Un sauvetage mémorable : partie 8

8) Une emprise salvatrice

Je pris la précaution de ne lui infliger qu'une morsure très superficielle et d'éviter de toucher une veine. Néanmoins, un très léger flot de sang commença à s'écouler de la plaie. Après en avoir léché quelques gouttes, je m'éraflai le bras à l'aide de mes crocs, et je laissai Virginie se repaître du sang qui s'écoula de la coupure. 

Sandrine, qui observait ce spectacle avec effarement, me demanda d'une voix terrifiée : 

"Henry, qu'êtes vous en train de faire? Pourquoi l'avez vous mordue? 

- Pour la sauver aussi étrange que cela paraisse. Je comprends que vous ayez été choquée par mon acte, et vous le serez encore plus par ce qui va suivre, mais je vous demande de me faire confiance. Je vous expliquerai plus tard. En attendant, préparez le matériel pour la soigner"

 Je laissai Virginie lécher ma plaie pendant d'une minute, puis m'adressai à elle sévèrement : 

"A présent, tu m'appartiens, et tu devras faire tout ce que je t'ordonnerai. As tu compris?

- Oui, Maître, me répondit-elle d'une voix monotone et servile. Parlez, et je vous obéirai. 

- Pour commencer, tu vas retourner dans ton lit et te rendormir, car tu as besoin de repos. Tu te réveillera quand je te le demanderai. 

- Entendu Maître."

Et elle retourna s'allonger sur son lit. Au bout de quelques instants, elle dormait profondément. Son expression semblait paisible, ce qui me réconforta quelque peu. 

"Sandrine, vous pouvez à présent vous en occuper."

Pendant que l'infirmière pansait la plaie et lui posait une perfusion, je sortis de la chambre pour retrouver Lucie et les parents de Virginie qui attendaient avec angoisse. 

"Que s'est il passé? Comment va notre fille? s'écria le couple

- Rassurez vous, j'ai réussi à mettre fin à sa crise. A présent, elle dort paisiblement. Vous pouvez venir la voir"

La vue de leur fille endormie avec l'infirmière à ses côtés rassura quelque peu ses parents, et cela d'autant plus qu'ils me racontèrent qu'ils n'avaient pas vue une expression aussi sereine sur le visage de leur enfant depuis le début de sa maladie. Je leur demandai alors de pouvoir la veiller en compagnie de  Lucie et Sandrine, ce qu'ils acceptèrent. Une fois qu'ils quittèrent la chambre, je m'adressai alors à l'infirmière : 

"Sandrine, je suis navré que vous ayez été amenée à vivre une telle expérience. Que s'est il passé exactement? 

- J'étais assise devant le lit de la patiente quand soudain, elle se réveilla et se dressa sur son lit. A peine avait-elle posé ses yeux sur moi qu'elle entra dans une fureur et qu'elle tenta de me sauter dessus. Heureusement, la vue des croix qui entourait son lit sembla la faire hésiter quelques instants, ce qui me donna le temps de reculer et de brandir mon crucifix vers elle, ce qui la dissuada de s'approcher de moi. Ensuite, après un bref coup d'oeil vers l'armoire qui bloquait la fenêtre, elle se dirigea vers la porte. En essayant de tirer la poignée, elle poussa un cri de douleur. Néanmoins, quelques secondes plus tard, elle était parvenue à l'ouvrir. Il ne s'en est fallu de très peu qu'elle ne réussît à s'échapper. 

- Cela a dû représenter un grand choc pour vous. 

- Ce sont les risques de mon métier. J'ai travaillé dans un service de psychiatrie, et là-bas, un crucifix ne suffit pas à tenir en respect les patients violents. Mais qu'avez vous fait à cette jeune fille? Que s'est il passé? 

Lucie prit alors à son tour la parole : 

"Henry, je devine que tu as procédé à la possession vampirique, n'est ce pas? 

- Possession vampirique? s'alarma Sandrine. Vous lui avez fait la même chose que l'autre vampire? Pourquoi? 

- Parce que j'ai compris que je n'avais plus le choix. Je devais l'arracher à l'influence maléfique de son agresseur, car c'était le seul moyen de soulager ses souffrances, même si cela impliquait de commettre un acte que je réprouve profondément. De plus, à présent qu'elle est en mon pouvoir, je sais que lorsque je l'interrogerai, elle me révèlera tout ce qu'elle sait sur le vampire qui l'a tenue sous sa coupe depuis trois semaines, et j'ai bon espoir que cela nous aidera à mettre fin à ses terribles méfaits. Bien évidemment, je la libèrerai de mon influence dès qu'elle sera en sécurité. 

- J'imagine que vous aviez envisagé que vous seriez amené à agir ainsi dès que Lucie vous a révélé la maladie de cette pauvre enfant, n'est ce pas? 

- En effet, même si j'espérais que cela ne serait pas nécessaire. Comment va-t-elle à présent, Sandrine?

- Ses constantes vitales sont stables, et sa plaie ne saigne plus. 

- Lucie, peux tu aller chercher ton ordinateur portable? Je vais bientôt réveiller Virginie pour l'interroger, et je souhaiterais que tu consignes notre entretien par écrit.

- Entendu, Henry"

Lorsque mon amie scientifique revint avec son appareil, prête à prendre des notes, je m'approchai de la jeune patiente pour la tirer de son sommeil.


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