Reminiscences du passé et nouvelles rencontres : partie 10
11) L'arrivée d'Annie Winters
Le mercredi soir suivant, Lucie, Mina, Jonathan et moi étions installés au salon lorsque la sonnette retentit. Après avoir ouvert la porte, je vis devant moi une femme de taille moyenne aux cheveux bruns, vêtue d’un tailleur et d’un pantalon bleus sombre, et qui tenait un grand sac à sa main gauche
« Bonsoir Henry, me lança Annie d’un ton joyeux. Cela me fait plaisir de te voir
- Bonsoir Annie. Entre, je te prie, nous n’attendions plus que toi »
Après m’avoir donné sa veste, la nouvelle arrivante me suivit au salon. Je commençai alors les présentations
« Mes amis, je vous présente Annie Winters, tueuse de vampires au sein de l'OSIPV. »
Puis, désignant successivement mes trois compagnons:
« Annie, voici Lucie, chercheuse en biologie métabolique, Jonathan, ingénieur informatique, et Mina, technicienne
- Ravie de faire votre connaissance, déclara poliment l’agent
- Tout le plaisir est pour nous, répondirent ensemble mes trois amis. »
Après s’être installée sur un fauteuil, Annie me désigna ensuite son sac:
« Henry, j’ai apporté quelque chose à ton intention, mais il serait préférable de le mettre au frais dès que possible »
Je regardai dans le sac et y trouvai une petite glacière, dans laquelle était rangée une poche de sang couvert par un pack réfrigérant
« Comme tu t’en doutes, il est d’origine humaine ; le donneur présentait un taux d’hémoglobine à plus de 16 grammes/dl : tu vas te régaler»
Touché par l’attention d’Annie, je la remerciai chaleureusement, et rangeai au réfrigérateur mon cadeau, avant de retourner au salon, où une conversation avait déjà commencée. Jonathan interrogeait l'agent pour en savoir plus sur son métier :
« Une tueuse consacre la plus grande partie de son temps de travail à mener des investigations pour retrouver les vampires et à s’entraîner au combat. En tant que cheffe d’équipe, j’ai aussi la responsabilité de diriger mes subordonnés, les motiver, et répartir leurs tâches afin que nos opérations soient menées le plus efficacement possible. Bien évidemment, les raids pour détruire les vampires représentent le coeur de notre métier; et c’est pourquoi nous les préparons le plus minutieusement possible car un détail peut faire la différence entre le succès et l’échec.
- Etes vous policière, comme l’était votre mère, afin de faciliter vos investigations? demanda Lucie
- En effet. Mes supérieurs dans les forces de l’ordre connaissent mon affiliation à l’Organisation, et contribuent à me couvrir afin que je puisse enquêter à ma guise.
- Avez vous récemment eu l’occasion de tuer des vampires particulièrement redoutables? s’interrogea Mina
- Oui. Il y quelques semaines, j’ai eu le privilège de débarrasser enfin le monde de deux de ses plus abominables créatures. Henry, je pense que tu as entendu parler de Drake et Camille?
- Le couple maudit? Je m’en souviens bien. Ils avaient la réputation de massacrer des familles de la manière la plus cruelle possible, en torturant, mutilant et tuant les enfants en présence de leurs parents, avant d’achever ces derniers. A côté d’eux, André me paraissait un enfant de choeur.
- Eh bien, après des années de traque, j’ai enfin réussi à les avoir. Avec mon adjoint Abraham, nous avions veillé à ce que le raid ne déroule sans accroc. Vous n’imaginez pas la satisfaction que j’ai ressentie en plantant enfin mon pieu dans le coeur de Drake, en sachant à cet instant qu’il ne ferait plus jamais de mal à qui que ce soit. Abraham m’a décrit un sentiment analogue lorsqu’il a tué Camille. C’est pour ces moments que nous exerçons ce métier, malgré toutes les frustrations qui y sont associées.
- Que voulez vous dire, demanda Lucie.
- Tous les cas où nous arrivons trop tard, sans avoir pu empêcher ces monstres de faire des victimes. Ou lorsqu’un de nos raids échoue, et que nos cibles parviennent à nous échapper, ou, pire, quand nous perdons un collègue, tué par un vampire. Et surtout, le sentiment que notre mission ne connaîtra jamais de fin. Car, malgré tous nos efforts, nous ne réussissons pas à réduire la population de vampires, car ils semblent se reproduire aussi rapidement, voire plus, que nous ne parvenons à les tuer. Difficile de ne pas sombrer dans le découragement dans de telles conditions. Mais nous devons continuer, car nous savons que, malgré tout, notre action permet de sauver des innocents.
- Mais parmi les vampires, n’y en a-t-il pas certains qui refusent la violence, comme Henry?
- De moins en moins: connaissant le danger que représentent leurs congénères pacifiques, les vampires violents sélectionnent leurs recrues chez des humains déjà connus pour leurs comportements criminels de leur vivant, sachant que ceux-ci embrasseront la violence sans hésitation après leur transformation. Il y a quand même un point positif à souligner : le niveau intellectuel moyen chez les vampires semble avoir diminué, puisque la cruauté est devenu un critère prioritaire de recrutement au détriment de l’intelligence. Aussi, nos raids s’en trouvent relativement facilités, car nos adversaires font plus d’erreurs qu’auparavant. »
Ce commentaire d’Annie nous fit tous bien rire. Néanmoins, en consultant mon horloge, je réalisai que le dîner était prêt et je priai mes invités de se mettre à table.
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