Un sauvetage mémorable : partie 14
14) Le grand combat
Une heure plus tard, la forêt n'était plus éclairée que par la lune et les étoiles qui brillaient dans un ciel d'un noir d'encre. Tout était calme : seuls les chants des oiseaux nocturnes et le bruissement du vent dans les feuilles rompaient le silence de la nuit. Nous étions tous aux aguets, en attendant l'arrivée de l'ennemi. Soudain, je reçus un message de David m'informant qu'il avait vu quelqu'un sortir de la grotte. Quelques instants plus tard, j'aperçus une figure qui s'avançait le long du chemin. En observant sa taille, ses cheveux pâles et son visage juvénile illuminés par le clair de lune, qui concordaient parfaitement au portrait que Virginie avait fait de son bourreau, je compris que nous faisions enfin face au vampire que nous cherchions. Le moment était venu : j'envoyai le signal d'attaque à mes partenaires, puis je me redressai, arbalète à la main, et accourrai vers la sinistre créature que j'éclairai avec ma lampe fixée à ma ceinture. Lorsqu'il m'aperçut, la surprise lui fit modifier ses traits, révélant sa hideuse face vampirique. Le monstre tenta d'abord de s'enfuir en courant le long du chemin, mais vit sa retraite coupée par Abraham et son jeune disciple Jean. Quelques instants après, nous fûmes rejoints par Daniel, un vétéran de notre équipe, qui venait de la direction opposée à la mienne, bloquant ainsi une nouvelle voie de sortie à notre ennemi. Celui-ci, en désespoir de cause, chercha à retourner dans son refuge souterrain, mais il se retrouva rapidement face à face avec David et Jessica. Lorsque le vampire fut cerné de toutes parts, j'ordonnai à voix haute :
"Feu à volonté"
Instantanément, Daniel, Jessica et Jean envoyèrent leur jet d'eau bénite en direction de l'ennemi, tandis que David, Abraham et moi décochions nos carreaux d'arbalète. Si le projectile d'Abraham manqua sa cible, David et moi étions parvenus à l'atteindre respectivement au niveau de l'épaule gauche et à la cuisse droite. Le monstre, par ailleurs meurtri par les brûlures causées par l'eau bénite, poussait des hurlements de douleur. Néanmoins, il n'était pas encore hors de combat, guettant la moindre opportunité pour retourner la situation à son avantage. Malheureusement, celle-ci lui fut fournie lorsqu'il réalisa que Jean avait commis l'erreur d'avoir complètement vidé son réservoir d'eau. Il se jeta alors sur lui avant qu'il n'ait eu le temps de réagir, et le jeune tueur se retrouva ainsi à la merci de l'ennemi qui se tourna alors vers nous et hurla :
"Lâchez vos armes sinon je le tue"
Nous nous immobilisâmes tous
"Allez, les armes à terre, tout de suite et reculez"
Nous n'avions pas d'autre choix que d'obéir. Tandis qu'il suivait le chemin en direction de sa voiture, marchant à reculons en serrant son otage contre lui, en veillant à ne pas nous perdre un instant du regard, le vampire s'adressa à nous d'une voix pleine de haine.
"Misérables vermines, vous avez donc cru pouvoir me vaincre? Moi qui ai traversé les siècles, vaincu les plus redoutables armées et acquis de tels pouvoirs que Satan en personne reculerait devant moi? Sachez que je vous tuerai tous l'un après l'autre pour l'affront que vous m'avez fait subir. Mais d'abord, je vais récupérer la jeune fille que cet abominable renégat m'a arrachée. Je sais à présent qu'il n'est qu'un traître qui s'est avili en devenant de son plein gré votre esclave. Je le tuerai lui aussi, ainsi que tous ceux qui se mettront au travers de ma route. Et j'achèverai enfin de corrompre cette pure créature, qui bientôt sèmera la terreur à son tour, car je n'ai jamais laissé échapper une proiAaaaaargh ...."
Le monstre venait de recevoir par derrière un jet d'eau bénite, et la douleur lui fit lâcher son prisonnier, qui se mit immédiatement à l'abri. Ayant anticipé qu'une telle éventualité pouvait survenir, j'avais, par précaution, posté ma collègue Alice en retrait, en lui donnant pour instruction de ne pas intervenir à nos côtés dès le début de l'attaque, afin qu'elle prenne par surprise notre adversaire tandis qu'il avait son regard fixé sur nous. David, Abraham et moi récupérâmes immédiatement nos arbalètes, et criblâmes à nouveau l'ennemi de nos carreaux. Affaibli par ses blessures, le vampire chancelait. Il était temps à présent de lui porter le coup de grâce. Daniel et Abraham plaquèrent l'ennemi à terre. Je sortis alors mon pieu de son étui, puis me jetai sur le monstre, levai mon bras et enfonçai de toute mes forces mon arme dans son coeur, le réduisant instantanément en poussière.
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