L'étrange aventure de Mélanie : partie 13
13) Les suites d'une soirée mémorable
Philippe n'était pas encore couché quand je rentrai à la maison. A sa demande, je lui racontai en détail ma soirée avec Henry et ses amis. Il fut rapidement rassuré quand je lui confirmai que nous avions tous bien pris soin de respecter ses volontés, même si les détails de notre jeu ne manquèrent pas de le déconcerter. Son soulagement augmenta lorsque je lui révélai que, même si nous avions pris beaucoup de plaisir ensemble, d'un commun accord, nous avions décidé de ne pas réitérer l'expérience, car nous souhaitions tous préserver mon couple. Néanmoins, Philippe s'angoissa à nouveau lorsque je l'informai que je souhaitais entamer avec lui dès que possible une grande conversation au sujet de notre vie sexuelle. Inquiet, il me demanda si nous ne pouvions pas la commencer immédiatement. Je lui répondis que j'étais à présent trop fatiguée pour pouvoir discuter, mais, afin de lui permettre de patienter, je lui expliquai que je n'avais aucun reproche à lui faire, que je l'aimais de tout mon coeur, et que je n'avais d'autre intention que d'enrichir notre vie de couple. Mes paroles le rassurèrent suffisamment pour qu'il accepte d'attendre jusqu'au lendemain.
Le soir suivant, tandis que nous dînions, je lui révélai que mes conversations avec Mina et ses amis et surtout la soirée de la veille m'avaient permis de découvrir que j'éprouvais un profond désir d'ajouter de la diversité dans nos pratiques sexuelles. Pendant un instant, il craignit que je souhaitais de nouveaux partenaires, mais je le rassurai immédiatement en lui expliquant que je ne souhaitais entreprendre cette exploration de la sexualité qu'avec lui et lui seul. Malgré cela, il éprouva un certain malaise devant cette proposition, car lui se satisfaisait sans problèmes de nos pratiques actuelles, et il éprouvait une certaine appréhension à l'idée de sortir de sa routine pour une plongée dans l'inconnu. Je lui expliquai alors à quel point j'en avais besoin et que cela comptait beaucoup pour moi, puis cherchai à le persuader de l'importance de sortir de notre zone de confort pour enrichir notre vie intime. Malgré ses réticences, il se laissa convaincre par amour pour moi, et, au cours des semaines qui suivirent, nous expérimentâmes une grande variété de jeux intimes. Certains nous plûmes autant à lui qu'à moi. Ainsi nous fûmes rapidement séduits par la pratique d'utiliser le corps nu du partenaire comme support pour poser la nourriture. Rapidement, "prendre ensemble le petit déjeuner au lit" prit une nouvelle signification dans notre couple. De même, les jeux de rôle humoristiques prirent rapidement une place importante dans notre vie sexuelle. Par contre, d'autres pratiques nous rebutèrent rapidement tous les deux, notamment toutes celles qui impliquaient d'infliger des douleurs ou des humiliations au partenaire. Parfois, nous étions inégalement séduits : par exemple, j'aimais beaucoup quand Philippe utilisait un jouet sexuel pour me stimuler les parties intimes, même si lui appréciait moins. Nous dûmes tous les deux apprendre à faire des compromis, afin que chacun parvienne à trouver son plaisir sans frustrer l'autre.
Mais, dans l'ensemble, cette vaste exploration de la sexualité se révéla un grand moment de bonheur, autant pour lui que pour moi. En nous incitant à communiquer l'un avec l'autre sur nos désirs, sincèrement, sans tabou, elle nous permit de mieux nous connaître, nous comprendre, et ainsi de mieux nous aimer et de rendre notre couple plus solide que jamais.
Cette nouvelle lune de miel occupa la plus grande partie de notre temps libre, et je n'eus guère d'occasions de revoir mes nouveaux amis en dehors de Mina et Jonathan dans le contexte professionnel. Néanmoins, Philippe et moi acceptâmes une invitation chez Henry pendant la période de la pleine lune, afin de découvrir ma collègue pendant sa métamorphose. La nuit était déjà tombée lorsque Lucie nous ouvrit la porte pour nous conduire au salon. Nous y retrouvâmes Jonathan, ainsi que Henry qui caressait doucement un grand animal couché à ses pieds. Celui-ci se leva après que le vampire lui ait adressé quelques mots, et nous ne pûmes réprimer un mouvement de recul lorsqu'un grand loup gris se dressa et s'approcha lentement de nous. Néanmoins, nous parvînmes à surmonter notre peur en nous souvenant que nous avions notre amie Mina en face de nous. De fait, elle gardait le même tempérament amical sous sa forme de louve, et, la première frayeur passée, nous la caressâmes aussi naturellement que nous l'aurions fait avec une chienne.
Nous passâmes une soirée délicieuse. Comme à son habitude, Henry nous avait préparé un succulent dîner, au point que Philippe et moi discutâmes avec lui avec lui de la possibilité de lui permettre occasionnellement de me mordre pour déguster mon sang afin de le remercier. Même si le vampire nous assura qu'il n'attendait absolument rien de tel de notre part, l'expression de son visage révélait à quel point notre offre lui faisait plaisir. L'animation de la soirée fut efficacement assurée par Mina la louve qui venait réclamer auprès des convives qu'ils la caressent et jouent avec elle. Ceux-ci ne se faisaient d'ailleurs pas prier, y compris Philippe et moi. Et pourtant, je parvenais encore difficilement à croire que l'animal dont je caressais le doux pelage gris et qui avait, au cours du dîner, dévoré de la viande crue telle une bête sauvage, n'était autre que la collègue avec qui, deux jours auparavant, je discutais de la répartition des tâches à la paillasse au laboratoire.
J'en parlai avec Philippe sur le chemin du retour :
"Nous devons quand même admettre que nous fréquentons des amis fort originaux.
-Et pourtant, me répondit il, ce ne sont pas eux qui me surprennent le plus.
-Qu'est ce alors?
-Ce qui me stupéfie, c'est à quel point plus nous les rencontrons, plus tout cela nous paraît normal. Des choses que nous considérions comme impensables il y a à peine quelques semaines semblent à présent aller de soi. Par exemple, considérer comme un gage légitime d'amitié et de gratitude le fait d'autoriser un vampire à te mordre pour boire ton sang.
- En effet, reconnus-je en riant. J'imagine qu'un jour, c'est nous qui paraîtrons bizarres aux yeux des autres
-Probablement" approuva Philippe, riant à son tour tandis que nous poursuivions notre route en direction de la maison.
FIN
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