Le combat de la Sainte Inquisition contre les sorcières perverses : partie 10

 12) Les procès de la cour de la Sainte Inquisition, partie 4 : un moine dépravé

Après une pause d’une demi-heure, la cour fit appeler le prochain accusé. Un jeune homme d’une vingtaine d’années d’une très grande beauté fit son apparition sur le banc des accusés. Le frère Richard, qui avait marché en haillons lors du défilé de la veille, comparaissait pour avoir violé ses voeux de chasteté et de pauvreté. Mais lorsque le juge lui signifia l’acte d’accusation, il se contenta de répondre avec morgue:
« Je n’ai rien fait de ce que vous me reprochez »
Le juge fit appeler de nombreux témoins qui rendirent compte des mauvais comportements de l’accusé. Ses parents, de riches commerçants de la cité, reconnurent avoir envoyé une forte somme d’argent à leur fils qui se plaignait de la trop grande austérité de la vie monacale. Le supérieur de son couvent se présenta à la barre, et montra les vêtements et bijoux qu’il avait retrouvés dans la cellule du frère Richard : des tuniques brodées de fil d’or, un manteau doublé en fourrure, des bagues ornées de pierres précieuses. Un tel luxe indigna tous les religieux présents au tribunal. Des jeune filles racontèrent avoir rencontré l’accusé qu’elles avaient pris pour un jeune noble de passage dans la région, et qui, séduites par sa beauté et son élégante manière de parler, avaient cédé à ses avances. Le père Lucien prononça une grande tirade dénonçant la mentalité profondément dépravée du frère Richard, complètement contraire à toutes les règles morales et religieuses. Mais lorsque l’accusateur eut terminé son réquisitoire, l’accusé, qui avait assisté à tous ces débats sans se départir de son attitude arrogante, prit à son tour la parole :
« Je n’ai rien fait, je vous le répète. Tout ceci n’est qu’un vaste complot pour me nuire, monté par des gens qui sont jaloux parce que mes parents sont riches. Allez vous considérer la parole de paysannes comme ayant plus de valeur que celle d’un homme d’Eglise?  Ces vêtements, ils ne m’appartiennent pas.  Et puis je n’accepte pas de me voir accusé de violer le voeu de pauvreté par un juge qui porte une croix d’or à la poitrine et loge dans un palais somptueux, et  le voeu de chasteté par tous ces magistrats dont il est de notoriété publique qu’ils commettent le péché de chair régulièrement,  Et…
Monseigneur Thomas interrompit alors immédiatement le frère Richard :
« Silence. Comment oses tu m’accuser, et accuser tous ces éminents serviteurs de Dieu de ne pas honorer nos voeux de chasteté et de pauvreté, qui sont les bases mêmes de notre engagement dans la vie religieuse? Voyez à quel point ce moine parjure est enfoncé dans le péché pour ainsi manquer de respect envers les hommes d’Eglise avec autant d’impudence et se complaire dans la calomnie. »
En réalité, bien plus que la rupture de son voeu de chasteté, le juge inquisiteur lui reprochait de n’avoir pris aucune précaution pour protéger ses partenaires sexuelles pendant ses ébats. S’il était permissif en ce qui concernait le péché de chair, il ne souhaitait pas que son indulgence n’entraîne de conséquence fâcheuses, en particulier pour les femmes. Ainsi, en cas de grossesse, les responsables étaient condamnés à quitter la vie religieuse afin de pouvoir reconnaître l’enfant et ainsi lui éviter le déshonneur social. De plus, Monseigneur Thomas désapprouvait la vanité du jeune homme qui étalait son statut social élevé devant ses camarades de couvent moins fortunés.
«  Comme vous le constatez, poursuivit-il, cet homme est tellement corrompu par ses vices qu’il persiste à nier ses crimes. Aussi, demain matin, ce coquin sera soumis à la question, seule capable de pouvoir chasser le démon qui possède son âme et lui permettre de retrouver la voie de la vérité »
Le frère Richard répondit avec grand éclat de rire
« Vous ne me faites pas peur avec votre « question ». Vous ne me ferez rien avouer »
En réalité, devant l’accumulation de preuves contre lui, il avait été contraint d’avouer ses forfaits une semaine auparavant, et tant le défilé que cette audience publique constituaient sa pénitence. L’évêque espérait donner une leçon d’humilité au jeune homme et lui montrer l’importance de prendre en compte les autres au lieu de ne penser qu’à son propre plaisir
« Nous verrons cela, répliqua Monseigneur Thomas. Gardes, emmenez le prisonnier. La séance est levée »
Et ainsi se conclut cette première journée pour la cour de justice inquisitoriale

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