Vacances à la campagne : une nouvelle aventure de Lucie et ses amis: partie 13
13) Comment la terreur vient
Cependant, je me rappelai de la suite du récit de notre guide :
"Après avoir évoqué votre mort, Mathias évoqua les malheurs qui survinrent dans le clan de Berraine au cours des décennies qui suivirent. Plusieurs membres de la famille, au fil des générations, seraient morts ou devenus fous. Seriez vous responsables de ces tragédies qui ont frappé vos successeurs?
- Oui, reconnut Louis. Effectivement, nous sommes à l'origine de ces malheurs. Mais, comme nous l'avons dit à Henry lors de notre première rencontre avec lui, nous n'avons jamais attaqué d'innocents. Toutes nos victimes avaient commis des crimes dont le récit vous glacerait le sang. Et, malheureusement, à travers le récit de votre guide, vous avez pu constater à quel point notre famille regorgeait d'êtres dépravés.
- De toute façon, poursuivit Maria, même si nous avions voulu, nous n'aurions pas pu terroriser des innocents.
- Et pour quelle raison? m'étonnai-je
- Puis je te poser une question un peu personnelle, Lucie?
- Oui, bien sûr.
- Peux tu nous décrire les émotions que tu as ressenties le soir de ton arrivée?
Je racontai alors le plaisir que j'avais ressenti au début de la soirée, puis, l'étonnement face aux évènements étranges qui ont commencé à survenir, mon inquiétude croissante au fur et à mesure que je perdais de vue mes amis, puis ma peur lorsque je réalisai que la maison était hantée et que je fus attaquée par les spectres et mon mystérieux agresseur au sac, et enfin le soulagement quand je retrouvai enfin mes compagnons et que je réalisai que tout n'avait été qu'un vaste canular de la part d'Henry et des fantômes.
"Mais, avant de découvrir la vérité, qu'est ce qui se révéla le plus éprouvant pour toi ? insista Maria
- Le sentiment que j'avais mis en danger mes amis par ma faute, en choisissant d'ignorer tous les avertissements que j'avais reçus au sujet du manoir. Je m'en voulais tellement. Plus que par vous et vos compagnons, j'étais hantée par le remords d'avoir exposé mes amis au danger par mon arrogance.
- Maintenant tu comprends pourquoi nous ne pouvions atteindre des innocents. me répondit Maria, triomphante. Un fantôme ne peut terroriser une personne qui a la conscience tranquille. Il pourra l'effrayer, je le reconnais, en tout cas au début. Mais, avec l'habitude, si elle ne se sent pas en danger, sa frayeur initiale disparaîtra. Ainsi, Henry nous épouvanta initialement par sa nature vampirique, mais notre peur s'estompa dès que nous avons fait plus ample connaissance. Il en a été de même pour vous vis à vis de nous.
Par contre, si un individu a sa conscience chargée de crimes, dans ce cas, il se révèlera vulnérable, et nous pourrons le terroriser. Car nous aurons à notre disposition une arme terrible pour l'atteindre : ses propres actions. Un criminel ne pourra commettre ses forfaits s'il ne parvient pas à se trouver des justifications ou bien à endormir sa propre conscience. Or, si celle-ci lui rappelle sans arrêt l'ignominie de ses actes, ou si des êtres ne cessent de lui rappeler sa culpabilité, leur connaissance de sa vraie nature, et l'imminence de son châtiment, le criminel ne pourra plus connaître le repos. Il vivra en permanence dans le tourment , la peur et souvent un remords d'autant plus éprouvant que les crimes commis sont horribles, et qu'il n'a aucun moyen de réparer les dégâts commis.Surtout lorsque l'on est forcé de cacher ses forfaits aux yeux des autres pour maintenir son rang et sa respectabilité. Quelle pire torture, quelle plus horrible terreur que de devoir faire face tout seul à l'horrible vérité sur soi-même sans aucun moyen d'y échapper? Une telle existence devient rapidement insupportable, et peut facilement conduire à la folie ou la mort.
