Le combat de la Sainte Inquisition contre les sorcières perverses : partie 2
3) L’arrestation
Quelques jours plus tard, alors que la nuit était déjà tombée, Jeanne et sa fille entendirent cogner à la porte de sa maison et une voix masculine grave et forte ordonner :
« Ouvrez, au nom de la Sainte Inquisition. »
Bien que sa fille tremblât de peur devant l’arrivée de la police ecclésiastique, la mère ouvrit la porte calmement, et vit un groupe d’hommes en soutane sur le seuil, et s’adressa à eux d’une voix défiante
« Que me voulez vous? De quel droit vous permettez vous de vous introduire chez moi à cette heure tardive?
- Silence, femme, répondit un homme de grande taille qui semblait mener les autres. Au nom de la Sainte Eglise, ta fille et toi êtes arrêtes pour sorcellerie. Saisissez les immédiatement. »
A cet instant, deux hommes attrapèrent chacun un bras de Jeanne et l’immobilisèrent, puis la forcèrent à placer ses mains derrière le dos qu’ils enchaînèrent avec des fers.
« Isabelle, fuis, ne les laisse pas t’attraper » cria la prisonnière.
Mais, furieuse de voir sa mère traitée ainsi, la jeune fille, oubliant sa peur, courut en direction des deux hommes en criant :
« Lâchez ma maman, sales brutes »
Mais avant qu’elle ne parvienne à rejoindre Jeanne, deux autres hommes s’étaient emparés de la jeune fille et l’avaient enchaînée à son tour. Le chef du groupe ordonna ensuite à ses acolytes de s’emparer des livres et papiers présents dans la petite maison, comme pièces à conviction qui établiraient la culpabilité de ces criminelles. Les deux femmes furent amenées dans un chariot auquel leur chaînes furent fixées, les forçant à rester debout, adossées à la ridelle du véhicule. Jeanne aperçut alors, en retrait par rapport aux autres, un homme vêtu d’une soutane violette et d’un manteau de même couleur, dont le capuchon redressé sur sa tête dissimulait le visage. Mais elle sembla l’avoir reconnu, car, à sa vue, elle haussa les épaules et lui envoya un regard profondément méprisant. Le convoi se mit alors en route, éclairé par les torches des troupes inquisitoriales, sous les yeux ébahis de nombreux curieux venus assister au spectacle. Peu après, Jeanne et Isabelle aperçurent d’autres chariots les rejoindre, et qui transportaient d’autres femmes enchaînées, elles aussi arrêtées par la police ecclésiastique, et elles reconnurent avec consternation leur compagnes du sabbat. Le mari de l’une d’elles courait vers la charrette qui la transportait, suppliant : « Pas ma femme, je vous en supplie, elle n’a rien fait de mal », mais était repoussé par les troupes de l’Inquisition. Des enfants gémissaient en voyant leur mère emmenée prisonnière. Mais le convoi poursuivait inexorablement sa route en direction du palais de l’évêque dans lequel l’Inquisition détenait ses suspects et rendait ses jugements. Et, dès leur arrivée, Jeanne et sa fille furent emmenées dans une prison souterraine et furent enfermées ensemble dans un sombre cachot.
Isabelle était terrifiée :
« Maman, qu’allons nous devenir? demandait-elle en pleurant.
- Ne t’inquiète pas ma chérie, je suis là. Je ferai tout pour nous sortir de là, fais moi confiance »
Et Jeanne prit sa fille dans ses bras afin de la réconforter, et tous deux restèrent longtemps enlacées.
4) Confrontation entre Jeanne et l’évêque
Près d’une heure après leur arrivée, Jeanne vit la porte de sa prison ouverte et trois jeune moines à la mine sévère y entrer. L’’un d’entre eux s’adressa à elle :
« Femme, tu es convoquée par Monseigneur l’évêque. Tu dois nous suivre immédiatement.
- Et qu’est ce qu’il croit, Son Inexcellence ? Que je vais répondre à son appel comme une chienne devant son maître? Qu’il vienne lui-même ici, c’est un endroit qui lui convient très bien.
- Insolente, répondit le moine avec colère. Comment oses tu parler ainsi du Grand Maître Inquisiteur, notre guide pour suivre la voie de Dieu? Tu viendras avec nous, que tu le veuilles ou non. »
Et les trois religieux saisirent Jeanne qui, bien qu’elle se débattit autant qu’elle put, ne parvint pas à les empêcher de lui enchaîner les poignets derrière son dos, et de l’entraîner en dehors de la cellule, sous les pleurs de sa fille. Encadrée par deux moines qui la maintenaient chacun un bras, elle fut emmenée vers les appartements de l’évêque. Après avoir monté un grand escalier, puis parcouru plusieurs salles élégamment, mais sobrement meublées et décorées, elle arriva dans une antichambre, où elle fut laissée à la garde d’un moine, tandis que les deux autres entraient dans une pièce après avoir refermé la porte derrière eux. Peu après, l’évêque, un homme de quarante cinq ans, de taille moyenne, aux cheveux noirs et le visage recouvert d’une barbe fournie, mais courte, vêtu de son habit violet, entra dans l’antichambre. Il ordonna à ses subordonnés de le laisser seule avec la prisonnière, et de veiller à ce que personne ne vienne le déranger jusqu’à nouvel ordre. Quand les moines eurent quitté la pièce, l’évêque et la captive se regardèrent quelques instants sans rien dire. Puis Jeanne brisa le silence :
« Thomas
- Jeanne », répondit lentement l’évêque.
Soudain, le visage de cette dernière s’illumina d’un grand sourire, et elle s’adressa d’une voix chaleureuse à l’évêque :
« Alors, qu’est ce que tu attends? Je sais que tu en meurs d’envie depuis l’instant où tu as vu tes hommes m’emmener. Allons, viens vers moi, et fais toi plaisir »
Monseigneur Thomas sourit à son tour et s’approcha alors de sa prisonnière et la prit tendrement dans ses bras. Puis tous deux s’embrassèrent avec passion, longuement, jouissant ensemble de chaque instant.
Commentaires
Enregistrer un commentaire