L'étrange aventure de Mélanie : partie 12
12) Soirée saignante pour Mélanie
Le surlendemain soir, Jonathan nous emmena Lucie, Mina et moi dans sa voiture et nous parcourûmes ensemble une route en périphérie de la cité. Soudain, il s'arrêta sur une aire de stationnement. Là, Lucie me banda les yeux et m'attacha les mains derrière le dos avec une paire de menottes. Dès qu'elle m'eut remis ma ceinture de sécurité, Jonathan redémarra le moteur et conduisit pendant environ un quart d'heure, jusqu'à notre destination finale. Lucie me fit alors sortir du véhicule, et je marchai quelques pas sous sa direction. Puis, elle m'indiqua de m'arrêter, et, un instant après j'entendis le bruit d'une sonnette, suivi du bruit d'une porte qui s'ouvre. Elle me fit alors franchir le seuil, puis me bâillonna avec un foulard dès que la porte fut à nouveau fermée. Je l'entendis ensuite prononcer les mots suivants :
"Voici la fille"
Une voix grave, que je reconnus comme celle d'Henry répondit :
"Emmène la au cachot, et prépare la pour le supplice"
Lucie me conduisit alors vers un escalier qu'elle me fit lentement descendre, afin que je ne perde pas l'équilibre. Elle me détacha alors les mains et m'ordonna de me déshabiller, sans retire mon bandeau. Je retirai un à un mes habits, ne gardant que mes sous-vêtements (autre concession que j'avais faite pour Philippe). Lucie me donna une robe qu'elle m'ordonna d'enfiler. Dès que je me fus exécutée, elle me passa une chaîne autour de la taille, y fixa les menottes avec lesquelles elle m'attacha à nouveau les mains dans le dos, et me conduisit vers un matelas sur lequel elle m'allongea, avant de m'enchaîner les chevilles et de me passer une sorte de collier autour du cou. Elle me retira ensuite le bandeau, et je constatai que je me trouvais dans une cellule, vêtue d'un long habit blanc, et que le collier que je portais était fixé au mur du fond par une longue chaîne. Je vis Lucie fermer la porte grillagée à double tour avant de me laisser enfermée seule dans une cave faiblement éclairée par une unique ampoule. Ma geôlière avait pris toutes les précautions pour ne me laisser aucun moyen de m'échapper, et je ne pouvais qu'attendre, impuissante, la suite des évènements.
Combien de temps me laisseraient ils enfermée dans ce sinistre cachot? Impossible de le savoir, d'autant que, dans une telle situation, chaque minute paraissait incroyablement longue. Dans tout mon être, une tension nerveuse montait de seconde en seconde, ce qui, bien entendu, constituait l'objectif de mon séjour dans cette prison. Enfin, après ce qui parut une éternité, j'entendis la porte de la cave s'ouvrir, et je vis une personne vêtue d'une robe noire, la tête couverte par le capuchon de son habit et la face couverte d'un masque en forme de crâne, se diriger vers moi. La sinistre figure ouvrit la porte de mon cachot, me retira mon collier ainsi que mes fers aux chevilles, puis, sans un mot, me fit sortir de la cellule et monter l'escalier. Avant de quitter la cave, mon énigmatique gardien me banda les yeux, puis nous marchâmes pendant une à deux minutes avant de nous arrêter brusquement. Je distinguai alors le bruit d'une porte qui s'ouvre, puis je fis à nouveau quelques pas avant que, d'un geste, mon geôlier ne m'immobilisât. Je le sentis fixer quelque chose sur la chaîne autour de ma taille avant qu'il ne me retire mon bandeau. Je me trouvais dans une grande pièce éclairée par une unique lampe. Je me retournai brièvement pour constater qu'une chaîne d'une cinquantaine de centimètres connectait ma taille à un anneau fixé au mur, à proximité de la porte d'entrée. Ensuite, j'orientai mon regard vers le mur du fond contre lequel se dressait un grand fauteuil sur lequel trônait Henry, complètement vêtu de noir, son visage ayant pris son apparence monstrueuse. De chaque côté du siège se tenait une jeune femme portant une jupe courte et des sous-vêtements noirs pour tout habits, et je reconnus Lucie à la droite du vampire et Mina à sa gauche. Toutes deux se tournaient vers Henry et semblaient le regarder avec adoration. J'observai mon gardien, que je savais déjà n'être autre que Jonathan, s'approcher du monstre et s'agenouiller devant lui pour lui baiser la main, avant que le vampire d'un geste, lui ordonnât de s'éloigner. A cet instant, j'entendis une étrange musique qui évoquait une danse lascive résonner dans la pièce, puis je vis Lucie et Mina commencer à caresser Henry chacune de leur côté, avec des gestes lents, d'abord le visage, puis les bras et les flancs, avant de se placer à genoux devant lui pour s'occuper des jambes. Enfin, elles improvisèrent une petite danse au rythme de la musique. Leur attitude d'adoration excessive, ainsi que l'exagération de leur attitude lascive tandis qu'elles dansaient produisaient un effet comique irrésistible, et je me félicitai que mon bâillon étouffât un peu le fou rire qui me prit à la vue de ce spectacle.
