Le combat de la Sainte Inquisition contre les sorcières perverses : partie 7

 9) Les procès de la cour de la Sainte Inquisition : partie 1 : la repentie

Dès le lendemain de la procession, les grands procès de la Sainte Inquisition commencèrent. Une grande salle située dans l’aile ouest du palais épiscopal servait de tribunal. A huit heures et demie du matin, tous les bancs destinés au public étaient déjà presque remplis. Le Grand Inquisiteur, qui présidait la Cour, monta sur l’estrade située contre le mur du fond de la pièce, et s’installa sur son siège, immédiatement rejoint par deux moines qui s’installèrent de chaque côté afin de l’assister. Le jury, constitué de dix moines appartenant au corps Inquisitorial était installé sur leur banc situé contre le mur de gauche. Derrière son pupitre proche du coin au fond à gauche du tribunal, siégeait l’accusateur inquisitorial, le plus dévoué lieutenant du grand Inquisiteur, qui avait fièrement défilé la veille en exhibant son ennemie enfin vaincue. Au niveau du mur opposé, une porte menait au banc des accusés, séparé du reste du tribunal par une cloison de près d’un mètre de haut, devant lequel une petite table se dressait où siégeait le religieux chargé d’assister le prévenu pour sa défense.
Après avoir fait fermer la porte d’entrée du tribunal, Monseigneur Thomas, président de la cour Inquisitoriale déclara la séance ouverte et ordonna de faire entrer la première accusée. Encadrée de deux gardiens, la jeune fille accusée de sorcellerie qui, la veille au défilé, priait avec ferveur avec son livre et sa croix, fit son apparition. L’évêque s’adressa à elle en ces termes
« Accusée, nomme toi devant cette cour
- Je suis demoiselle Odile, monseigneur le juge de la sainte Inquisition
- Demoiselle Odile, tu comparais devant cette cour, car tu es accusée de sorcellerie. Comment plaides tu?
- Je plaide non coupable, monseigneur
- Assistant, faites venir le premier témoin »
Celui-ci appela le frère James, et, un instant après, un jeune religieux mince et de petite taille se dressa devant la barre face à l’estrade des juges. Il déclara sur serment avoir observé, dissimulé sous d’épais buissons la prévenue en compagnie de plusieurs de ses semblables participer à des cérémonies au cours desquelles la foi chrétienne était niée et ridiculisée, et des mannequins représentant des hommes d’Eglise saccagés puis jetés au feu. Se succédèrent ensuite plusieurs personnes qui affirmaient avoir reçu de l’accusée d’étranges potions qui leur avait fait perdre le contrôle de leur propre corps, et les mettait ainsi à sa complète merci. Thomas, riant intérieurement, devinait que ces gens faisaient allusion aux tisanes soporifiques que la jeune guérisseuse avait pour instruction de donner aux patients pour leur permettre de profiter d’un sommeil réparateur qui favoriserait leur guérison. Néanmoins, lorsque le dernier témoin quitta la barre, il s’adressa sévèrement à l’accusée.
« Accusée Odile, tu as entendu toutes ces dépositions, qui t’accablent. Persistes tu à plaider non coupable?
- Oui, Monseigneur le juge. Même si je reconnais les faits dont je suis accusée, j’affirme que je suis plus victime que coupable. Mon unique ambition dans ma vie était de faire le bien autour de moi, en suivant les préceptes de notre Sainte Mère l’Eglise, et c’est pourquoi j’ai souhaité voué mon existence à aider les malades. Mais à ce moment, j’ignorais que je tomberais sous l’influence de créatures perverses qui abuseraient de ma naïveté pour m’entraîner dans leurs crimes. Elles prétendaient m’apprendre à guérir les autres, mais, au lieu de cela, elles m’ont juste transmis les recettes du diable. Sous prétexte de séminaires de formation, elles me conviaient à leurs rituels maléfiques, et, seule contre toutes, je n’osais m’opposer à elles. Je vous supplie de croire que dès que j’ai pris conscience à quel point elles m’avaient entraîné loin dans le vice, je m’en repentis immédiatement, souhaitant enfin retrouver la voie du Bien. Mon arrestation m’apporta un profond soulagement, car même si ma vie était en danger, je pouvais espérer que mon âme elle, pourrait être sauvée. Malgré les apparences, je n’ai jamais cessé de croire en notre bonne et vraie religion chrétienne, et en notre Sainte Trinité, le Père, le Fils et le Saint Esprit. C’est pourquoi j’ai immédiatement témoigné devant les  enquêteurs de la Sainte Inquisition des crimes des misérables qui avaient tenté de me pervertir. Et dès que je le puis, je prie dans l’espoir que Dieu veuille bien me pardonner mes offenses et, peut être, m’accorder sa grâce. Aussi j’implore cette sainte cour de pardonner mes égarements, et de prendre en compte mon sincère repentir lorsqu’elle prononcera son jugement."
La malheureuse accusée avait peine à retenir ses larmes en plaidant ainsi sa cause. Dans la salle, personne ne pouvait douter de la sincérité de ses regrets. Aussi, le juge inquisiteur lui répondit, d’une voix douce:
« Demoiselle Odile, tu a prouvé à maintes reprises depuis ton arrestation ton profond et authentique désir de te racheter en coopérant avec la Sainte Inquisition. La cour en tiendra compte lorsqu’elle prononcera sa sentence.
- Je vous en remercie humblement, monseigneur le juge de la très Sainte Inquisition
- Gardes, vous pouvez faire sortir l’accusée. Je déclare la séance levée »
Après le départ de la prévenue et des magistrats, le public évacua progressivement la salle d’audience.

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