Un sauvetage mémorable : partie 11
11) Arrivée d'Annie et son équipe
(Annie Winters est la narratrice)
La matinée était déjà entamée lorsque j'arrivai avec mon équipe dans le petit village où habitait la jeune victime. La veille, après l'appel de Henry, j'avais consacré toute le restant de la soirée aux préparatifs de notre expédition, d'une part, en mobilisation tout le personnel dont j'avais besoin, et d'autre part, en recueillant autant que possible des renseignements sur le village et ses environs, où, jusqu'à ce jour, aucune activité vampirique n'avait été signalée. La nuit était encore noire lorsque notre petit convoi, constitué de quatre véhicules, dont une ambulance, quitta le quartier général. J'étais accompagnée de mon fidèle second, Abraham, huit de mes meilleurs tueurs et tueuses, ainsi que de deux membres de notre personnel soignant spécialisé dans la prise en charge des victimes de vampires. Nous avions calculé notre trajet de manière à n'arriver dans cette contrée qu'après le lever du soleil, afin d'éviter d'être détectés par l'ennemi. Une heure avant notre arrivée au village, Henry m'avait envoyé par mail le compte rendu rédigé par son amie Lucie et qui comprenait toutes les informations qu'ils avaient pu réunir sur le cas de cette malheureuse, et, après l'avoir transféré à mes collègues, j'avais consacré le reste du trajet à le lire. Je fus fort surprise de constater qu'ils étaient parvenus à recruter Sandrine, une infirmière que je connaissais par Lydia, pour les assister, mais plus encore lorsque je découvris non sans déplaisir les méthodes employées par Henry, à qui il faudra que je demande quelques explications lorsque je le verrai.
Après avoir garé nos véhicules devant le restaurant, nous avançâmes vers la porte d'entrée. Quelques instants après avoir sonné, un couple que j'identifiai comme les parents de la victime, nous ouvrit.
"Ah, c'est vous la tueuse de vampires? demanda la mère, un peu hésitante
- Oui, leur confirmai-je. Je m'appelle Annie Winters et voici mes adjoints.
- Je vous en prie, entrez, et mettez vous à l'aise. Nous avons fermé notre restaurant pour la journée afin de le mettre à votre disposition pour que vous et votre équipe puissiez y travailler à votre aise. Souhaitez vous que nous vous préparions le petit déjeuner?
- Nous vous remercions pour votre initiative, mais nous ne souhaitons pas abuser de votre hospitalité. Voici mon équipe médicale, le docteur Rice, ainsi que Mme Meyer, une de nos infirmières. Auriez vous l'obligeance de les conduire à la chambre de votre fille?
Tandis que le père, malgré mes réserves, se rendit à la cuisine pour préparer le café, la mère guida les deux soignants à l'étage, et je leur emboîtai le pas tandis que le reste de mes hommes s'installait dans la grande salle du restaurant. Je retrouvai Sandrine au chevet de la malade:
"Bonjour Sandrine. J'avoue que je ne m'attendais pas à te revoir dans de telles circonstances. Alors, comment va ta patiente?
- Pour le moment, son état semble s'être stabilisé. Voici son dossier de soins, répondit-elle en tendant à ses collègues quelques feuilles de papier.
- Tu dois être épuisée après cette longue nuit. Va te reposer, tu en as bien besoin, nous sommes là pour prendre la suite. Où sont Henry et Lucie?
- Henry s'est installé à la cave de l'établissement peu avant le lever du soleil, et Lucie dort dans une des chambres voisines. Dois-je la réveiller?
- Non, c'est inutile pour le moment. Je m'entretiendrai avec elle plus tard. Je vais à présent rejoindre Henry"
Alors que j'étais sur le point de quitter la chambre, j'entendis une voix qui partait de l'extrémité du lit, et tournant la tête, je vis avec stupeur la malade qui prononçait ces paroles tout en nous adressant un petit sourire:
"Oh, bonjour. Seriez vous des personnes venues prendre soin de moi? Mon Maître m'a dit d'être très aimable avec vous et j'espère que vous serez satisfaite de votre patiente"
Je devinai aisément l'influence de Henry dans l'attitude de la jeune fille à notre égard, qui se révélait très atypique dans un contexte de possession vampirique. D'ailleurs, le docteur Rice fut agréablement surpris en constatant que son état s'avérait bien moins grave qu'il ne s'y était attendu après trois semaines depuis le début du processus de transformation progressive. Quelques instants plus tard, j'avais rejoint Henry à la cave, et nous discutâmes ensemble des évènements de la nuit. Je l'assurai que, malgré ma désapprobation de principe, je comprenais le choix qu'il avait cru bon de faire dans de telles circonstances, et le remerciai de toute les efforts que lui et ses amis avaient fournis pour aider cette pauvre jeune fille. Peu après, je le laissai se reposer, rejoignis mes adjoints qui dégustaient le repas que leur avait préparé notre hôte dans la grande salle du restaurant, et leur annonçai:
"Dans une heure, réunion de travail afin de mettre en place notre plan de campagne. D'ici là, prenez bien le temps de lire le rapport que je vous ai transmis à tous".
De mon côté, je me replongeai dans la lecture du compte rendu de Lucie, m'interrompant de temps à autre pour poser quelques questions à mes hôtes et effectuer quelques appels au quartier général.
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