et je ne me fais aucun souci pour toi. Tu es une jeune fille forte et courageuse, et je sais que tu pourras parfaitement te débrouiller sans maître. De plus, tu ne seras pas seule : tu auras tes parents, tes proches, tous ceux qui tiennent à toi qui viendront te soutenir. Regarde autour de toi, tous ces gens qui sont venus uniquement pour t'aider. De plus, je ne compte pas t'abandonner. Simplement, au lieu d'être ton maître, je deviendrais pour toi quelque chose de bien plus formidable : un ami qui t'apportera du soutien et de l'affection sans réclamer la moindre soumission de ta part. Et n'oublie pas: on tutoie un ami et on l'appelle par son prénom. Sache que je me nomme Henry.
- Je comprends, Maître. Mais j'ai quand même un peu peur.
- C'est normal. Reprendre sa liberté après une longue captivité suscite toujours une petite appréhension. Mais rassure toi, tout va bien se passer. Voici mon dernier ordre : je te demanderai de t'assoupir quelques minutes le temps que je rompe ma connexion avec toi. Mais tu peux dès à présent t'adresser à moi comme à ton ami.
- Je vois. Merci de tout ce que tu as fait pour moi ... Henry"
Un instant après, Virginie était endormie. Je quittai la chambre, et délivrai la jeune fille de mon emprise. Je me rendis alors au salon, où tous étaient au courant de la victoire d'Annie. La mère s'approcha de moi:
"Alors, maintenant que ce monstre est mort, vous êtes sûre que mon enfant est sauvée? Comment va-t-elle?
- Elle va bien. Il est temps à présent que votre mari et vous alliez la retrouver."
Je vis alors le couple se diriger fébrilement vers la chambre de leur fille, accompagné de Lucie.
(Lucie est la narratrice)
Lorsque nous entrâmes, nous vîmes Virginie en train de se réveiller. Elle tourna alors son visage vers nous, et nous regarda en souriant. Jamais je n'avais vu autant de vivacité dans ses yeux depuis mon arrivée au restaurant. Pour la première fois, j'avais en face de moi la vraie Virginie, et non une marionnette manipulée par d'autres. En observant l'expression de joie sur le visage des parents, je devinai qu'eux aussi avaient remarqué la merveilleuse transformation de leur fille, qui les appela:
"Papa? Maman?
- Ma petite chérie, mon enfant, comment te sens tu? s'écria la mère en la serrant dans ses bras. Y a-t-il quelque chose qu'on puisse faire pour toi?
- Maman, tu sais, j'ai très très faim. Est ce que je pourrais avoir quelque chose à manger?
Les parents pleuraient de bonheur. Après toutes ces semaines où il avait fallu la forcer pour lui faire avaler la moindre nourriture, elle avait enfin retrouvé de l'appétit. A présent, ils étaient convaincus qu'elle était bien guérie.
- Oh oui, mon ange, nous allons te faire le plus délicieux repas du monde.
- Juste un petit détail, intervins-je. Virginie détient encore un peu d'essence vampirique en elle, et, d'après Henry, il faudra deux ou trois jours pour que son corps s'en débarrasse complètement. Aussi, je vous prie d'éviter de mettre de l'ail dans les plats, afin de ne pas lui causer de douleurs inutiles.
- Je comprends. Mais rassurez moi ma fille n'est plus malade n'est ce pas?
- Non, vous n'avez plus rien à craindre. Elle a juste besoin d'un peu de temps pour complètement récupérer, c'est tout.
- En tout cas, nous ne pourrons jamais assez vous remercier de tout ce que vous avez fait pour nous. A croire que la Providence vous avait amenée dans notre restaurant afin que notre fille soit sauvée.
- Oh, je n'ai pas fait grand chose: c'est surtout Henry, Annie et son équipe qui ont fait le plus gros du travail.
- Bien sûr, admit le père et nous leur devons à eux aussi la plus profonde reconnaissance. Ainsi qu'à Sandrine, qui a veillé toute la nuit dernière sur notre Virginie. Vous avez tous été fantastiques.
- Oui. Sans vous tous, je serais certainement en ce moment en train de pleurer la mort de ma fille au lieu d'aller lui préparer de bons petits plats.
Et le couple quitta la chambre pour se rendre à la cuisine. Pendant l'heure qui suivit, ils repassèrent à intervalles réguliers pour apporter des assiettes remplies de nourriture que leur fille dévora avec appétit sans en laisser la moindre miette, au grand ravissement de tous ceux qui l'observaient.
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