Un sauvetage mémorable : partie 2
2) La maladie de la fille des restaurateurs
"Que ... que vous est il arrivé?" me demanda la patronne avec intensité, en me montrant ma cicatrice au cou.
"Oh, cela? Rien de grave, une blessure sans importance, qui est guérie depuis longtemps", répondis-je.
Mais derrière ce ton nonchalant, je ressentais un profonde anxiété. Car je savais que cette femme faisait référence à la cicatrice d'un des baisers du vampire que j'avais reçus de Henry, et l'attention qu'elle y avait portée ne présumait rien de bon.
Je lui demandai à mon tour :
"Pourquoi m'avez vous interrogée sur ma cicatrice?
- Ecoutez, d'ordinaire, je déteste parler de mes soucis à des inconnus. Mais vous avez devant vous une mère désespérée, qui voit son enfant mourir sous ses yeux impuissants, et qui est prête à tout pour la sauver. Or, il se trouve que depuis que ma fille est malade, une plaie qui ressemble exactement à la vôtre est apparue sur son cou.
- QUOI?" m'exclamai-je spontanément.
- Cela vous évoque quelque chose? A vous entendre, cela aurait un lien avec sa maladie. Dites moi tout ce que vous savez, je vous prie, aidez moi à sauver ma fille.
- Je ne demande pas mieux que de vous aider. Mais auparavant, puis-je voir la plaie de votre enfant, afin d'être sûre de ne pas me tromper?
La mère m'emmena sur le champ dans la chambre de sa fille souffrante, qui répondait au joli nom de Virginie. Celle-ci dormait profondément, et je pus observer son cou sans la perturber. Il n'y avait aucun doute possible : cette malheureuse avait bien été mordue par un vampire, et celui-ci ne partageait certainement pas le tempérament bienveillant de mes amis Henry et Lydia, à en juger par l'état de la malade.
Je sortis avec la mère de la chambre et je la priai de m'emmener dans un lieu privé où nous pourrions discuter sans être dérangés. La restauratrice me demanda si elle pouvait appeler son époux pour qu'il participe à l'entretien, ce que j'approuvai sans hésitation. Nous nous installâmes tous dans la pièce principale des appartements privés de la famille, et je m'adressai alors au couple en ces termes :
"Après avoir vu votre enfant, je ne puis que constater qu'elle est en grand danger, et je suis prête à vous apporter toute l'assistance possible pour la sauver. Mais pour cela, vous devez me raconter toutes les étapes de sa maladie sans négliger aucun détail. En effet, je ne puis agir seule, mais je connais des gens qui pourront probablement sauver votre enfant. Mais pour cela, je dois leur restituer une description la plus fidèle possible des évènements. Et le temps presse."
La mère prit alors la parole:
"Tout a commencé il y a près de trois semaines. Virginie était alors l'image même de la santé et de la vitalité, et comme toutes les jeunes filles de vingt ans, elle aimait sortir le soir afin de profiter de sa jeunesse. Un matin, elle sembla un peu plus fatiguée que d'habitude, mais mon époux et moi mîmes cela sur le compte d'une nuit plus agitée que d'habitude, et nous pensâmes que dès le lendemain, elle serait rétablie. Et, en effet, le jour suivant, elle avait retrouvé la santé au point de ressortir à nouveau le soir. Mais le matin suivant, Virginie se révéla encore plus affaiblie, ne parvenant qu'à grand peine à nous assister dans l'entretien du restaurant. Nous décidâmes alors de lui imposer de rester le soir, car nous devinâmes que ces sorties nocturnes avaient contribué à aggraver son état. Mais malgré cela, la santé de notre fille déclina de jour en jour. Au bout d'une semaine, elle n'avait même plus la force de quitter son lit. Nous appelâmes un médecin, qui lui diagnostiqua une carence en fer, et nous prescrivit des comprimés pour la soigner. Pendant deux jours, sa santé sembla légèrement s'améliorer, mais, ensuite, malgré les médicaments, sa maladie s'aggrava. De plus, Virginie semblait avoir des symptômes bizarres auquel nous ne comprenions rien. Elle qui aimait jusqu'alors le soleil et la lumière du jour insistait pour que nous fermions les volets de sa chambre pendant la journée, sous prétexte que cela la rendait encore plus malade. Mais il y a encore bien plus étrange. La semaine dernière, je décidai de veiller dans la chambre de ma pauvre enfant la nuit entière. Malheureusement, terrassée par la fatigue, je dus m'endormir un moment. Lorsque je me réveillai, Virginie n'était plus dans son lit. Paniquée, je réveillai mon mari et nous fouillâmes la maison de fond en comble, en vain. Nous sortîmes alors du restaurant, et courûmes à travers le village toute la nuit à la recherche de notre enfant, mais nos efforts ne furent pas couronnés de succès. Mais à notre retour à la maison, nous retrouvâmes notre fille allongée à nouveau dans son lit, comme si de rien n'était. Mon mari et moi n'y comprenions rien : non seulement notre fille n'avait jamais été somnambule, mais comment pouvait elle sortir comme cela la nuit, alors qu'elle ne paraissait même pas avoir la force de se lever pendant la journée? En plus, je suis sûre que Virginie a eu d'autres crises de somnambulisme pendant sa maladie alors que nous dormions, et que cela a aidé à la rendre encore plus souffrante. Depuis, mon mari et moi passons nos nuits à la veiller à tour de rôle afin de pouvoir la surprendre en train de se lever la nuit et l'empêcher de sortir. Et malgré cela, je ne suis pas sûre que nous ayons réussi à la garder à la maison, car elle continue à s'affaiblir. Voilà où nous en sommes à ce jour, et je crains de voir mon enfant mourir d'un jour à l'autre si cela continue.
- Je vous remercie de tout coeur de ce récit exhaustif de la maladie de votre fille. A présent, me permettez vous de me retirer un moment, car je dois passer un appel important et souhaite ne pas être dérangée."
Le couple de restaurateur me laissa quitter le salon, et je sortis immédiatement du restaurant afin de m'isoler dans ma voiture. Je pris alors mon téléphone portable et composai le numéro de Henry, priant pour qu'il soit déjà éveillé même si le soleil n'était pas encore couché.
Commentaires
Enregistrer un commentaire