Réminiscences du passé et nouvelles rencontres : partie 3

4) Henry et Sarah : partie 1 : l'attaque

"Que s'est il passé?" demanda Jonathan
- Cette nuit là, nous nous étions séparés, ayant chacun pour mission de ramener une victime pour le groupe. Je fis à cette occasion la connaissance d'une jeune femme, Sarah, infirmière de son métier. Je parvins à susciter son intérêt par ma conversation, tirant partie de mon passé de scientifique, et par ma capacité à l'écouter parler de sa vie. Elle se sentit ainsi suffisamment à l'aise avec moi pour me accepter de me suivre lorsque je lui proposai de m'accompagner pour rejoindre quelques amis. Mais, tandis que nous discutions ensemble dans la rue, je fus pris de remords à l'idée d'entraîner une personne aussi aimable dans un piège aussi horrible. Je décidai alors que, si elle devait mourir comme proie d'un vampire, sa fin serait rapide et avec le moins de souffrances possibles. Aussi, je l'emmenai discrètement dans un lieu isolé, et, dès que je fus assuré que personne ne pouvait nous voir, je la saisis par derrière avec un bras en lui plaquant ma main sur sa bouche pour l'empêcher de crier. Mais, alors que j'étais sur le point d'enfoncer mes crocs dans son cou, elle tourna sa face vers la mienne, et je vis son regard horrifié lorsqu'elle posa ses yeux sur ma face vampirique. A cet instant, frappé par son épouvante, je m'immobilisai. J'étais seul à cet instant, sans mes camarades qui m'encourageaient à la violence, et la souffrance qu'elle exprimait me fit hésiter. Néanmoins, je parvins à maintenir mon étreinte sur elle, et elle ne put se dégager. Mais je ressentais un certain inconfort devant son expression terrifiée, et je me sentis obligé de lui expliquer la situation :
"Oui, je suis un vampire, et je vais à présent vous tuer afin de boire votre sang. Pas un bruit, et cela se passera si vite que vous n'aurez pas le temps de souffrir. De toute façon, vous ne pouvez m'échapper"
Mais la jeune fille ne cessait de pousser des gémissements étouffés. Je décidai alors de la laisser dire quelques dernières paroles, en lui faisant comprendre que si elle criait, elle le regretterait.
Sarah tenta de me demander grâce:
- Je vous en supplie, ne me tuez pas. Je ne vous ai rien fait de mal. Si vous me laissez partir, je vous jure que je ne parlerai jamais de ce qui s'est passé ce soir"
J'avais déjà vu de nombreuses victimes m'implorer d'épargner leur vie, et je devais lutter pour ne pas m'attendrir. Mais je lui répondis :
"Même si je le voulais, je ne pourrais pas. Je me nourris de sang humain, et, comme tout prédateur, je dois tuer mes proies afin de survivre"
C'est à ce moment que Sarah me fit cette extraordinaire réplique :
"Etes vous si sûr que ma mort soit nécessaire à votre survie? Après tout, même si vous avez besoin de mon sang pour vous nourrir, vous n'êtes peut être pas obligé de m'en prendre la totalité. Ne serait il pas possible que vous me preniez juste le volume nécessaire pour apaiser votre faim, tout en m'en laissant suffisamment pour que je ne meure pas? Ainsi, nous pourrions rester en vie tous les deux."
Je fus tellement stupéfait que je restai silencieux pendant un moment. Cette femme ne se contentait pas de me supplier de l'épargner, mais elle me proposait un marché qui prenait en compte mes besoins vitaux. J'étais frappé par l'intelligence dont elle faisait preuve face à cette situation aussi critique, et je sentis toute la pitié que je m'efforçais de réprimer à chaque fois que je devais me nourrir envahir mon coeur.
Je lui demandai alors d'une voix hésitante :
"Croyez vous.. croyez vous vraiment qu'un tel compromis soit possible?
Sarah comprit alors qu'elle était parvenue à me toucher, et elle répondit:
- Il peut l'être si vous souhaitez lui donner une chance. Ecoutez moi, et je suis sûre que nous parviendrons à un accord. Mais pour cela, accepteriez vous de venir chez moi afin que nous puissions en discuter plus à notre aise?"
C'est alors que Mina m'interrompit
"J'ai du mal à y croire. Cette femme t'invite chez elle alors que quelques instants plus tôt, tu essayais de la tuer?
- Je vous l'ai dit, Sarah était une personne absolument extraordinaire. En quelques instants, elle avait perçu que je ne tentais de la tuer qu'à contrecoeur, parce que je croyais n'avoir pas d'autre choix, et à la terreur que je lui inspirais se mêla un sentiment de pitié et d'empathie. En me proposant une autre option qui me permettait de me nourrir tout en la laissant en vie, elle tentait non seulement d'échapper à la mort, mais aussi de m'épargner de commettre un acte de violence qui, au fond de moi, me dégoûtait. De plus, n'oubliez pas qu'elle était infirmière, et que son métier consistait à sauver des vies, même si cela impliquait de risquer la sienne. Et je devine aisément qu'elle avait l'intuition qu'en agissant ainsi, elle sauverait non seulement son existence mais aussi celle de bien d'autres personnes.
Reprenant ma figure humaine, je lui répondis alors :
- Entendu; je suis prêt à vous suivre"
Consciente d'avoir repris le contrôle de la situation, Sarah me guida sans crainte vers son domicile.

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