Soudain, un sinistre et tonitruant accord d'orgue me fit sursauter, et la danse s'interrompit. Le monstre me désigna alors du doigt à ses deux âmes damnées féminines qui s'approchèrent alors de moi, me détachèrent et me retirèrent ma robe. Elles m'emmenèrent ensuite vers une grande table au centre de la salle sur laquelle je m'allongeai avant d'avoir mes poignets et mes chevilles attachés à quatre anneaux fixés sur le meuble. Le vampire se rapprocha alors de moi, et commença à me caresser mon corps avec des mouvements lents et délicats. Occasionnellement, il approchait sa bouche de ma peau et l'effleurait avec ses crocs, léchant ensuite les quelques gouttes de sang qui perlaient de l'éraflure. Mais, tout le temps qu'il s'occupa ainsi de moi, il évita soigneusement tout contact avec mes parties intimes. J'étais fort amusée par le contraste saisissant entre son apparence monstrueuse et cette attitude de gentleman, et, à la fin de cette séance de caresses, je me sentais parfaitement détendue. Henry s'éloigna alors de la table, et s'adressa à voix basse à Lucie et Mina, qui me détachèrent de la table et me menottèrent les mains derrière le dos. Elles m'amenèrent ensuite sur un tabouret qui avait été installé près de la porte de la salle, et m'y assirent avant de connecter mes menottes avec la chaîne accrochée à l'anneau fixé au mur. Le grand moment approchait enfin. Bientôt, le vampire se plaça derrière moi et commença à me caresser doucement le dos. Puis, il approcha doucement la tête de mon cou afin de me mordre. Lorsqu'il planta ses crocs dans ma chair, je sentis d'abord une légère douleur suivi d'une intense sensation de plaisir. Tout mon corps se détendit pendant qu'il léchait le sang qui coulait de la plaie. Néanmoins, près de trois minutes après la morsure, il appuya sa main sur mon cou afin de stopper l'hémorragie. Peu après ma plaie fut pansée, et, après avoir été débarrassée de mes liens et de mon bâillon, j'enfilai ma robe blanche. Nous quittâmes alors tous la salle pour nous rendre au salon afin de faire un bilan de la soirée.
"Alors, qu'en as tu pensé? me demanda Mina
- J'avoue que j'ai passé un moment assez incroyable. Je connaissais par vos récits votre goût de la mise en scène pour vos jeux, mais il faut y avoir participé pour en apprécier pleinement les effets. J'ai vraiment ressenti tant des émotions que des sensations fortes. Par ailleurs, puis-je vous demander combien de temps vous m'avez laissée enfermée dans le cachot?
- Environ trois quarts d'heure, répondit Henry. Cela nous laissait le temps suffisant pour nous préparer, et surtout, pour que tu sois émotionnellement à point pour la cérémonie. Sinon, quels ont été tes moments préférés de la soirée?
- Outre le baiser lui-même, je dois admettre que j'ai pris beaucoup de plaisir à regarder Lucie et Mina jouer leur numéro d'adoratrices du monstre : elles en faisaient tellement que c'en était hilarant.
- Merci de ton compliment, répliqua Lucie. Nous nous sommes beaucoup amusées à paraître le plus ridicule possible, car nous estimons que l'humour a toute sa place dans l'érotisme.
- Et de mon côté, je vous remercie profondément d'avoir respecté aussi scrupuleusement mes limites, et surtout celles de Philippe. J'y suis très sensible.
- Tu n'as pas besoin de nous remercier, l'assura Henry : c'était la moindre des choses. En ce qui concerne ton compagnon, nous avions bien conscience à quel point ce ne fut pas évident pour lui d'accepter que tu participes à une activité avec un tel potentiel érotique avec nous: alors nous lui devions bien cela.
- Et puis je compte bien qu'il tire quelque profit de cette expérience. Car, si je fais abstraction de tout ce qui fait couler du sang, je compte bien m'inspirer de votre sens de la mise en scène et de l'humour pour pimenter ma vie intime avec Philippe, tout en respectant ses limites."
Cette remarque suscita un éclat de rire général. Mais à présent, l'heure du dîner approchait. Tandis que les autres préparaient la table, je retournai à la cave pour y récupérer mes vêtement et me changer. Ensuite, nous prîmes ensemble le dîner au cours duquel, bien évidemment, je n'échappai pas au boudin noir. Quand nous eûmes terminé, je repartis avec Mina et Jonathan, qui me ramenèrent chez moi.
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