Or, pendant toutes ces décennies au cours desquelles nous hantâmes ce manoir, nous fûmes témoins de nombreux forfaits commis par nos successeurs et leurs proches. Souvent, nous étions les seuls à connaître l'horrible vérité, car bien des crimes furent perpétrés en l'absence de tout témoin vivant. Néanmoins, cela nous suffisait pour agir. Pour terroriser le coupable, et ainsi le châtier, nous lui rappelions sans cesse ses mauvaises actions. Nous apparaissions devant lui soit dans ses rêves, ou même parfois quand il était éveillé, pour lui raconter ses forfaits, et lui révéler notre intime connaissance de tous leurs détails les plus sordides. Nous prenions souvent les traits de ses victimes, ou bien, tirant partie de leur foi catholique, nous leur montrions le sort qui les attendait en enfer où ils ne manqueraient pas d'être envoyés après leur mort. Et cela, toutes les nuits. Mais, en réalité, était-ce nous qui tourmentions le plus nos victimes? Certainement pas. Comme nous l'avons expliqué, leur véritable tortionnaire n'était autre qu'elles-mêmes.
- Je comprends à présent. répliquai-je. Vous étiez les catalyseurs de la mauvaise conscience des membres criminels de votre famille. Effectivement, quand une personne a la conscience tranquille, elle n'a rien à craindre de vous.
- Pour tout individu, les plus terribles fantômes sont ceux que l'on crée soi-même. Car, à la différence des autres, il est impossible de les fuir."
- Mais vos victimes n'avaient pas moyen d'échapper à leur triste sort?
- Le seul moyen d'échapper à sa mauvaise conscience est de reconnaître sincèrement ses fautes, prendre ses responsabilités, et, autant que possible, tenter de réparer le mal que l'on a commis, affirma Louis. Malheureusement, c'est un processus très long, difficile, et qui nécessite beaucoup de maturité et d'humilité de la part du criminel. Plus les crimes sont nombreux et horribles, plus il sera difficile d'entamer ce long travail sur soi-même. Je ne peux que déplorer que les membres de la famille que nous avons tourmentés se soient révélés tous trop orgueilleux pour pouvoir échapper à leur triste sort. Mes amis, n'oubliez jamais cette terrible leçon, si vous souhaitez éviter le terrible destin qui frappa tant de membres de notre famille au fil des générations"
Nous assurâmes les fantômes que nous garderions toujours en mémoire ce qu'ils nous avaient appris ce soir. Peu après, Henry nous appela pour nous avertir que le dîner était prêt. Je détachai alors Jonathan et Mina, et nous nous installâmes pour prendre le repas.
Cependant, je me rappelai de la suite du récit de notre guide :
"Après avoir évoqué votre mort, Mathias évoqua les malheurs qui survinrent dans le clan de Berraine au cours des décennies qui suivirent. Plusieurs membres de la famille, au fil des générations, seraient morts ou devenus fous. Seriez vous responsables de ces tragédies qui ont frappé vos successeurs?
- Oui, reconnut Louis. Effectivement, nous sommes à l'origine de ces malheurs. Mais, comme nous l'avons dit à Henry lors de notre première rencontre avec lui, nous n'avons jamais attaqué d'innocents. Toutes nos victimes avaient commis des crimes dont le récit vous glacerait le sang. Et, malheureusement, à travers le récit de votre guide, vous avez pu constater à quel point notre famille regorgeait d'êtres dépravés.
- De toute façon, poursuivit Maria, même si nous avions voulu, nous n'aurions pas pu terroriser des innocents.
- Et pour quelle raison? m'étonnai-je
- Puis je te poser une question un peu personnelle, Lucie?
- Oui, bien sûr.
- Peux tu nous décrire les émotions que tu as ressenties le soir de ton arrivée?
Je racontai alors le plaisir que j'avais ressenti au début de la soirée, puis, l'étonnement face aux évènements étranges qui ont commencé à survenir, mon inquiétude croissante au fur et à mesure que je perdais de vue mes amis, puis ma peur lorsque je réalisai que la maison était hantée et que je fus attaquée par les spectres et mon mystérieux agresseur au sac, et enfin le soulagement quand je retrouvai enfin mes compagnons et que je réalisai que tout n'avait été qu'un vaste canular de la part d'Henry et des fantômes.
"Mais, avant de découvrir la vérité, qu'est ce qui se révéla le plus éprouvant pour toi ? insista Maria
- Le sentiment que j'avais mis en danger mes amis par ma faute, en choisissant d'ignorer tous les avertissements que j'avais reçus au sujet du manoir. Je m'en voulais tellement. Plus que par vous et vos compagnons, j'étais hantée par le remords d'avoir exposé mes amis au danger par mon arrogance.
