Un sauvetage mémorable : partie 5
5) Une révélation difficile.
(Henry reprend la narration)
Dès notre arrivée, ils s'approchèrent immédiatement de nous pour nous presser de questions :
"Alors, savez vous ce qu'a notre fille? Sa maladie est elle très grave? Allez vous pouvoir la sauver? S'il vous plaît, nous avons besoin de réponses.
- Et vous en aurez, leur répondis-je. Mais d'abord, asseyez vous et cessez de vous agiter. Nous avons beaucoup de choses à discuter, et ce que Lucie et moi avons à vous révéler ne sera pas facile à entendre.
- Que voulez vous dire? Que c'est trop tard, que Virginie va mourir? pleura la mère.
- Nous n'avons jamais dit cela, même s'il est vrai que sa vie est en grand danger. Car vous devez connaître la vérité: votre fille est devenue la victime d'un d'un vampire particulièrement vicieux qui la tient en son pouvoir et qui, depuis trois semaines, est en train de la tuer à petit feu."
Après avoir prononcé ces mots, la détresse fit place à la colère chez le couple :
"Monsieur, comment osez vous vous moquer de nous avec de tels délires, alors que notre enfant souffre? s'insurgea le père. N'avez vous donc aucune décence devant notre souffrance? Et vous, madame, comment avez vous pu croire nous aider en faisant appel à un tel charlatan?"
Lucie répondit :
"Croyez vous que j'avais besoin de faire venir Henry pour découvrir que votre fille avait été attaquée par un vampire? Je l'ai deviné dès que j'ai posé les yeux sur son cou. Mais je m'attendais à une telle réaction de votre part, c'est pourquoi j'ai attendu l'arrivée de mon ami avant de vous faire connaître la terrible réalité
- Et pourquoi cela? Quelle différence cela fait que votre ami soit là ou non? Vous croyez qu'on va croire vos absurdités sur une attaque de mort vivant juste parce que vous seriez deux à l'affirmer?
- Ce n'est pas nous que nous espérons que vous croyiez affirmai-je. Mais vos propres yeux, quand vous verrez que mon image ne se réflète pas devant un miroir."
Et Lucie en sortit un et le plaça de manière à révéler devant les yeux du couple ma nature vampirique. Au début, ils crurent en un truquage habile de notre part, mais lorsqu'ils constatèrent mon absence de reflet avec un de leurs propres miroirs, ils furent paralysés de stupeur et d'effroi. Mais bientôt, la colère reprit le dessus, et ils se jetèrent sur nous :
"Qu'est ce que vous êtes? Qu'êtes vous venus faire chez moi? Maintenant, j'en suis sûre, c'est vous qui avez attaqué notre enfant, et vous êtes venu contempler votre oeuvre et vous réjouir de notre détresse, hurla la mère en me frappant. Sortez d'ici immédiatement
- Et vous, comment osez vous faire venir un tel monstre dans notre maison? Et pourquoi nous avoir joué une telle comédie en nous faisant croire que vous alliez nous aider, alors que vous n'êtes là que pour raviver nos souffrances? Vous êtes ignoble!
Je comprenais fort bien les réactions de ces malheureux, causées par leur profonde détresse et le choc de la découverte de l'existence des créatures de la nuit, même s'ils faisaient preuve d'une grande injustice, en particulier envers Lucie. Mais nous n'avions pas de temps à perdre à chercher à nous expliquer, aussi je pris immédiatement ma face vampirique, saisis fermement par un bras chacun des parents et leur ordonna d'une voix ferme :
"A présent, vous allez vous asseoir et vous taire, si vous voulez que votre enfant vive".
Terrorisés par mon apparence monstrueuse, ils se recroquevillèrent dans leur fauteuil, et n'osèrent plus faire un mouvement. Je repris alors ma figure humaine et continuai d'une voix plus calme:
"Que vous m'accusiez moi, je peux l'accepter. Mais comment osez vous prétendre que mon amie Lucie puisse désirer faire du mal à votre enfant, elle qui, depuis son arrivée chez vous, fait tout ce qui est en son pouvoir pour l'aider? Quelle motivation aurait elle de torturer une jeune fille qu'elle n'a jamais rencontrée de sa vie? Soyez raisonnables, et prenez le temps de nous écouter avant de nous juger.
La mère osa, d'une voix d'abord timide, puis plus affirmée
- Mais si j'ai bien compris, vous êtes de la même nature que le monstre qui serait en train de tuer notre fille. Qui me dit que vous n'allez pas attaquer mon enfant? Ou même que vous ne l'avez pas déjà fait? Je veux voir ma fille tout de suite."
Afin de prouver ma bonne foi, j'acceptai d'amener le couple dans la chambre de leur enfant, et ils purent constater que son état n'avait pas évolué depuis mon arrivée. Cela les rassura quelque peu, et lorsque nous revînmes au salon, l'atmosphère semblait un peu plus apaisée. Je repris alors la parole:
"J'admets parfaitement que vous puissiez éprouver des difficultés à me faire confiance, sachant à présent ce que je suis. Malheureusement, vous n'avez pas d'autre choix pour le moment, car c'est précisément parce que je suis moi-même un vampire que je saurai protéger votre enfant de mon abominable congénère.
Le père interrogea alors Lucie :
"Mais il y a quelque chose que je ne comprends pas. Vous avez affirmé vouloir nous aider, et tout ce que vous faites, c'est amener chez nous un monstre comme celui qui aurait attaqué notre fille? Qu'est ce que cela signifie?
- Croyez vous que Lucie se soit contentée de faire appel à moi? lui rétorquai-je. Dès qu'elle m'a mis au courant, j'ai appelé immédiatement une tueuse de vampires pour la prévenir de la situation, et elle devrait arriver chez vous avec son équipe dès demain matin.
- Demain? Et pourquoi pas maintenant?
- Laissez lui le temps de se préparer puis de venir; cela ne se fait pas instantanément.
- Et comment vous pouvez connaître une tueuse de vampires, alors que son métier consiste justement à exterminer des monstres comme vous? demanda la mère
- Justement. En tant que vampire pacifique, il est de mon intérêt d'aider à combattre mes semblables violents, car ils sont mon premier obstacle pour pouvoir cohabiter en paix avec les humains.
- Et comment peut on être sûr que vous êtes pacifique? insista le père. Quelles raisons aurions nous de vous croire?
- D'abord, le fait que vous soyez encore en vie en ce moment. Si j'avais voulu vous tuer, vous et votre fille, je l'aurais fait depuis longtemps.
- De plus, continua Lucie, je me porte garant de la bonne foi de Henry. Sachez que c'est lui qui est responsable de la cicatrice de morsure que vous avez vue sur mon cou. Et pourtant, comme vous le constatez, je suis en parfaite santé, et il est l'un de mes meilleurs amis. Et je sais que Sandrine pourra aussi témoigner en sa faveur, vu qu'elle n'a pas hésité à l'aider à venir ici"
Les deux parents discutèrent ensemble à voix basse pendant quelques instants. Puis, ils se tournèrent à nouveau vers nous et la femme prit la parole :
"Bon, on va prendre le risque de vous faire confiance. De toute façon, qu'est ce qu'on peut faire d'autre? Alors, qu'est ce qu'il faut que nous fassions pour sauver notre enfant?"
Je leur répondis alors :
"Pour le moment, la meilleure façon de nous aider consistera à répondre du mieux que vous pourrez aux questions que je vais vous poser à présent."
Commentaires
Enregistrer un commentaire