Réminiscences du passé et nouvelles rencontres : partie 19

 21) Le festin des vampires, partie 5 : le dernier plat

(Lucie est la narratrice)

Combien de temps étais-je restée enfermée dans ce sombre cachot? Après que les deux monstres aient emporté Jonathan et le malheureux couple inconnu, nous étions restées seules, Mina et moi, si proches, et pourtant sans possibilité de nous parler ni nous toucher. Nous ne pouvions nous réconforter l'une l'autre qu'en échangeant nos regards, ainsi que des sourires déformés par nos bâillons. En dépit de ces contraintes, la présence de mon amie m'aidait à supporter cette épreuve. Malheureusement, quelque temps plus tard,  la vampire revint et, après m'avoir détachée du mur et placée pieds et poings enchaînés sur le matelas, emmena Mina avec elle, me privant ainsi d'un très précieux soutien. Seule, dans ce décor sinistre, je ressentis alors bien plus intensément l'angoisse qui étreint les condamnés avant l'heure du supplice. Chaque minute paraissait durer une éternité, chaque bruit me faisait sursauter tandis que j'attendais dans ma sombre prison. 

Enfin, j'entendis des bruits de pas qui descendaient l'escalier, et peu après, cette femme au visage démoniaque apparut devant moi. Après m'avoir fait sortir de mon cachot, elle me força à monter les marches avant de me bander les yeux, et de m'entraîner vers une mystérieuse destination. Lorsqu'elle me laissa recouvrer la vue, je me trouvai dans une sinistre chapelle, faisant face à mon bourreau qui portait une longue robe noire telle une prêtresse du diable. Elle s'adressa à moi d'une voix sévère : 

"A présent, pécheresse, il est temps de confesser tes crimes. Et n'essaye ni de les nier, ni de les cacher, je les connais tous, infâme créature"

Même si j'avais deviné que ces crimes qu'elle évoquait constituerait le prétexte pour me torturer, je fus un peu déconcertée par son discours, et me demandai où ma geôlière voulait en venir. 

"Oui, Henry m'a raconté que tu livrais sans aucun remords des malheureux humains en pâture à des vampires, et que tu prenais du plaisir à contempler leurs supplices. Voici tes victimes, femme criminelle, traîtresse à ton espèce", continua-t-elle, en me montrant des photos de Jonathan et de Mina. 

"Alors, reconnais tu tes crimes?"

Je comprenais mieux à présent : et, bien que me sachant coupable, je secouai ma tête en signe de dénégation, et fixai mon interrogatrice d'un regard plein de défiance. 

"Ah, c'est ainsi! s'exclama-t-elle avec colère. On s'entête à nier l'évidence, n'est ce pas? Mais je ne m'avoue pas vaincue, je connais des méthodes pour délier les langues les plus rebelles."

Et la démoniaque prêtresse sortit d'une armoire une cravache, puis, après m'avoir contrainte à me pencher en avant, souleva ma robe afin d'exposer mes fesses à l'air, sur lesquelles elle assena vingt coups. Malgré la vive douleur que je ressentais, je devinai que ma tortionnaire ne me frappait pas du plus fort qu'elle pouvait, espérant obtenir mes aveux après cet avertissement. Mais je refusai encore de reconnaître mes crimes, me moquant de mon bourreau par des haussements d'épaules et un rire moqueur. Furieuse, la vampire s'emporta contre moi : 

"Comment? Toujours dans le mensonge et la rébellion? Je t'avais donnée une chance de te repentir, et c'est ainsi que tu la reçois? Cela m'apprendra à montrer de l'indulgence à une fripouille qui ne la mérite pas. Crains donc mon courroux, fille abjecte"

Et elle se remit à me frapper avec la cravache, mais cette fois, bien plus fort, au point que je hurlais de douleur derrière mon bâillon. Au bout du cinquième coup, n'y tenant plus, je me tournai vers la prêtresse en m'inclinant pour demander grâce. Celle-ci, satisfaite, s'arrêta de frapper et me parla à nouveau : 

"Alors, on a compris la leçon? On est prête à avouer maintenant?"

Résignée, je hochai la tête en signe d'approbation. 

"Mets toi à genoux, afin de me montrer ta soumission"

J'obéis, puis levai mon visage vers ma tortionnaire d'un air suppliant. Celle-ci reprit: 

"Alors, avoues-tu que tu as livré tes congénères à des vampires pour qu'ils les dévorent?"

Je fis "oui" de la tête.

"Et que tu t'es bien amusée à regarder leur supplice?"

J'acquiesçai à nouveau. 

"Et que tu as trahi les tiens dans l'espoir d'une récompense"

Je hochai encore la tête. 

"Alors, tu vois que ce n'est pas si difficile d'avouer la vérité. Mais avant que je ne prononce ta sentence, prouve moi ta complète soumission. Incline toi face contre terre, et reconnais ainsi ma complète autorité sur toi. Peut être alors, je ferai preuve d'indulgence à ton égard."

J'obéis, complètement domptée par ma terrifiante interrogatrice. 

"A présent que tu as reconnu tes crimes, il est temps que tu reçoives ton juste châtiment. Et, de mon point de vue, le plus approprié pour toi consiste à te faire subir le même sort que celui que tu réservais à tes victimes."

Et la vampire me fit relever, puis se plaça derrière moi pour planter ses crocs dans mon cou. Après avoir terminé son repas, elle soigna ma plaie, et me conduisit au salon où je retrouvai tous mes amis. Dès notre arrivée, Lydia modifia son apparence et révéla enfin sa figure humaine, celui d'une femme paraissant la trentaine, dont le visage ovale, les yeux bruns et l'aimable sourire qu'elle nous adressait révélaient une grande douceur de caractère. Un instant après, elle se mit à nous retirer à tous nos entraves. 

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