- Maintenant tu comprends pourquoi nous ne pouvions atteindre des innocents. me répondit Maria, triomphante. Un fantôme ne peut terroriser une personne qui a la conscience tranquille. Il pourra l'effrayer, je le reconnais, en tout cas au début. Mais, avec l'habitude, si elle ne se sent pas en danger, sa frayeur initiale disparaîtra. Ainsi, Henry nous épouvanta initialement par sa nature vampirique, mais notre peur s'estompa dès que nous avons fait plus ample connaissance. Il en a été de même pour vous vis à vis de nous.
Par contre, si un individu a sa conscience chargée de crimes, dans ce cas, il se révèlera vulnérable, et nous pourrons le terroriser. Car nous aurons à notre disposition une arme terrible pour l'atteindre : ses propres actions. Un criminel ne pourra commettre ses forfaits s'il ne parvient pas à se trouver des justifications ou bien à endormir sa propre conscience. Or, si celle-ci lui rappelle sans arrêt l'ignominie de ses actes, ou si des êtres ne cessent de lui rappeler sa culpabilité, leur connaissance de sa vraie nature, et l'imminence de son châtiment, le criminel ne pourra plus connaître le repos. Il vivra en permanence dans le tourment , la peur et souvent un remords d'autant plus éprouvant que les crimes commis sont horribles, et qu'il n'a aucun moyen de réparer les dégâts commis.Surtout lorsque l'on est forcé de cacher ses forfaits aux yeux des autres pour maintenir son rang et sa respectabilité. Quelle pire torture, quelle plus horrible terreur que de devoir faire face tout seul à l'horrible vérité sur soi-même sans aucun moyen d'y échapper? Une telle existence devient rapidement insupportable, et peut facilement conduire à la folie ou la mort.
Or, pendant toutes ces décennies au cours desquelles nous hantâmes ce manoir, nous fûmes témoins de nombreux forfaits commis par nos successeurs et leurs proches. Souvent, nous étions les seuls à connaître l'horrible vérité, car bien des crimes furent perpétrés en l'absence de tout témoin vivant. Néanmoins, cela nous suffisait pour agir. Pour terroriser le coupable, et ainsi le châtier, nous lui rappelions sans cesse ses mauvaises actions. Nous apparaissions devant lui soit dans ses rêves, ou même parfois quand il était éveillé, pour lui raconter ses forfaits, et lui révéler notre intime connaissance de tous leurs détails les plus sordides. Nous prenions souvent les traits de ses victimes, ou bien, tirant partie de leur foi catholique, nous leur montrions le sort qui les attendait en enfer où ils ne manqueraient pas d'être envoyés après leur mort. Et cela, toutes les nuits. Mais, en réalité, était-ce nous qui tourmentions le plus nos victimes? Certainement pas. Comme nous l'avons expliqué, leur véritable tortionnaire n'était autre qu'elles-mêmes.
- Je comprends à présent. répliquai-je. Vous étiez les catalyseurs de la mauvaise conscience des membres criminels de votre famille. Effectivement, quand une personne a la conscience tranquille, elle n'a rien à craindre de vous.
- Pour tout individu, les plus terribles fantômes sont ceux que l'on crée soi-même. Car, à la différence des autres, il est impossible de les fuir."
- Mais vos victimes n'avaient pas moyen d'échapper à leur triste sort?
- Le seul moyen d'échapper à sa mauvaise conscience est de reconnaître sincèrement ses fautes, prendre ses responsabilités, et, autant que possible, tenter de réparer le mal que l'on a commis, affirma Louis. Malheureusement, c'est un processus très long, difficile, et qui nécessite beaucoup de maturité et d'humilité de la part du criminel. Plus les crimes sont nombreux et horribles, plus il sera difficile d'entamer ce long travail sur soi-même. Je ne peux que déplorer que les membres de la famille que nous avons tourmentés se soient révélés tous trop orgueilleux pour pouvoir échapper à leur triste sort. Mes amis, n'oubliez jamais cette terrible leçon, si vous souhaitez éviter le terrible destin qui frappa tant de membres de notre famille au fil des générations"
Nous assurâmes les fantômes que nous garderions toujours en mémoire ce qu'ils nous avaient appris ce soir. Peu après, Henry nous appela pour nous avertir que le dîner était prêt. Je détachai alors Jonathan et Mina, et nous nous installâmes pour prendre le repas.
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