Le combat de la Sainte Inquisition contre les sorcières perverses : partie 1

 1) Introduction

Il y a bien longtemps, dans un grand royaume proche du nôtre, l’Eglise essayait autant que possible de maintenir son influence sur un peuple qui, de plus en plus éclairé par les textes philosophiques, se détournait de la foi chrétienne. Mais, en dépit des efforts des prêtres et évêques, les messes  attiraient de moins en moins de fidèles, en particulier des jeunes, et bien des paroisses dépérissaient. Et pourtant, dans ce marasme, un évêché continuait à prospérer de manière insolente. La cathédrale était pleine à craquer au moment des messes, les monastères et couvents ne désemplissaient pas de moines et de religieuses. Non seulement l’évêque possédait l’un des plus grands et des plus beaux bâtiments du royaume, mais il exerçait aussi des fonctions de police et de justice dans son diocèse en y restaurant l’Inquisition, avec la bénédiction de ses paroissiens. Ainsi, il veillait à ce que l’Autorité de la Sainte Eglise soit respectée dans le territoire dont il avait la responsabilité

2) Le sabbat des sorcières

Pourtant, certaines continuaient à résister contre le pouvoir de l’évêque. Ainsi, ce soir là, une dizaine de femmes, toutes vêtues de noir, marchaient dans les bois proches de la ville. La plus jeune avait 16 ans, et la doyenne, malgré ses 75 ans, montrait le même pas assuré que ses compagnes. Lorsqu’elles arrivèrent dans une vaste clairière, la meneuse du groupe, une femme brune de taille moyenne, âgée d’environ quarante cinq ans, nommée Jeanne fit signe à ses compagnes de s’arrêter :
« Nous sommes arrivées, mes soeurs ; il est temps à présent de commencer la cérémonie »
Un grand feu de joie fut préparé au centre de la clairière, autour duquel toutes s’installèrent en cercle. Peu après, la guide spirituelle reprit la parole :
« Mes soeurs, nous sommes réunies ce soir pour rendre hommage à tous ceux et celles à qui nous devons notre existence et notre bonheur. Soyez loués, terre nourricière, de qui nous tirons notre subsistance en nous apportant les arbres qui nous nourrissent de leur fruits, les herbes grâce lesquelles nous pouvons nous vêtir et nous soigner. Sois béni, ô Soleil, qui, par votre lumière et votre chaleur, nous donnez la vie à tous, et vous Ciel, dont les nuages apportent l’eau dont nous avons tant besoin. Notre Vie est entre vos mains, et nous chantons vos louanges afin que vous continuiez à nous combler de vos bienfaits. Mes soeurs, chantons et dansons ensemble à la gloire de ces divinités naturelles à qui nous devons tant »
Et toutes les femmes formèrent une ronde autour du feu en chantant en choeur d’anciens cantiques célébrant les dieux ancestraux. A intervalles réguliers, chacune des participantes se détachait du cercle, et, après avoir retiré sa robe noire et profitant de la chaleur du brasier, dansait nue avec des mouvements à la fois lascifs et délicats, sous les applaudissements et les cris de joie de ses compagnes. Même la doyenne fit profiter de ses talents la joyeuse assemblée.
Après une heure de chansons et de danses, la grande prêtresse païenne fit signe à ses disciples de s’arrêter, et s’adressa à l’ensemble du groupe :
« Mes soeurs, nous devons à présent faire un sacrifice pour nos dieux et déesses. Amenez la victime »
Les assistantes sortirent alors des sacs qu’elles avaient apporté deux grands bâtons, qu’ils joignirent ensemble en formant une croix d’une hauteur correspondant à la taille d’un homme qu’elles plantèrent ensuite solidement au sol. Avec de la paille, elles fabriquèrent un grand épouvantail qu’ils revêtirent d’une robe de moine et sur la tête duquel elles fixèrent un masque grimaçant. Jeanne désigna alors le mannequin d’un geste méprisant :
« Voici l’Ennemi sournois, le tyran qui veut nous soumettre à son culte du Père, du Fils et du Saint Esprit. Celui qui méprise la nature et veut imposer ses divinités mâles et nous asservir, nous les femmes. Mais nous ne nous plierons jamais à ses rites barbares et impies, et suivrons toujours nos coeur de femmes libres. Nous sommes belles, nous sommes fortes, et nous résisterons toujours contre l’oppresseur.
- Nous sommes belles, nous sommes fortes, et nous résisterons toujours, répondirent en choeur l’ensemble du groupe.
- Et c’est pourquoi nous offrons ce modeste tribut à nos divinités, et ainsi montrer que leur pouvoir dépasse largement celui de ces prêtres qui se croient les messagers de leur Dieu »
Après cette invocation, les assistantes ramassèrent des pierres, de la terre, des fruits tombés des arbres et les jetèrent sur l’épouvantail qui finit par se déformer en perdant une partie de sa paille suite aux chocs qu’il recevait. Ensuite, toutes saisirent un bâton et se mirent à frapper le mannequin, qui, finit par se briser sous les coups.  
Enfin, elles jetèrent les morceaux de l’épouvantail dans le feu où il se consuma au milieu des rires joyeux et moqueurs. Ce sacrifice conclut la cérémonie, et, après avoir éteint le feu de joie, toutes quittèrent la clairière pour retourner en ville. A la lisière du bois, elles se séparèrent pour retourner chacune dans leur foyer. La grande prêtresse fut bientôt uniquement accompagnée de sa fille de vingt ans qu’elle emmenait à chaque cérémonie et dont elle espérait qu’elle prendrait sa suite dans le futur.

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