Le combat de la Sainte Inquisition contre les sorcières perverses : partie 4
6) Le moine ensorcelé
Le lendemain matin, dans les geôles de l’Inquisition, le frère José fut chargé d’apporter le repas aux prisonnières. Celles-ci l’accueillaient avec des propos moqueurs et obscènes, tandis qu’il leur distribuait le pain, le fromage et l’eau. Mais, insensible à ces quolibets de ces perverses mégères, il continuait imperturbablement sa tournée lorsqu’il arriva dans la dernière cellule qu’il devait visiter, où était enfermée une jeune femme d’une trentaine d’années qui, à la différence de ses codétenues, l’accueillit avec politesse et amabilité :
« Bonjour, mon frère. Je vous remercie pour ce repas que vous m’apportez, et je me désole que vous ayez à subir toutes ces méchancetés lorsque vous ne faites que votre devoir »
Et, en prononçant ces mots, elle lui adressait un large sourire. A cet instant, elle ne portait qu’une courte jupe qui dévoilait ses belles jambes nues, ses longs cheveux noirs étaient détachés, et sa tunique laissait deviner une poitrine bien faite. Ce bien joli spectacle déconcerta le jeune homme, qui répondit en balbutiant :
- Je … je vous en prie »
Le frère José connaissait déjà sa prisonnière, avec laquelle il travaillait régulièrement à l’hôpital. Dame Caroline était une guérisseuse réputée pour sa compétence et sa grande bienveillance envers les malades, et il avait beaucoup appris à son contact. Mais jamais elle ne lui avait parue aussi belle que ce matin-là, dans ce cadre sinistre qu’elle illuminait de sa seule présence.
« Mon frère, continua-t-elle, il est bien triste de manger toute seule. Consentiriez vous à rester à mes côtés pendant mon déjeuner, s’il vous plaît? Je vous promets que cela ne durera pas longtemps »
Et elle accompagna cette supplique d’un sourire enjôleur. Jugeant cette requête bien innocente, frère José accéda volontiers à cette demande, heureux de passer un peu plus de temps avec une si belle femme. Pendant qu’elle prit son repas, Dame Caroline ne manqua pas la moindre occasion de mettre en valeur devant le jeune homme les plus beaux attributs que lui avaient accordé la nature. Hypnotisé, le moine ne pouvait détacher son regard de sa prisonnière. Quand elle eut terminé son déjeuner, celle-ci s’adressa à nouveau à lui :
« Gentil moine, j’ai si peur. Pourquoi suis-je ici? Que va-t-il m’arriver?
- Vous avez été arrêtée pour sorcellerie, et vous serez bientôt jugée pour vos crimes, répondit frère José, en tentant de reprendre un ton sérieux.
- Moi? Une sorcière? Vous ne croyez quand même pas de telles absurdités, n’est ce pas? Je suis innocente, je vous le jure.
- Ce n’est pas à moi d’en juger, mais au tribunal de notre Sainte Inquisition.
- Et si ce tribunal me déclare coupable? Je vais alors être brûlée vive, ou bien pendue? Et pourtant je n’ai jamais fait de mal à personne. Je suis une bonne chrétienne, pas une sorcière, croyez moi. »
Les larmes coulaient de ses yeux tandis qu’elle prononçait ses paroles, et frère José en fut profondément perturbé.
« Si vous êtes innocente, vous n’avez rien à craindre.
- Vous savez aussi bien que moi que les tribunaux préfèrent condamner des innocents plutôt que d’admettre leur erreur. Je connais votre dévouement à l’Eglise et votre attachement à remplir vos devoirs. Mais parfois, lorsqu’une vie innocente est en jeu, il faut savoir faire des exceptions. Aidez moi à m’enfuir, et je vous promets que vous aurez alors accompli une bonne action.
- Mais comment puis-je savoir que vous êtes innocente? Je ne vous connais pas assez pour en juger.
- Eh bien, peut être serait il temps que vous me connaissiez un peu mieux ».
Et elle s’approcha de lui et caressa sa joue gauche de sa main délicate, tandis qu’elle lui donna un petit baiser sur sa joue droite. Le frère José la regardait un sourire béat aux lèvres, sans faire le moindre mouvement. Puis, dame Caroline le prit dans ses bras, et, n’y tenant plus, il l’enlaça à son tour et leurs lèvres se joignirent en un long baiser langoureux. Lorsqu’ils eurent tous deux assouvis leurs désirs, la belle ensorceleuse dit à sa jeune victime :
« A présent que vous me croyez, vous devez absolument me faire sortir d’ici.
- Ne vous inquiétez pas, ma belle dame. J’ai déjà mon plan. Voici ce que nous allons faire. »
Quelques minutes plus tard, frère José sortit du cachot et, ayant terminé sa tâche, retourna dans son monastère.
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