Un sauvetage mémorable : partie 13
13) Le début de la traque
Chaque groupe rejoignit une voiture pour se rendre à sa destination. De mon côté, j'avais sélectionné une ancienne exploitation ovine située au nord est du village, que nous atteignîmes au bout d'une heure et demie de route. Après avoir stationné le véhicule à près de deux cents mètres de distance de la ferme, j'avançais lentement en direction des vieilles maisons en bois, encadrée par mes deux équipiers, David, un vétéran expérimenté qui avait rejoint l'Organisation avant moi, et Jessica, une jeune tueuse qui avait été ma disciple. Mon compagnon et moi étions chacun armés d'une arbalète tandis que la jeune fille transportait une lance à eau bénite. Nous explorâmes lentement et précautionneusement chaque bâtiment, en restant en rang serrés pour nous protéger mutuellement. Mais après avoir fouillé minutieusement tous les recoins de la ferme, nos recherches s'avérèrent vaines. Aucune trace du vampire, ni d'aucun signe indiquant qu'un quelconque être ait résidé dans les locaux au cours des dernières semaines. Nous rebroussâmes chemin, un peu dépités par notre échec, espérant que nos collègues avaient été plus chanceux. Malheureusement, au moment d'entrer dans la voiture, je reçus un appel d'Abraham qui m'informa que son expédition n'avait pas été non plus couronnée de succès. Je contactai alors Arthur, qui lui aussi avait fait chou blanc. Nous nous accordâmes pour nous retrouver au restaurant afin de décider de la suite des opérations.
J'étais profondément frustrée par la tournure des évènements. Tout ce précieux temps perdu! Et pourtant, il semblait tellement logique que l'ennemi se cachât dans un de ces vieux bâtiments. Tandis que Jessica conduisait, je me replongeai dans la lecture du rapport qu'avait rédigé Lucie, espérant y trouver un quelconque indice qui me guidât vers la bonne voie. Mais j'étais tellement contrariée par cet échec que mon esprit ne semblait pas pouvoir se concentrer sur le texte. Lorsque nous arrivâmes vers quatre heures de l'après midi, je n'avais toujours aucune idée de l'endroit où se cachait l'ennemi. Nous nous réunîmes à la grande salle du restaurant, afin de confronter nos idées dans l'espoir de trouver une solution. J'avais étalé sur une table un plan de la vallée pour nous aider à stimuler nos cerveaux fébriles. Au moment où je posai les yeux sur l'emplacement où se situait la citadelle médiévale, je repensai avec ironie à un passage du rapport de Lucie, qui expliquait comment le seigneur local avait trouvé un moyen astucieux de ne pas être retrouvé par ses ennemis même si ceux-ci réussissaient à vaincre les résistances de son fort, avec son passage secret souterrain. Apparemment, le vampire que nous traquions semblait lui aussi avoir trouvé le moyen de se rendre introuvable. C'est à cet instant que la lumière se fit enfin dans mon esprit. La citadelle! Après tout, pourquoi notre ennemi n'aurait pas choisi la même cachette que le seigneur des anciens temps? Quel meilleur refuge contre la lumière du jour qu'une grande galerie souterraine? J'appelai immédiatement le quartier général afin qu'ils prennent tous les renseignements disponibles sur ce passage secret, et, en attendant leur réponse, je m'informai de mon côté auprès de nos hôtes. Ceux-ci me racontèrent que ce passage souterrain partait du donjon de la forteresse pour aboutir dans une grotte naturelle dont l'ouverture se situait au niveau d'un bois en contrebas. Cette galerie existait encore de nos jours, mais du fait de l'usure des siècles, elle n'était plus praticable à cause du risque important d'éboulements qui avaient déjà partiellement comblé certaines zones. Aussi, seule une très courte section avait été rendue accessible au public, faute de moyens pour financer des travaux de sécurisation. Une demi-heure plus tard, je reçus un ficher qui comprenait des photographies et des plans détaillés de la citadelle, de la galerie et de la grotte, qui ne firent que renforcer ma conviction que l'ennemi passait les journées dans ce vaste complexe souterrain. Son inaccessibilité lui offrait un refuge sûr, et, de plus, malgré les éboulements, il disposait de deux portes de sortie en cas d'urgence. Je reconvoquai rapidement mes troupes afin de leur faire part de ma théorie, et malgré le scepticisme de quelques uns, je parvins à les convaincre qu'elle constituait notre meilleure chance pour retrouver l'ennemi et le prendre par surprise avant qu'il n'ait eu le temps d'agir. Aussi, nous préparâmes au plus vite un raid sur les lieux, et nous accordâmes pour nous rendre au niveau de l'entrée de la grotte, qui constituait la voie de sortie la plus probable pour notre adversaire, car la moins exposée aux regards. J'emmenai six tueurs et tueuses avec moi, laissant le reste de mon équipe, sous la direction d'Arthur, au restaurant afin de le sécuriser au cas où le vampire nous prendrait de vitesse. Après deux heures de route, nous arrivâmes au niveau de la forêt.
Quelques instants après avoir pénétré le bois, Abraham me fit arrêter mon véhicule pour me montrer un point noir qu'il avait aperçu à quelques dizaines de mètres à sa gauche. Nous nous en approchâmes et découvrîmes une voiture dont l'aspect et la plaque d'immatriculation correspondaient à la description donnée par Virginie lors de son interrogatoire par Henry. Quelques minutes plus tard, alors que le soleil n'avait pas encore commencé à se coucher, nous arrivâmes à proximité de l'entrée de la grotte. Afin d'éviter de risquer d'alerter l'ennemi, nous rebroussâmes chemin afin de garer nos véhicules à l'abri des regards, puis nous revînmes sur les lieux à pied. J'étais rapidement arrivée à la conclusion qu'une tentative d'attaque à l'intérieur de la grotte était vouée à l'échec. Notre meilleure chance consistait à attendre que le vampire sorte de sa cachette à la nuit tombée, afin de lui tendre une embuscade au moment où il tenterait de rejoindre sa voiture. J'ordonnai à David et à Jessica de se placer chacun d'un côté de l'entrée de la caverne. Leur rôle consisterait à nous alerter de l'arrivée du vampire et à lui bloquer sa retraite. Je disposai ensuite le reste de mes troupes afin d'encercler le chemin menant de la grotte à la voiture. Nous avions tous veillé à nous placer contre le vent, afin que l'ennemi ne flaire pas notre présence. Nous attendîmes ensuite la tombée de la nuit sans faire le moindre bruit, avec nos armes à portée de main, surveillant nos téléphones portables avec lesquels nous pouvions communiquer à tout instant par SMS.
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